Cailles farcies, cocottes par-là…

Laisser un commentaire

Le fait que les commerçants du marché fassent de grosses promos sur les produits qui leur restent juste avant de fermer est quand même la meilleure excuse qu’on puisse imaginer pour faire la grasse matinée le Dimanche. Cette semaine, notre volailler nous en a encore offert une preuve. Bon, accessoirement, il nous sait fragiles et influençables et sait comment nous apprivoiser, donc ça facilite les choses… Aussi, en nous voyant passer à proximité, il nous interpelle, nous demande des nouvelles, et nous laisse entendre qu’il lui reste cinq cailles qui n’attendent que nous, qu’il serait obligé de nous vendre les 5 d’un coup alors que normalement elles viennent par lots de 4, et qu’il est même prêt à nous faire un petit prix… Forcément, hein, quand on me prend par les sentiments comme ça, je craque, moi ! D’autant plus que, dernièrement, après avoir inauguré le set de mini-cocottes qu’on m’avait offert à Noël, je suis toujours à la recherche de la moindre occasion pour les utiliser. Et là, ces jolies petites cailles qui avaient l’air d’être pile poil de la taille des mini-cocottes sonnaient comme une invitation !

Petites cocottes - délicieuses recettes

Petites cocottes – délicieuses recettes

Le livre de recettes en mini-cocottes qu’on m’avait offert avec le set a ensuite confirmé ça : dans les premières pages, il y avait une recette de cailles aux fruits secs qui semblait appétissante à souhait (soit dit en passant, c’est une des rares recettes du bouquin qui justifie vraiment l’utilisation des cocottes : pour la plupart des autres, les cocottes servent plus pour la présentation que pour la préparation et la cuisson). En plus, elle était aussi simple que rapide à faire. En gros, il suffit de laisser tremper des fruits secs (raisins et abricots) dans de l’eau tiède avec une cuillerée de miel et un peu de cannelle (j’ai aussi ajouté un peu de gingembre : le pot était juste à côté de celui de cannelle, et je me suis dit que ça pouvait pas nuire…), puis de faire revenir un oignon émincé (et, éventuellement, une gousse d’ail) à la poêle dans un peu d’huile d’olive et d’y ajouter les fruits secs avec leur eau de trempage juste avant d’arrêter la cuisson. Après ça, on farcit les cailles avec cette sauce, on les fait dorer quelques minutes à la poêle, on les dispose dans les mini-cocottes en les recouvrant du reste de sauce (et du couvercle…) et en saupoudrant d’un peu de sel et de poivre, et pof, c’est prêt à enfourner une petite demi-heure à 200°C. Un petit plat de semoule pour accompagner, une bonne petite bouteille de Boulaouane rouge pour arroser (à défaut, je suppose qu’un simple Pinot noir fait très bien l’affaire), et hop, le tour est joué ! Et une fois les plats terminés et les doigts bien gras d’avoir rogné les carcasses, on se dit que c’est pas désagréable de suivre les recettes à la lettre une fois de temps en temps…
Cailles en cocottes

Cailles en cocottes

Publicités

Un souci avec ces sushis ?

Laisser un commentaire

Tout a commencé par une envie de brochettes de poulet sauce satay (à la thaïlandaise, avec une sauce aux arachides). Un bouquin traînait à la maison, ma moitié est tombée sur cette recette, et voilà qu’elle commence à m’en réclamer comme un chat affamé miaule pour avoir sa pâtée du Dimanche. Soit, on les fera, ces brochettes !

