Un souci avec ces sushis ?

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Tout a commencé par une envie de brochettes de poulet sauce satay (à la thaïlandaise, avec une sauce aux arachides). Un bouquin traînait à la maison, ma moitié est tombée sur cette recette, et voilà qu’elle commence à m’en réclamer comme un chat affamé miaule pour avoir sa pâtée du Dimanche. Soit, on les fera, ces brochettes !

Le lendemain, au marché, on passe donc faire un tour chez le volailler pour lui prendre deux beaux blancs de poulet. Mais, au moment de finir notre petit tour du marché, on passe devant le poissonnier qui faisait une promo assez exceptionnelle sur des maquereaux (les 4 pour seulement 2 euros : il était déjà plus de midi, et il leur restait un gros stock à écouler…). Evidemment, j’ai craqué. Et on s’est donc retrouvés avec quatre maquereaux dont on ne savait pas bien quoi faire… De retour à la maison, j’ai regardé rapidement dans quelques autres bouquins qui traînaient par là, pour voir s’il y avait quelques recettes intéressantes, et le seul truc qui a retenu mon attention a été une recette de sushis. Oui, il faut savoir que, sur les deux derniers Noël, sous prétexte que j’avais passé 3 mois au Japon et que j’avais beaucoup apprécié mon séjour, on m’avait acheté deux bouquins de recettes sur les sushis, et un lot de deux petites assiettes rectangulaires spéciales pour les servir. Alors que les sushis sont bien loin d’être ce que je préfère dans la culture japonaise, et que c’est vraiment le dernier truc que j’aurais envie de cuisiner moi-même. Mais bon, là, je me suis dit que ces maquereaux étaient peut-être un signe du destin pour que je fasse enfin honneur à mes cadeaux de Noël…

Mes leçons de sushis

Mes leçons de sushis

Sauf que bon, pour faire des sushis, il faut du riz japonais, du vinaigre de riz, du vinaigre de framboise, des algues, un autocuiseur, et plein d’autres ustensiles et ingrédients aussi indispensables qu’introuvables un dimanche midi autour de chez nous… Il était 12h45, le petit magasin exotique de notre rue fermait dans moins de 15 minutes : j’ai quand même tenté ma chance là-bas pour essayer d’y glaner tout ce que je pouvais. Le bilan était maigre, mais déjà pas mal : du riz japonais, et du vinaigre de riz. Pour le reste, il allait falloir que je m’adapte (oui, une fois que j’ai vraiment décidé de préparer un truc, je préfère m’adapter avec les ustensiles / ingrédients disponibles plutôt que de changer de recette !). Et c’est là que les sushis ont commencé…

Premiers sushis : en suivant (à peu près) les recettes

Compte tenu du temps nécessaire pour la préparation des maquereaux (entre 3h et 2 jours de marinade selon les recettes) et de l’heure avancée, j’ai décidé de préparer un petit plat rapide pour le midi, et de réserver les sushis pour le soir.
Pendant l’après-midi, je me suis donc occupé à faire plein de travaux manuels !

Préparation du riz
Parce que le riz Uncle Ben’s, c’est tellement simple à faire que c’est pas drôle, les japonais préfèrent utiliser un riz rond gluant plus compliqué à préparer (mais, il faut le reconnaître, qui s’avère nettement plus adapté à la préparation des sushis !). Il faut le rincer 4 ou 5 fois à l’eau froide pour en enlever l’amidon, puis le faire tremper quelques heures dans de l’eau froide, avant de le faire cuire (pour le coup, j’ai remplacé l’autocuiseur par une cuisson à la casserole à feu assez doux et à couvert : le résultat n’était peut-être pas optimal, mais largement acceptable). Après ça, il faut le transvaser dans un saladier (les japonais ont un truc spécial, mais un saladier normal fait très bien l’affaire) en arrosant d’un mélange de vinaigre de riz, de sucre et de sel (il faut se démerder pour que tous les grains aient eu leur dose de ce mélange, sans trop remuer pour que le riz reste bien collant), et laisser revenir à température ambiante.

