L’origami, c’est pliant !

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Le week-end dernier, après un petit déjeuner particulièrement copieux, on a passé la journée entre musées et balades en forêt, sans vraiment prendre le temps de manger. Si bien qu’à notre retour à la maison, ça a complètement chamboulé mes prévisions pour les plats de la semaine : compte tenu de notre appétit, il était en effet hors de question qu’on se contente de simples épinards avec de la crème et du garam masala (même avec la dose de crème !). De plus, il était tout aussi inenvisageable de ressortir pour faire des courses (surtout un dimanche soir…), ou de passer trop de temps à cuisiner : il y a des soirs comme ça où on a plutôt envie de se poser tranquillement sous la couette devant un bon film…

J’ai donc jeté un petit coup d’œil rapide dans mon frigo, à la recherche d’ingrédients non prévus sur ma cooklist de la semaine. Et, pour la première fois depuis des lustres, j’ai prêté attention au paquet de feuilles de bricks que j’avais acheté quelques mois plus tôt, en espérant le transformer en samossas ou en briouats, sans jamais oser me lancer dans l’expérience… Mais ce soir-là, je me suis dit que l’occasion était (enfin) venue ! Parce que non seulement les samossas allaient bien se marier avec les épinards au garam masala, mais qu’en plus ils devraient pouvoir se préparer relativement vite.

J’ai donc attrapé tout ce qui me passait sous la main et qui pouvait potentiellement farcir un samossa, et j’ai mis ça à revenir à la poêle dans un peu d’huile d’olive : des steaks hachés congelés (restes de la soirée burgers), un oignon et une tomate émincés, quelques feuilles de céleri hachées… Arrivé au moment d’assaisonner, j’avais déjà commencé à oublier que mes samossas allaient devoir se marier avec des épinards à l’indienne : étant donné que je mange plus souvent les versions marocaines (briouats) qu’indiennes (samossas), j’ai donc d’abord pensé aromatiser avec cumin, menthe, sésame, miel, et d’autres ingrédients aux influences d’Afrique du Nord. Mais je me suis repris à temps, et j’ai remplacé ça par une bonne cuillerée de pâte de curry, et une petite dose de garam masala. J’ai ensuite mis tout ça dans un bol, pour libérer la poêle et y mettre un fond d’huile à frire.

Et là, je me suis soudainement souvenu de la raison pour laquelle je n’avais jamais fait de samossas : je ne savais pas comment les plier… Je me suis donc retrouvé tout bête devant mes feuilles de bricks circulaires, sans vraiment savoir comment y disposer ma garniture, ni qu’en faire après. Heureusement, je me suis souvenu d’une vidéo que j’avais vue quelques mois auparavant sur marmiton.org, qui expliquait la méthode à suivre. Et finalement, c’est assez facile de répéter les gestes une fois qu’on les a vus, plutôt que de les deviner en ayant simplement lu une méthode… Du coup, je chercherai même pas à essayer d’expliquer ça avec des mots : ce serait comme essayer de décrire comment faire un dragon en origami…

Bref, j’ai donc plié deux premiers samossas tant bien que mal, et j’ai commencé à les mettre à frire pour vérifier que ça tenait bien : aucun problème ! Dès que la pâte commence à tremper dans l’huile, elle se colle : il suffit donc de mettre les samossas dans le bon sens au début (le côté où le bout de pâte dépasse doit aller dans l’huile en premier), et le tour est joué !

J’ai appelé ma moitié pour me vanter un peu de ma réussite. Et au moment où elle a compris ce que j’étais en train de faire, elle s’est précipitée sur la pâte en criant « Ouais, c’est moi qui les garnis, c’est moi qui les plie ! ». Soit… Comme il s’est vite avéré qu’elle avait du doigté pour ce truc là, je l’ai laissée faire, pendant que je me chargeais de les frire au fur et à mesure. Et mine de rien, le travail d’équipe, ça paie : à peine dix petites minutes plus tard, on avait un plat plein d’une bonne vingtaine de samossas prêts à manger ! Et le plat d’épinards au garam massala que j’avais préparé juste avant était encore chaud…

Samossas - épinards

Samossas – épinards

En fin de compte, le truc embêtant quand on prépare des samossas, c’est pas du tout la difficulté pour les plier, c’est l’odeur de friture qui embaume dans toute la cuisine après… Donc même si c’est délicieux, ça dissuade quand même d’en faire trop souvent…

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Une soirée d’épluche pour un plat de plus

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Compte tenu de la durée de conservation des crevettes achetées ce Dimanche et du peu de temps qu’on passe à la maison ces temps-ci, on n’a finalement pas eu le temps d’aller voir Forrest Gump pour lui demander des conseil pour cuisiner des crevettes. Du coup, je me suis rabattu sur les sites de recettes, à la recherche d’une idée à la fois bonne, originale et pas trop compliquée. En quelques minutes, sur Marmiton.org, je suis tombé sur une recette de « crevettes aux topinambours » qui est venue me rappeler que j’avais un bon kilo de ces petits légumes oubliés qui attendaient une occasion d’être consommés. Ni une, ni deux, je file en cuisine en me disant que si quelqu’un a posté une telle recette, c’est que ces ingrédients doivent bien se marier !