Le lendemain, au marché, on passe donc faire un tour chez le volailler pour lui prendre deux beaux blancs de poulet. Mais, au moment de finir notre petit tour du marché, on passe devant le poissonnier qui faisait une promo assez exceptionnelle sur des maquereaux (les 4 pour seulement 2 euros : il était déjà plus de midi, et il leur restait un gros stock à écouler…). Evidemment, j’ai craqué. Et on s’est donc retrouvés avec quatre maquereaux dont on ne savait pas bien quoi faire… De retour à la maison, j’ai regardé rapidement dans quelques autres bouquins qui traînaient par là, pour voir s’il y avait quelques recettes intéressantes, et le seul truc qui a retenu mon attention a été une recette de sushis. Oui, il faut savoir que, sur les deux derniers Noël, sous prétexte que j’avais passé 3 mois au Japon et que j’avais beaucoup apprécié mon séjour, on m’avait acheté deux bouquins de recettes sur les sushis, et un lot de deux petites assiettes rectangulaires spéciales pour les servir. Alors que les sushis sont bien loin d’être ce que je préfère dans la culture japonaise, et que c’est vraiment le dernier truc que j’aurais envie de cuisiner moi-même. Mais bon, là, je me suis dit que ces maquereaux étaient peut-être un signe du destin pour que je fasse enfin honneur à mes cadeaux de Noël…

Mes leçons de sushis

Mes leçons de sushis

Sauf que bon, pour faire des sushis, il faut du riz japonais, du vinaigre de riz, du vinaigre de framboise, des algues, un autocuiseur, et plein d’autres ustensiles et ingrédients aussi indispensables qu’introuvables un dimanche midi autour de chez nous… Il était 12h45, le petit magasin exotique de notre rue fermait dans moins de 15 minutes : j’ai quand même tenté ma chance là-bas pour essayer d’y glaner tout ce que je pouvais. Le bilan était maigre, mais déjà pas mal : du riz japonais, et du vinaigre de riz. Pour le reste, il allait falloir que je m’adapte (oui, une fois que j’ai vraiment décidé de préparer un truc, je préfère m’adapter avec les ustensiles / ingrédients disponibles plutôt que de changer de recette !). Et c’est là que les sushis ont commencé…

Premiers sushis : en suivant (à peu près) les recettes

Compte tenu du temps nécessaire pour la préparation des maquereaux (entre 3h et 2 jours de marinade selon les recettes) et de l’heure avancée, j’ai décidé de préparer un petit plat rapide pour le midi, et de réserver les sushis pour le soir.
Pendant l’après-midi, je me suis donc occupé à faire plein de travaux manuels !

Préparation du riz
Parce que le riz Uncle Ben’s, c’est tellement simple à faire que c’est pas drôle, les japonais préfèrent utiliser un riz rond gluant plus compliqué à préparer (mais, il faut le reconnaître, qui s’avère nettement plus adapté à la préparation des sushis !). Il faut le rincer 4 ou 5 fois à l’eau froide pour en enlever l’amidon, puis le faire tremper quelques heures dans de l’eau froide, avant de le faire cuire (pour le coup, j’ai remplacé l’autocuiseur par une cuisson à la casserole à feu assez doux et à couvert : le résultat n’était peut-être pas optimal, mais largement acceptable). Après ça, il faut le transvaser dans un saladier (les japonais ont un truc spécial, mais un saladier normal fait très bien l’affaire) en arrosant d’un mélange de vinaigre de riz, de sucre et de sel (il faut se démerder pour que tous les grains aient eu leur dose de ce mélange, sans trop remuer pour que le riz reste bien collant), et laisser revenir à température ambiante.

Préparation des maquereaux
Peu importe la recette, il faut d’abord nettoyer les poissons, retirer les abats et séparer les filets. Pour ça, il faut juste s’armer d’un peu de patience, c’est finalement plus facile à faire qu’à écrire. Ensuite, pour la marinade, en faisant un mix entre ce que disaient mes livres de sushis (2 jours de marinade entre sel et vinaigre) et les recettes glanées sur internet, j’en suis finalement venu au combo suivant : 1h de marinade dans du sucre, rinçage, 2h30 dans du sel, nouveau rinçage, et 1h dans du vinaigre de riz pour finir. Après ça, il ne me restait plus qu’à enlever la membrane transparente qui recouvre la peau des maquereaux (ça s’enlève comme la protection d’écran d’un nouveau téléphone !), et les filets étaient prêts à être utilisés sur les sushis.