Préparation des maquereaux
Peu importe la recette, il faut d’abord nettoyer les poissons, retirer les abats et séparer les filets. Pour ça, il faut juste s’armer d’un peu de patience, c’est finalement plus facile à faire qu’à écrire. Ensuite, pour la marinade, en faisant un mix entre ce que disaient mes livres de sushis (2 jours de marinade entre sel et vinaigre) et les recettes glanées sur internet, j’en suis finalement venu au combo suivant : 1h de marinade dans du sucre, rinçage, 2h30 dans du sel, nouveau rinçage, et 1h dans du vinaigre de riz pour finir. Après ça, il ne me restait plus qu’à enlever la membrane transparente qui recouvre la peau des maquereaux (ça s’enlève comme la protection d’écran d’un nouveau téléphone !), et les filets étaient prêts à être utilisés sur les sushis.

Préparation de shiitakes
Bon, comme je voulais quand même varier un peu les saveurs (c’est un peu le principe intéressant des sushis, non ?) et que j’avais quelques shiitakes (champignons asiatiques) séchés en stock (cadeau ramené par une amie après un voyage en Thaïlande), je me suis dit que j’allais aussi faire des petits makis aux champignons. Par la même occasion, ça me faisait utiliser une deuxième recette assez simple d’un des bouquins. Pour ça, il n’y avait qu’à laisser les champignons tremper quelques heures dans de l’eau froide, puis à les mettre à cuire une grosse demi-heure à feu doux avec l’eau de trempage, de la sauce soja et du sucre. Et à les couper en lamelles pour mieux les utiliser dans les makis, aussi…

Préparation de « crêpes »
Oui, bon, à défaut de nori (les algues japonaises utilisées pour les makis), j’avais vu qu’on pouvait faire une variante de crêpes pour les remplacer sur des sushis sucrés. Pourquoi pas, après tout ? J’ai donc mélangé un œuf avec une vingtaine de centilitres de lait, 100g de farine et un trait de sauce nuoc-mâm, cuit ça comme des crêpes très fines, et hop, le tour était joué !

Dressage des sushis
La partie la plus orientée « travaux manuels », et la plus ludique. Une fois les mains humidifiées avec de l’eau vinaigrée (pour éviter que le riz colle aux mains, sinon ça devient vite assez énervant !), j’ai préparé des petits boudins de riz de la taille d’un sushi pour les recouvrir avec des demi-filets de maquereaux, et j’ai coupé une crêpe en rectangle pour la recouvrir d’une couche de riz, d’une rangée de shiitakes, et pour rouler le tout et couper ça en 8 jolis petits makis.

Service
Au moment de servir, j’en profite pour ressortir un cadeau fait par un collègue japonais : des repose-baguettes en céramique, avec des représentations de figures de Nô peintes à la main. Et en guise de boisson, pour rester dans l’esprit japonais, je sers ça avec un thé genmaicha (thé vert japonais mélangé à des grains de riz grillés). Accessoirement, ça se marie très bien avec le poisson et les plats un peu vinaigrés.

Sushis au Maquereau et Makis aux Shiitakes

Sushis au Maquereau et Makis aux Shiitakes

Bilan du dîner : certes, c’est long à préparer (je m’y attendais un peu, j’avoue, mais quand il fait moche dehors, c’est plutôt un plaisir qu’autre chose !), mais c’est joli sur la table, c’est bon, et ça permet de découvrir la saveur d’un poisson qu’on n’avait encore jamais goûté ! Bon, ça ne suffit quand même pas à me réconcilier avec les sushis, mais c’est déjà un bon début ! Même si je reconnais que les shiitakes préparés comme ça, c’est un régal !

Sushis suivants : en sortant des recettes…

Accessoirement, avec tout le temps passé à préparer ces sushis, j’en avais complètement oublié mon idée de base (et je suppose que tous ceux qui auront lu jusque-là auront aussi complètement oublié de quoi parlait le début de cet article…). Une certaine envie de brochettes de poulet, ça vous dit quelque chose ? Je m’en suis rappelé après avoir terminé le dernier sushi… Et même si ça a complètement chamboulé mon plan de dîner, au final, ça m’a plutôt bien inspiré pour la suite !

