La dernière fois que je suis passé chez mon maraîcher, il vendait des poireaux absolument gigantesques (l’effet fin de saison, probablement…). Je me suis dit que, compte tenu de la taille des feuilles, c’était une occasion idéale pour préparer quelque chose du type papillote, et j’ai craqué : j’en ai acheté une botte. Ce n’est qu’une fois revenu devant mon frigo que je me suis rappelé que, par manque d’occasions pour cuisiner dans la semaine, je n’avais pas vraiment regarni ni le frigo ni les placards… Du coup, je n’avais rien de bien intéressant en stock pour garnir mes papillotes. Et comme les feuilles de poireaux finissent généralement par s’abîmer assez vite, si j’avais attendu la semaine suivante, elles auraient risqué d’être déjà devenues inutilisables. Il fallait donc faire un choix : sortir acheter un petit supplément ? utiliser ces poireaux comme s’il s’était agi de poireaux quelconques ? ou bien essayer de trouver une solution intéressante avec les quelques autres ingrédients disponibles ?

Comme ça faisait un moment que je n’avais pas eu l’occasion de cuisiner des trucs un peu originaux, j’ai vite opté pour la troisième option. Je suis donc reparti pour une deuxième fouille approfondie de mes placards, qui s’est avérée aussi infructueuse que la première. A part quelques carottes et quelques œufs, rien de bien croustillant à se mettre sous la dent… Pire que ça, pour la première fois depuis longtemps, le stock d’oignons était complètement épuisé (comme j’ai tendance à en utiliser partout, quand j’en ai pas, ça me manque) !
Je me suis donc dirigé vers ma réserve de bouquins de recettes, en me disant qu’avec un peu de chance, j’arriverais à tomber sur une recette qui m’inspire quelque chose. Et en arrivant devant l’étagère « cuisine » de la bibliothèque, je me suis retrouvé nez-à-nez avec un bouquin reçu à Noël sur des recettes à faire en mini-cocottes (le bouquin m’avait été offert avec un set de quatre mini-cocottes, ce qui peut effectivement s’avérer utile pour réaliser ces recettes…). Et finalement, je n’ai même eu pas besoin d’ouvrir le bouquin pour trouver une idée qui me plaise : des petits flans aux poireaux, cuits en mini-cocottes, avec des feuilles de poireaux en guise de pâte !

Tout content de moi, je retourne donc en cuisine. Je coupe les feuilles du plus gros poireau, je les lave, et les mets à blanchir une vingtaine de minutes dans une casserole d’eau bouillante. Pendant ce temps, je lave et j’émince le blanc, et je le fais revenir à la poêle avec une grosse noix de beurre. A mi-cuisson, j’arrose d’un petit verre de vin blanc (un vin moelleux quelconque, mais bien fruité quand même) et j’ajoute une bonne pincée de sel.
Alors que les blancs finissent de cuire, j’égoutte les feuilles, et je me rends compte qu’au milieu du vert, il y a également quelques feuilles jaunes (celles du cœur) qui sont suffisamment larges pour être utilisées de la même manière. Je me dis que ça peut être une bonne excuse pour faire deux types de flans différents : des flans aux blancs de poireaux, servis dans les feuilles vertes, et des flans aux carottes (le seul autre ingrédient à ma disposition…), servis dans les feuilles jaunes. Comme j’ai quatre mini-cocottes (de deux couleurs différentes), je décide donc de faire deux flans de chaque type. Et, histoire d’améliorer encore le contraste, je fouille dans mes épices pour trouver de quoi bien différencier les deux types de flans.
– Pour les flans aux poireaux, je prends du curcuma (pour donner une couleur un peu plus jaune), du gingembre et de la cardamome (pour donner un goût un peu frais et léger), et j’ajoute ça immédiatement aux blancs qui vont finir de cuire.
– Pour les flans aux carottes, je mets de côté du piment doux (quasiment sans goût, mais qui donne une belle couleur rouge orangée) et du quatre épices (pour donner une saveur un peu plus chaude et sucrée). Il ne me reste plus qu’à préparer les quelques carottes de la même manière que les blancs de poireaux (émincées finement, revenues avec une grosse noix de beurre, et arrosées avec un fond de bouillon de bœuf).

Préparation...

Préparation…

Pendant que les carottes finissent de cuire, je tapisse le tour et le fond des mini-cocottes avec les feuilles des poireaux, et je prépare la base du flan (4 œufs, une vingtaine de centilitres de lait, un peu de crème liquide, du sel, du poivre). Il ne me reste plus qu’à séparer ce mélange en deux, à en mélanger une moitié avec les blancs de poireaux et l’autre avec les carottes, à verser dans les mini-cocottes, et à mettre à cuire pendant une bonne demi-heure à 150°C.

Une fois sortis du four, je me démène tant bien que mal pour démouler les petits flans sans trop les abîmer et pour les servir dans les assiettes. Le mélange des couleurs est presque suffisant pour assurer une belle présentation (je n’ai presque pas besoin de me lamenter de ne rien avoir de plus en stock pour faire une petite décoration !), et le mélange des saveurs est à la hauteur pour ravir les papilles au moins autant que les yeux !

Flans poireaux-carottes

Flans poireaux-carottes

Et finalement, la principale remarque qu’a eue ma moitié en finissant son assiette a été que « on avait quasiment rien pour préparer à manger, t’as fait ça avec quoi ? ». Comme quoi il suffit parfois de peu de choses (un peu d’épices et d’imagination) pour faire une belle surprise !