Préparation de shiitakes
Bon, comme je voulais quand même varier un peu les saveurs (c’est un peu le principe intéressant des sushis, non ?) et que j’avais quelques shiitakes (champignons asiatiques) séchés en stock (cadeau ramené par une amie après un voyage en Thaïlande), je me suis dit que j’allais aussi faire des petits makis aux champignons. Par la même occasion, ça me faisait utiliser une deuxième recette assez simple d’un des bouquins. Pour ça, il n’y avait qu’à laisser les champignons tremper quelques heures dans de l’eau froide, puis à les mettre à cuire une grosse demi-heure à feu doux avec l’eau de trempage, de la sauce soja et du sucre. Et à les couper en lamelles pour mieux les utiliser dans les makis, aussi…

Préparation de « crêpes »
Oui, bon, à défaut de nori (les algues japonaises utilisées pour les makis), j’avais vu qu’on pouvait faire une variante de crêpes pour les remplacer sur des sushis sucrés. Pourquoi pas, après tout ? J’ai donc mélangé un œuf avec une vingtaine de centilitres de lait, 100g de farine et un trait de sauce nuoc-mâm, cuit ça comme des crêpes très fines, et hop, le tour était joué !

Dressage des sushis
La partie la plus orientée « travaux manuels », et la plus ludique. Une fois les mains humidifiées avec de l’eau vinaigrée (pour éviter que le riz colle aux mains, sinon ça devient vite assez énervant !), j’ai préparé des petits boudins de riz de la taille d’un sushi pour les recouvrir avec des demi-filets de maquereaux, et j’ai coupé une crêpe en rectangle pour la recouvrir d’une couche de riz, d’une rangée de shiitakes, et pour rouler le tout et couper ça en 8 jolis petits makis.

Service
Au moment de servir, j’en profite pour ressortir un cadeau fait par un collègue japonais : des repose-baguettes en céramique, avec des représentations de figures de Nô peintes à la main. Et en guise de boisson, pour rester dans l’esprit japonais, je sers ça avec un thé genmaicha (thé vert japonais mélangé à des grains de riz grillés). Accessoirement, ça se marie très bien avec le poisson et les plats un peu vinaigrés.

Sushis au Maquereau et Makis aux Shiitakes

Sushis au Maquereau et Makis aux Shiitakes

Bilan du dîner : certes, c’est long à préparer (je m’y attendais un peu, j’avoue, mais quand il fait moche dehors, c’est plutôt un plaisir qu’autre chose !), mais c’est joli sur la table, c’est bon, et ça permet de découvrir la saveur d’un poisson qu’on n’avait encore jamais goûté ! Bon, ça ne suffit quand même pas à me réconcilier avec les sushis, mais c’est déjà un bon début ! Même si je reconnais que les shiitakes préparés comme ça, c’est un régal !

Sushis suivants : en sortant des recettes…

Accessoirement, avec tout le temps passé à préparer ces sushis, j’en avais complètement oublié mon idée de base (et je suppose que tous ceux qui auront lu jusque-là auront aussi complètement oublié de quoi parlait le début de cet article…). Une certaine envie de brochettes de poulet, ça vous dit quelque chose ? Je m’en suis rappelé après avoir terminé le dernier sushi… Et même si ça a complètement chamboulé mon plan de dîner, au final, ça m’a plutôt bien inspiré pour la suite !

Parce que voilà, tout obnubilé que j’étais par mes sushis après mon passage chez le poissonnier, j’avais fini par oublier que, pour préparer les brochettes, il fallait que j’aille acheter des pics à brochettes et du riz thaï pour l’accompagnement. Et comme, le dimanche soir, après une après-midi entière passée en cuisine, je me suis dit que j’aurais très certainement la flemme de retourner faire des courses le lendemain, je me suis dit qu’au lieu de brochettes, j’allais préparer mon poulet sauce satay façon sushi ! Et c’est là que les sushis ont recommencé !

Marinades…
Le lendemain soir, donc, j’ai préparé une nouvelle dose de riz japonais (en laissant tremper un peu moins longtemps, par défaut de temps). J’ai ensuite découpé mes blancs de poulet en lamelles un peu plus grosses qu’un sushi pour les mettre à mariner une bonne heure dans un mélange de sauce soja, de miel, de gingembre, de graines de coriandre moulue, d’un peu d’huile pimentée et d’un fond de vin blanc moelleux (histoire de finir une bouteille qui restait au frigo, et, accessoirement, parce que ça s’équilibre bien avec le miel et que ça ajoute un peu d’acidité à la marinade).