Parce que voilà, tout obnubilé que j’étais par mes sushis après mon passage chez le poissonnier, j’avais fini par oublier que, pour préparer les brochettes, il fallait que j’aille acheter des pics à brochettes et du riz thaï pour l’accompagnement. Et comme, le dimanche soir, après une après-midi entière passée en cuisine, je me suis dit que j’aurais très certainement la flemme de retourner faire des courses le lendemain, je me suis dit qu’au lieu de brochettes, j’allais préparer mon poulet sauce satay façon sushi ! Et c’est là que les sushis ont recommencé !

Marinades…
Le lendemain soir, donc, j’ai préparé une nouvelle dose de riz japonais (en laissant tremper un peu moins longtemps, par défaut de temps). J’ai ensuite découpé mes blancs de poulet en lamelles un peu plus grosses qu’un sushi pour les mettre à mariner une bonne heure dans un mélange de sauce soja, de miel, de gingembre, de graines de coriandre moulue, d’un peu d’huile pimentée et d’un fond de vin blanc moelleux (histoire de finir une bouteille qui restait au frigo, et, accessoirement, parce que ça s’équilibre bien avec le miel et que ça ajoute un peu d’acidité à la marinade).

La sauce satay
Pendant que le poulet marinait, j’ai préparé une sauce satay. Bon, il y a certainement autant de recettes pour cette sauce que d’habitants en Asie du Sud-Est, donc je me suis permis de me réapproprier un peu tout ça. J’ai donc pilé dans un mortier une bonne poignée d’arachides (grillées, salées, et débarrassées de leur peau), puis je les ai mélangées avec quelques cuillerées de lait de coco, un peu de sauce soja, une petite cuillerée de miel (en l’occurrence, du miel de bruyère produit par mes parents : comme il est très parfumé, j’essaie de limiter les doses sinon ça donne vite trop de goût…), le jus d’un demi citron vert, une gousse d’ail écrasée, et un peu de piment en poudre (pour rehausser la couleur plus que pour le goût). Comme le lait de coco que j’avais été plutôt liquide, la consistance du mélange était pas terrible (pas aussi pâteuse que je l’espérais, en tous cas). J’ai donc décidé de la mettre à réduire en la laissant quelques minutes dans une casserole à feu doux, jusqu’à ce que ça s’épaississe suffisamment.

Le final
Une fois la sauce prête, j’ai mis le riz à cuire (de la même manière que la veille, le Père Noël n’ayant pas apporté d’autocuiseur à la maison en plein mois d’Avril…), puis j’ai sorti le poulet de sa marinade pour le mettre à revenir une petite dizaine de minutes à la poêle (à couvert et à feu doux pour que ça reste assez moelleux). Après ça, il ne me restait plus qu’à vinaigrer un peu le riz (moins que pour des sushis « normaux », mais un peu quand même), puis à dresser les sushis et à les disposer dans les assiettes.

Sushis au Poulet sauce satay

Sushis au Poulet sauce satay

Et histoire de rester dans un gros mélange de cultures (et, au passage, d’équilibrer le goût de la sauce satay avec une note fraîche et acidulée), j’ai servi ça avec une bête bière 1664 blanche (celle qui précise « avec une note d’agrumes »). Un régal. Le genre de plat qui ne ressemble plus vraiment à des sushis, mais qui peut être capable de me réconcilier avec eux !