Après m’être mis un peu de musique dans la cuisine, je commence donc à éplucher mes topinambours (certains préfèrent les éplucher une fois cuits ; moi, je préfère le faire quand ils sont crus…). Ça occupe, ça détend, mais bon, faut avouer, c’est long… Un bon quart d’heure plus tard, ils sont enfin tous prêts à être découpés en rondelles (d’un petit centimètre d’épaisseur) et mis à cuire dans une marmite d’eau bouillante pendant une petite vingtaine de minutes. Pile poil le temps d’éplucher une quarantaine de crevettes…
L’album que j’étais en train d’écouter était donc presque terminé quand je me suis retrouvé face à une montagne d’épluchures. Il était enfin temps de commencer à cuisiner pour de vrai !
Après avoir égoutté mes rondelles de topinambours, je les ai faites revenir à la poêle dans une bonne noix de beurre. En attendant qu’elles commencent à dorer, j’ai fouillé dans mon placard à épices à la recherche de quelque chose à y mettre pour parfumer. Quelque chose qui aille à la fois avec le goût des topinambours et celui des crevettes, sans être trop fort… J’avais beau sentir tous mes petits pots, rien ne m’inspirait vraiment (à part une petite pincée de piment, mais bon, ça compte pas…). Au bout de quelques minutes, je me suis décidé à essayer avec un peu de sauce Nuoc Mam, sans réelle conviction. Après en avoir versé quelques traits dans la poêle, j’ai regretté : ça sentait beaucoup trop la sauce poisson ! L’odeur a quand même fini par se dissiper assez rapidement, le goût des topinambours était toujours aussi bon, et la sauce y avait finalement ajouté un parfum assez agréable. Mais je trouvais qu’il manquait encore quelque chose… Heureusement, il y a un Dieu de la cuisine : au moment où j’allais jeter l’éponge et me résigner à ne rien ajouter de plus, une petite voix m’a glissé, depuis le salon : « L’orange qu’il reste, tu veux l’utiliser, ou bien on la mange demain matin ? ». Eurêka ! Du jus d’orange, et, histoire de rester dans les épluchures, un peu de zeste !
J’ai donc pressé la moitié de ce fruit divin au-dessus de mes topinambours, j’ai laissé réduire le temps que les légumes absorbent tout le jus, et j’étais prêt à passer à la suite : j’ai réparti les topinambours au fond d’un plat à gratin, je les ai recouverts avec les crevettes décortiquées, j’ai râpé le zeste d’une moitié d’orange par dessus, donné quelques tours de moulin à poivre, arrosé d’un peu de crème fraîche, et enfourné une dizaine de minutes à 180°C. Ce qui me laissait pile poil le temps de jeter toutes mes épluchures, et d’écouter le dernier morceau de mon album !

Au « ting » de la minuterie du four, j’étais prêt à bondir pour sortir le plat et l’apporter à table. Par contre, il a fallu attendre la fin du repas avant que je puisse remercier comme il se doit ma fée du logis de m’avoir inspiré l’idée de l’orange, parce que le mélange des saveurs topinambours – crevettes – jus d’orange était tellement délicieux qu’il nous a complètement empêché de parler (ou de faire quoi que ce soit d’autre que de savourer…) !

La chasse aux trésors…

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L’autre jour, en voulant faire une petite chasse au trésor pour ma moitié, j’ai voulu cacher un petit mot d’indice dans le congélateur. Et là : horreur ! Je réalise qu’il est déjà plein à craquer ! Des glaces et sorbets en tous genre (dont un sorbet tomates – poivrons que j’avais préparé il y a quelques mois et sur lequel j’avais commencé à rédiger un article… ça viendra, ça viendra !), la sorbetière, des fonds de bouillon, quelques restes de plats cuisinés, des morceaux de viande (datant des jours où les bouchers / charcutiers font des grosses promos si on en achète suffisamment…), … Bref, de quoi se nourrir pendant une bonne semaine. Super, mais ça complique ma chasse au trésor si je dois l’obliger à déplacer 3000 éléments avant de tomber sur son indice ! Une solution s’impose : utiliser le paquet qui prend le plus de place. En l’occurrence, un ensemble de cuisses de poulet.