La sauce satay
Pendant que le poulet marinait, j’ai préparé une sauce satay. Bon, il y a certainement autant de recettes pour cette sauce que d’habitants en Asie du Sud-Est, donc je me suis permis de me réapproprier un peu tout ça. J’ai donc pilé dans un mortier une bonne poignée d’arachides (grillées, salées, et débarrassées de leur peau), puis je les ai mélangées avec quelques cuillerées de lait de coco, un peu de sauce soja, une petite cuillerée de miel (en l’occurrence, du miel de bruyère produit par mes parents : comme il est très parfumé, j’essaie de limiter les doses sinon ça donne vite trop de goût…), le jus d’un demi citron vert, une gousse d’ail écrasée, et un peu de piment en poudre (pour rehausser la couleur plus que pour le goût). Comme le lait de coco que j’avais été plutôt liquide, la consistance du mélange était pas terrible (pas aussi pâteuse que je l’espérais, en tous cas). J’ai donc décidé de la mettre à réduire en la laissant quelques minutes dans une casserole à feu doux, jusqu’à ce que ça s’épaississe suffisamment.

Le final
Une fois la sauce prête, j’ai mis le riz à cuire (de la même manière que la veille, le Père Noël n’ayant pas apporté d’autocuiseur à la maison en plein mois d’Avril…), puis j’ai sorti le poulet de sa marinade pour le mettre à revenir une petite dizaine de minutes à la poêle (à couvert et à feu doux pour que ça reste assez moelleux). Après ça, il ne me restait plus qu’à vinaigrer un peu le riz (moins que pour des sushis « normaux », mais un peu quand même), puis à dresser les sushis et à les disposer dans les assiettes.

Sushis au Poulet sauce satay

Sushis au Poulet sauce satay

Et histoire de rester dans un gros mélange de cultures (et, au passage, d’équilibrer le goût de la sauce satay avec une note fraîche et acidulée), j’ai servi ça avec une bête bière 1664 blanche (celle qui précise « avec une note d’agrumes »). Un régal. Le genre de plat qui ne ressemble plus vraiment à des sushis, mais qui peut être capable de me réconcilier avec eux !

Des flans aux poireaux : un plan pas foireux…

Laisser un commentaire

La dernière fois que je suis passé chez mon maraîcher, il vendait des poireaux absolument gigantesques (l’effet fin de saison, probablement…). Je me suis dit que, compte tenu de la taille des feuilles, c’était une occasion idéale pour préparer quelque chose du type papillote, et j’ai craqué : j’en ai acheté une botte. Ce n’est qu’une fois revenu devant mon frigo que je me suis rappelé que, par manque d’occasions pour cuisiner dans la semaine, je n’avais pas vraiment regarni ni le frigo ni les placards… Du coup, je n’avais rien de bien intéressant en stock pour garnir mes papillotes. Et comme les feuilles de poireaux finissent généralement par s’abîmer assez vite, si j’avais attendu la semaine suivante, elles auraient risqué d’être déjà devenues inutilisables. Il fallait donc faire un choix : sortir acheter un petit supplément ? utiliser ces poireaux comme s’il s’était agi de poireaux quelconques ? ou bien essayer de trouver une solution intéressante avec les quelques autres ingrédients disponibles ?

Comme ça faisait un moment que je n’avais pas eu l’occasion de cuisiner des trucs un peu originaux, j’ai vite opté pour la troisième option. Je suis donc reparti pour une deuxième fouille approfondie de mes placards, qui s’est avérée aussi infructueuse que la première. A part quelques carottes et quelques œufs, rien de bien croustillant à se mettre sous la dent… Pire que ça, pour la première fois depuis longtemps, le stock d’oignons était complètement épuisé (comme j’ai tendance à en utiliser partout, quand j’en ai pas, ça me manque) !
Je me suis donc dirigé vers ma réserve de bouquins de recettes, en me disant qu’avec un peu de chance, j’arriverais à tomber sur une recette qui m’inspire quelque chose. Et en arrivant devant l’étagère « cuisine » de la bibliothèque, je me suis retrouvé nez-à-nez avec un bouquin reçu à Noël sur des recettes à faire en mini-cocottes (le bouquin m’avait été offert avec un set de quatre mini-cocottes, ce qui peut effectivement s’avérer utile pour réaliser ces recettes…). Et finalement, je n’ai même eu pas besoin d’ouvrir le bouquin pour trouver une idée qui me plaise : des petits flans aux poireaux, cuits en mini-cocottes, avec des feuilles de poireaux en guise de pâte !