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Un poivrot, des poivrons…

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Depuis quelques temps, j’écume différents bars à vins de la capitale à la recherche de lieux intéressants, où déguster des bons produits dans une ambiance agréable. Mon dernier coup de cœur, La Belle Hortense (dans le Marais) a été assez fort, tant le lieu dispose d’à peu près tous les atouts qui m’attirent :
– un choix de vins originaux, ni trop réduit (il y a de quoi passer une longue soirée à tester différents rouges), ni trop large (je ne supporte pas les cartes longues de 3km, où on ne sait jamais quoi choisir, et où on a finalement l’impression qu’il n’y a rien d’exceptionnel ni d’original dans les produits présentés)
– de la nourriture excellente : le bar à vins dépend du restaurant Les Philosophes, dont le patron, Xavier Denamur, est un fervent défenseur de la bonne bouffe et de la bonne restauration. Les produits utilisés sont pour la plupart de succulents produits du terroir (moi qui n’aime généralement ni pâté ni rillettes, j’en commande en quantité quand je vais là-bas !), et le pain est excellent (c’est un de mes premiers critères de décision pour savoir si je rentre ou non dans un resto…)
– un service naturellement agréable et souriant. Dès la première fois, on a presque l’impression d’être traité comme un habitué. Et en sortant, qu’on ait discuté ou non avec la serveuse ou le serveur, on a presque envie de leur faire un câlin tant ils contribuent au bien-être qu’on ressent dans leur bar. Et ça, à Paris, c’est quand même rarissime !
– l’agencement et le confort du lieu. En fait, la salle est en 2 parties. Une partie bar, à l’entrée, où restent la plupart des clients. Et une petite salle cosy au fond, avec des canapés, où j’ai été plus souvent seul que tassé. Mais surtout, il y a une grande librairie sur toute la longueur et toute la hauteur de la salle (juste d’un côté des murs. de l’autre, y a une expo, qui change régulièrement), et on peut soit se contenter de feuilleter les bouquins en buvant tranquillement son verre de vin, soit les acheter pour les finir à la maison (idem pour les bouteilles de vin, disponibles à la vente à emporter, moins chères que sur place)
– et le prix, d’ailleurs ! Bon, ok, c’est pas non plus un truc bon marché, mais compte tenu de la qualité des produits servis, le rapport qualité/prix est, à mes yeux, très très bon ! Mais même sans ça, le lieu vaudrait vraiment le détour tellement on y est bien et tellement c’est bon !

Bref, mais pourquoi faire une super pub élogieuse d’un bar à vins sur un blog où, normalement, j’essaie d’écrire à propos de plats réalisés par mes petits soins ? Tout simplement parce qu’à ma dernière visite à La Belle Hortense, le serveur m’a fait goûter un vin qui m’a inspiré… Enfin, un vin… Officiellement, c’est « une boisson à base de vin » : c’est du Pimençon, un Jurançon dans lequel a mariné un piment d’Anglet (piment doux). Une idée d’Alain Darroze, un chef basque. Et ma foi, le résultat est particulièrement sympathique ! Comme ma moitié n’était pas avec moi le jour où j’ai découvert ça, et que je me doutais qu’elle aimerait (forcément, c’est un vin doux…), j’ai décidé de lui en rapporter une bouteille.

De retour à la maison, elle n’a même pas voulu attendre une occasion particulière pour ouvrir la bouteille (un apéritif, un plat qui se marie avec, des invités, ou n’importe quoi du même acabit) : « Ouais, trop bien, on l’ouvre tout de suite ! ». Bref, elle a aimé. Et quand on a eu fini la bouteille (assez rapidement, en fait, ça se descend très bien !), elle m’a simplement proposé d’utiliser le piment restant au fond de la bouteille dans un poulet basquaise. « Parce que ça se fait pas de le jeter, le pauvre ! Et en plus ça fait longtemps qu’on a pas mangé un poulet basquaise ! Et puis je crois qu’il reste aussi des poivrons à finir, faut juste qu’on achète du poulet ! ». Soit.