En voyant ces cuisses en train de dégeler, ma moitié se réjouit : « Chouette, on va faire du poulet basquaise ? ». Euh… Non ? Je sais pas ? J’y ai pas encore réfléchi, ça fait pas partie de ma chasse au trésor. Ou alors c’est elle qui me lance un premier indice pour me faire chercher quelque chose de mon côté : le menu du lendemain.
Du coup, je feuillette un par un tous mes bouquins de cuisine à la recherche d’une recette qui m’inspire. Rien. Plein de trucs avec du poulet, mais rien qui me donne réellement envie. Même pas le poulet basquaise, dont je n’ai jamais réellement été fan. Je me rabats donc sur mon ordinateur, et fais chauffer la connexion internet à la recherche d’autres recettes. Trop de choix. C’est ce qui m’énerve à propos des sites de cuisine : il y a souvent bien trop de choses dedans, et je ne sais jamais sur quoi me décider. Tant pis… Dernière solution : arrêter de m’empresser, fermer les yeux, et imaginer ce qui me ferait vraiment envie.
Au bout d’à peine quelques minutes, j’ai enfin une petite idée : une préparation à l’africaine. Je ne sais pas ce qu’il y a dedans, je ne sais pas à quoi ça a goût, mais je suis curieux d’essayer. Ni une, ni deux, je me rebranche sur mon ordi, je cherche « poulet à l’africaine », j’ouvre les 10 premières pages qui me semblent intéressantes, et je compare. Globalement, beaucoup se ressemblent : du bouillon cube, de la pâte d’arachides, du concentré de tomates, et… du poulet.
N’ayant pas de pâte d’arachides chez moi, je descends rapidement à un supermarché exotique que je viens de découvrir juste en bas de chez moi (l’entrée est discrète, donc ce n’est pas forcément évident de savoir qu’il est là…). L’endroit, parfumé d’odeurs des quatre coins du monde, est une véritable caverne d’Ali Baba : parfois, je me demande si mes petites chasses au trésor ne pourraient pas aboutir ici tant il y a de produits qui y donnent envie… Ce jour-là, je me retiens néanmoins de trop m’attarder dans les différents rayons, sachant pertinemment que je risquerais de craquer pour tout et n’importe quoi… Je vais donc directement prendre un gros pot de pâte d’arachides, et au moment où je m’apprête à passer en caisse, je vois une cagette de patates douces qui me font les yeux doux. Surtout une, d’ailleurs, qui semble réellement vouloir finir dans mes bras… Du coup, je craque. Après tout, même si je suis déjà pris, je devrais quand même bien pouvoir la marier avec mon plat, non ?

Le lendemain matin (j’avais prévu de préparer le poulet à midi), je badigeonne mes cuisses (enfin, les cuisses de poulet, hein) de bouillon cube émietté, je les mets dans un saladier, je les recouvre d’un gros oignon émincé et de deux gousses d’ail écrasées, et je les arrose avec le jus d’un citron. Une bonne heure plus tard, je fais griller les cuisses dans une cocotte avec une bonne cuillerée d’huile d’arachide, et dès qu’elles commencent à être bien dorées, je les réserve. Je déglace les sucs de cuisson avec un petit verre d’eau, je laisse réduire, et je mets ensuite à revenir les oignons et l’ail de la marinade pendant quelques minutes. J’y ajoute une grosse cuillerée de concentré de tomates et un verre d’eau, je laisse revenir quelques minutes de plus, et je rajoute deux carottes, une tomate et ma patate douce (toutes pelées et émincées). Dès que je sens que ça commence à accrocher, je recouvre d’eau bouillante, je remue bien, et je laisse mijoter à feu moyen et à couvert pendant une dizaine de minutes. J’y mets ensuite mes cuisses de poulet, pour une vingtaine de minutes de la même cuisson. Pendant ce temps, je mets du riz à cuire à côté, et je dilue quatre bonnes cuillerées à soupe de pâte d’arachides dans de l’eau bouillante avec une petite dose de piments broyés. Je verse ensuite ce mélange dans ma cocotte, je remue bien, et je laisse cuire une dizaine de minutes de plus avant de servir.

Dès la première bouchée et les premiers commentaires des invitées, je me réjouis de m’être décidé pour cette recette : c’est bon, et ça correspond exactement au type de saveurs dont j’avais envie sans vraiment le savoir… Mieux encore : il y a largement assez de riz et de sauce pour un deuxième repas le lendemain !

Poulet à l'africaine

Poulet à l’africaine

Par contre, dans ma réflexion, j’ai fini par oublier de cacher mon indice pour la chasse au trésor… Tant pis, ce plat était déjà une (première) belle surprise pour ma moitié, elle pourra bien attendre un jour de plus avant les suivantes !