Tout content de moi, je retourne donc en cuisine. Je coupe les feuilles du plus gros poireau, je les lave, et les mets à blanchir une vingtaine de minutes dans une casserole d’eau bouillante. Pendant ce temps, je lave et j’émince le blanc, et je le fais revenir à la poêle avec une grosse noix de beurre. A mi-cuisson, j’arrose d’un petit verre de vin blanc (un vin moelleux quelconque, mais bien fruité quand même) et j’ajoute une bonne pincée de sel.
Alors que les blancs finissent de cuire, j’égoutte les feuilles, et je me rends compte qu’au milieu du vert, il y a également quelques feuilles jaunes (celles du cœur) qui sont suffisamment larges pour être utilisées de la même manière. Je me dis que ça peut être une bonne excuse pour faire deux types de flans différents : des flans aux blancs de poireaux, servis dans les feuilles vertes, et des flans aux carottes (le seul autre ingrédient à ma disposition…), servis dans les feuilles jaunes. Comme j’ai quatre mini-cocottes (de deux couleurs différentes), je décide donc de faire deux flans de chaque type. Et, histoire d’améliorer encore le contraste, je fouille dans mes épices pour trouver de quoi bien différencier les deux types de flans.
– Pour les flans aux poireaux, je prends du curcuma (pour donner une couleur un peu plus jaune), du gingembre et de la cardamome (pour donner un goût un peu frais et léger), et j’ajoute ça immédiatement aux blancs qui vont finir de cuire.
– Pour les flans aux carottes, je mets de côté du piment doux (quasiment sans goût, mais qui donne une belle couleur rouge orangée) et du quatre épices (pour donner une saveur un peu plus chaude et sucrée). Il ne me reste plus qu’à préparer les quelques carottes de la même manière que les blancs de poireaux (émincées finement, revenues avec une grosse noix de beurre, et arrosées avec un fond de bouillon de bœuf).

Préparation...

Préparation…

Pendant que les carottes finissent de cuire, je tapisse le tour et le fond des mini-cocottes avec les feuilles des poireaux, et je prépare la base du flan (4 œufs, une vingtaine de centilitres de lait, un peu de crème liquide, du sel, du poivre). Il ne me reste plus qu’à séparer ce mélange en deux, à en mélanger une moitié avec les blancs de poireaux et l’autre avec les carottes, à verser dans les mini-cocottes, et à mettre à cuire pendant une bonne demi-heure à 150°C.

Une fois sortis du four, je me démène tant bien que mal pour démouler les petits flans sans trop les abîmer et pour les servir dans les assiettes. Le mélange des couleurs est presque suffisant pour assurer une belle présentation (je n’ai presque pas besoin de me lamenter de ne rien avoir de plus en stock pour faire une petite décoration !), et le mélange des saveurs est à la hauteur pour ravir les papilles au moins autant que les yeux !

Flans poireaux-carottes

Flans poireaux-carottes

Et finalement, la principale remarque qu’a eue ma moitié en finissant son assiette a été que « on avait quasiment rien pour préparer à manger, t’as fait ça avec quoi ? ». Comme quoi il suffit parfois de peu de choses (un peu d’épices et d’imagination) pour faire une belle surprise !