On a donc attendu le marché pour acheter deux belles cuisses de poulet. Accessoirement, le maraîcher avait des petits piments sur son étal, et quand on lui a demandé à quel point ils piquaient, il nous en a offert deux en nous disant « Tenez, vous verrez ! ». Avec plaisir, d’autant que le poulet basquaise sera une excellente occasion de les utiliser !
De retour à la maison, je me lance donc dans la préparation. J’émince un oignon, que je fais revenir à la cocotte avec une noix de beurre. Quand il commence à dorer, je l’arrose avec une petite tasse d’eau bouillante dans laquelle j’ai dissous un cube de bouillon de poule. Je laisse réduire, et je dispose mes deux cuisses (de poulet) au fond de la cocotte, où je les fais dorer quelques minutes sur chaque face (en commençant côté peau). Pendant ce temps, je mets des petites pommes de terre à cuire à l’eau, pour l’accompagnement. J’ajoute ensuite dans la cocotte un poivron coupé en petits dés, une gousse d’ail écrasée, le piment de la bouteille de Pimençon et un des deux piments du maraîcher hachés très finement. Je laisse cuire à feu moyen pendant une dizaine de minutes, en retournant régulièrement les morceaux de poulet, et en ajoutant un peu de vin blanc (Chardonnay) dès que ça commence à attacher un peu trop. Comme la sauce (oignon – poivron – piments) ne m’a pas l’air suffisante en quantité une fois que le poivron a un peu réduit, j’y rajoute une tomate coupée en petits dés, et j’en profite pour aromatiser avec mon mélange d’herbes séchées (principalement thym – marjolaine – sarriette). Je continue à retourner les cuisses, et comme, au bout de dix minutes, les légumes commencent à vraiment accrocher (alors que la viande n’est pas complètement cuite), je verse un fond d’eau pour déglacer, et je laisse finir de cuire pendant cinq bonnes minutes. Au moment de servir, je racle bien le fond de la cocotte pour détacher et mélanger la sauce, qui est un peu épaisse et légèrement caramélisée. Il ne me reste alors plus qu’à égoutter mes patates et à tout disposer dans les assiettes avant de servir.

Poulet basquaise

Poulet basquaise

Finalement, c’était peut-être le meilleur poulet basquaise que j’aie mangé (le fait que je n’en mange pas très souvent a certainement aidé, mais chut !). A un seul détail près : pendant tout le repas, ma moitié n’a pas arrêté de me demander si j’avais ajouté de la cannelle ou de la muscade, parce qu’elle était persuadée d’en sentir, et qu’elle trouvait que ça relevait le goût juste comme il fallait pour que ce soit délicieux. J’ai donc passé tout le repas à me demander si j’avais déjà trop bu avant de commencer à préparer (et j’aurais donc pu ajouter des épices sans m’en rendre compte), si ma moitié avait trop bu avant de commencer à manger (et elle aurait donc pu sentir des parfums qui n’existaient pas), ou si, effectivement, le mélange des saveurs pouvait produire cet effet. La réponse, c’est qu’on s’en fiche un peu… Du moment que c’est bon !

Un bon dimanche de boustifailles !

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C’est presque devenu une coutume : le Dimanche, on invite des gens à déjeuner ou à dîner. Et donc, le Dimanche matin, au réveil, on feuillette des bouquins de cuisine pour trouver des idées de plats à préparer. Ce week-end, ma mie ayant des envies d’exotisme, elle est donc allée chercher un paquet de petits livres que m’avaient offerts mon frère au Noël précédent : la valise du globe-cooker.

La valise du Globe Cooker

La valise du Globe Cooker

Si on fait abstraction du fait que Fred Chesneau (le fameux « Globe Cooker ») arbore le même polo (avec des variantes de couleur) et le même sourire sur toutes les photos, on arrive à trouver de bonnes inspirations dans les quelques recettes que ses 6 petits tomes contiennent.

Comme les tomes « Inde », « Thaïlande » et « Maroc » étaient retenus fermement de l’autre côté du lit, je me suis rabattu sur « Italie ». Et au moment même où une clameur commençait à s’élever depuis l’autre oreiller pour scander « curry, curry, curry, curry ! », je l’ai étouffée d’un ferme « Non, on fera ça ! », tout en montrant la page du poulet à la mozzarella et à la pancetta. Le plat ayant l’air appétissant (en gros, ça ressemble à des paupiettes panées un peu améliorées), ce fut finalement suffisant pour emporter l’adhésion de l’ensemble de l’arène.

Quelques instants plus tard (disons plutôt « quelques heures », c’était Dimanche, quand même…), nous revoilà au marché pour faire nos petites emplettes. Les invités n’étant prévus que pour le soir, on peut s’offrir le loisir d’y musarder un peu. Le volailler nous découpe quatre filets de poulet en fines escalopes ; le fromager nous propose sa meilleure mozzarella ; et le charcutier, à défaut de pancetta, nous met une vingtaine de fines tranches de poitrine fumée. Ajoutons à ça le reste des courses de la semaine, et on est prêts à rentrer.

En milieu d’après-midi, je commence à préparer les filets de poulet en les aplatissant un peu plus (en les mettant entre deux feuilles de film alimentaire, et en tapant dessus à coup de rouleau à pâtisserie jusqu’à ce que ce soit assez fin et uniforme). Je les mets ensuite dans le plat qu’on avait utilisé à midi pour préparer un poulet rôti et des patates au four ; ça permet de ne pas perdre le gras et le goût qui restait dans le fond du plat ! J’y ajoute une bonne cuillerée d’huile d’olive aromatisée aux herbes, quelques branches de thym, et je laisse mariner deux bonnes heures.
Un peu avant l’arrivée des invités, je m’installe dans le salon pour avoir assez de place pour disposer autour de moi :
– le plat dans lequel se trouvent les filets de poulet
– les tranches de poitrine fumée
– une assiette avec la mozzarella coupée en carrés d’environ 4cm x 4cm x 2cm
– une assiette avec un mélange pain râpé / parmesan râpé (avec trois fois plus de pain que de parmesan)
– une assiette avec de la farine
– une assiette avec deux œufs battus
– un sachet d’épices pour spaghettis ramené d’Italie (un mélange de différents piments séchés avec un peu d’ail et quelques herbes)
– des cure-dents
– le plat dans lequel mettre les paupiettes une fois prêtes

Pour la préparation, le principe est assez simple : je mets une pincée d’épices et une pincée de sel entre deux carrés de mozzarella ; j’enroule ça dans 2 tranches de poitrine fumée ; je me débrouille comme je peux pour envelopper ça d’une escalope de poulet (si elle est assez fine, ça se passe relativement bien) et refermer avec un cure-dent pour que ça tienne bien ; je roule ça dans la farine, dans les œufs battus, puis dans le mélange chapelure/parmesan ; je mets dans le plat. Et une fois que la huitième paupiette est prête, j’enfourne à 180°C pour 45 minutes. Pile poil le temps pour l’apéro, et pour mettre à griller au four quelques légumes saupoudrés du reste de mélange chapelure/parmesan et arrosés d’un filet d’huile d’olive aillée !

Une fois sorti du four, ça a de la gueule, ça sent bon, et c’est délicieux. La recette précisait qu’il s’agissait d’un plat parfait pour épater ses convives : ça n’a pas loupé !

Paupiettes poulet-mozzarella

Paupiettes poulet-mozzarella

La chasse aux trésors…

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L’autre jour, en voulant faire une petite chasse au trésor pour ma moitié, j’ai voulu cacher un petit mot d’indice dans le congélateur. Et là : horreur ! Je réalise qu’il est déjà plein à craquer ! Des glaces et sorbets en tous genre (dont un sorbet tomates – poivrons que j’avais préparé il y a quelques mois et sur lequel j’avais commencé à rédiger un article… ça viendra, ça viendra !), la sorbetière, des fonds de bouillon, quelques restes de plats cuisinés, des morceaux de viande (datant des jours où les bouchers / charcutiers font des grosses promos si on en achète suffisamment…), … Bref, de quoi se nourrir pendant une bonne semaine. Super, mais ça complique ma chasse au trésor si je dois l’obliger à déplacer 3000 éléments avant de tomber sur son indice ! Une solution s’impose : utiliser le paquet qui prend le plus de place. En l’occurrence, un ensemble de cuisses de poulet.

En voyant ces cuisses en train de dégeler, ma moitié se réjouit : « Chouette, on va faire du poulet basquaise ? ». Euh… Non ? Je sais pas ? J’y ai pas encore réfléchi, ça fait pas partie de ma chasse au trésor. Ou alors c’est elle qui me lance un premier indice pour me faire chercher quelque chose de mon côté : le menu du lendemain.
Du coup, je feuillette un par un tous mes bouquins de cuisine à la recherche d’une recette qui m’inspire. Rien. Plein de trucs avec du poulet, mais rien qui me donne réellement envie. Même pas le poulet basquaise, dont je n’ai jamais réellement été fan. Je me rabats donc sur mon ordinateur, et fais chauffer la connexion internet à la recherche d’autres recettes. Trop de choix. C’est ce qui m’énerve à propos des sites de cuisine : il y a souvent bien trop de choses dedans, et je ne sais jamais sur quoi me décider. Tant pis… Dernière solution : arrêter de m’empresser, fermer les yeux, et imaginer ce qui me ferait vraiment envie.
Au bout d’à peine quelques minutes, j’ai enfin une petite idée : une préparation à l’africaine. Je ne sais pas ce qu’il y a dedans, je ne sais pas à quoi ça a goût, mais je suis curieux d’essayer. Ni une, ni deux, je me rebranche sur mon ordi, je cherche « poulet à l’africaine », j’ouvre les 10 premières pages qui me semblent intéressantes, et je compare. Globalement, beaucoup se ressemblent : du bouillon cube, de la pâte d’arachides, du concentré de tomates, et… du poulet.
N’ayant pas de pâte d’arachides chez moi, je descends rapidement à un supermarché exotique que je viens de découvrir juste en bas de chez moi (l’entrée est discrète, donc ce n’est pas forcément évident de savoir qu’il est là…). L’endroit, parfumé d’odeurs des quatre coins du monde, est une véritable caverne d’Ali Baba : parfois, je me demande si mes petites chasses au trésor ne pourraient pas aboutir ici tant il y a de produits qui y donnent envie… Ce jour-là, je me retiens néanmoins de trop m’attarder dans les différents rayons, sachant pertinemment que je risquerais de craquer pour tout et n’importe quoi… Je vais donc directement prendre un gros pot de pâte d’arachides, et au moment où je m’apprête à passer en caisse, je vois une cagette de patates douces qui me font les yeux doux. Surtout une, d’ailleurs, qui semble réellement vouloir finir dans mes bras… Du coup, je craque. Après tout, même si je suis déjà pris, je devrais quand même bien pouvoir la marier avec mon plat, non ?

Le lendemain matin (j’avais prévu de préparer le poulet à midi), je badigeonne mes cuisses (enfin, les cuisses de poulet, hein) de bouillon cube émietté, je les mets dans un saladier, je les recouvre d’un gros oignon émincé et de deux gousses d’ail écrasées, et je les arrose avec le jus d’un citron. Une bonne heure plus tard, je fais griller les cuisses dans une cocotte avec une bonne cuillerée d’huile d’arachide, et dès qu’elles commencent à être bien dorées, je les réserve. Je déglace les sucs de cuisson avec un petit verre d’eau, je laisse réduire, et je mets ensuite à revenir les oignons et l’ail de la marinade pendant quelques minutes. J’y ajoute une grosse cuillerée de concentré de tomates et un verre d’eau, je laisse revenir quelques minutes de plus, et je rajoute deux carottes, une tomate et ma patate douce (toutes pelées et émincées). Dès que je sens que ça commence à accrocher, je recouvre d’eau bouillante, je remue bien, et je laisse mijoter à feu moyen et à couvert pendant une dizaine de minutes. J’y mets ensuite mes cuisses de poulet, pour une vingtaine de minutes de la même cuisson. Pendant ce temps, je mets du riz à cuire à côté, et je dilue quatre bonnes cuillerées à soupe de pâte d’arachides dans de l’eau bouillante avec une petite dose de piments broyés. Je verse ensuite ce mélange dans ma cocotte, je remue bien, et je laisse cuire une dizaine de minutes de plus avant de servir.

Dès la première bouchée et les premiers commentaires des invitées, je me réjouis de m’être décidé pour cette recette : c’est bon, et ça correspond exactement au type de saveurs dont j’avais envie sans vraiment le savoir… Mieux encore : il y a largement assez de riz et de sauce pour un deuxième repas le lendemain !

Poulet à l'africaine

Poulet à l’africaine

Par contre, dans ma réflexion, j’ai fini par oublier de cacher mon indice pour la chasse au trésor… Tant pis, ce plat était déjà une (première) belle surprise pour ma moitié, elle pourra bien attendre un jour de plus avant les suivantes !