Il était une fois…

Laisser un commentaire

Tous les plats ont leur petite histoire, mais dans le cas de celui-ci, elle est longue et compliquée ! Je vais donc essayer d’y mettre un peu d’ordre…

Situation initiale : en voyage au Portugal…

Nous batifolions en région toulousaine, et allions très prochainement devoir amorcer notre retour sur Paris. Quelle ne fut pas notre stupéfaction lorsque nous constatâmes que les billets retour (fussent-ils destinés à un voyage en train comme en avion ou en calèche) étaient scandaleusement hors de prix ! Heureusement, grâce aux progrès de la technologie, nous sommes de nos jours envahis par la publicité à chacune de nos errances dans le monde virtuel : cette délicieuse m’a ainsi conduit jusqu’au site d’une compagnie aérienne qui proposait des vols Toulouse – Porto pas chers, et des vols Porto – Paris pas plus onéreux. Je sors ma calculatrice mentale, et celle-ci m’affiche fièrement qu’un séjour d’une semaine dans la région de Porto pourrait nous faire économiser la modique somme de vingt euros et quarante quatre centimes sur le coût du transport. Je m’écrie donc « Chouette ! », et commande immédiatement les billets en question.

Quelques jours plus tard, nous voilà atterris à Porto. Tous ravis que nous étions d’avoir économisé vingt euros et quarante quatre centimes, nous nous emportâmes un tantinet de trop et nous dîmes « louons une voiture et allons nous remplir la panse et nous enivrer gaiement dans la vallée du Douro ! En plus, c’est classé au patrimoine mondial de l’Unesco ! »
Il ne nous prit pas plus d’une journée pour comprendre l’origine du classement de ce site : oui, bien entendu, c’est beau, c’est magnifique, ça mérite qu’on s’arrête après chaque virage (et ils sont nombreux) pour prendre une photo ; oui, il y a également toute une tradition historique dans la culture de la vigne qui s’est remarquablement bien conservée ; mais bon sang, c’est surtout qu’on y mange divinement bien (même dans les recoins les plus miteux), qu’on y boit d’autant mieux (même les vins vendus au restaurant à deux euros la bouteille sont excellents !), et que les gens sont accueillants ! Si j’avais été commissaire de l’Unesco responsable de l’évaluation de ce lieu, bien entendu que je l’aurais classé, même si ça m’aurait coûté un foie pour ne me rapporter que des crampes au sourire et des bourrelets jusqu’à l’auriculaire !

Vallée du Douro

Vallée du Douro – Portugal

Élément déclencheur : une dégustation de vins…

Au milieu de ce décor, nous naviguions donc gaiement d’un vignoble à un restaurant, d’un restaurant à une cave, d’une cave à une chambre d’hôtes au cœur d’un vignoble, etc. Chaque plat que nous goûtions était une nouvelle découverte, un nouveau régal. Chaque vin que nous goûtions nous amenait au même commentaire : « Hmmm, surprenant, délicieux ! ». Nous ne fûmes pas vraiment surpris d’apprendre que le Portugal était le cinquième producteur mondial de vin (en volume). En revanche, nous fûmes littéralement abasourdis par la diversité et la qualité des ces vins : d’un producteur à un autre, d’une parcelle à une autre, d’un cépage à un autre, chaque vin était une nouvelle surprise en bouche.

Puis vint un soir dans une quinta (propriété viticole), où le propriétaire nous offrit une bouteille de blanc et une bouteille de rosé à déguster sur place (en plus d’un verre de porto millésimé du 1983 dont le doux goût de noix reste en bouche pendant des heures et des heures). Les deux vins étaient bons, mais la palme revenait certainement à ce blanc : un Pedro Milanos 2011, de la Quinta Senhora de Graça. Pas forcément pour sa qualité (pourtant excellente !), mais plutôt pour son originalité : la moitié de ce vin a été vieillie en fûts de chêne pendant 2 ans, tandis que l’autre a subi une vinification plus « normale » pour un blanc. Le résultat s’avère particulièrement surprenant. Et bigrement difficile à décrire. Nous avons ainsi passé la bouteille entière a essayer de le qualifier, ou d’imaginer avec quels plats le marier. En vain. La truffe, les fèves, le crabe, et divers autres ingrédients semblaient pouvoir convenir, mais sans jamais nous convaincre pleinement. Notre hôte ne nous a pas été d’une meilleure aide, se contentant d’un laconique « c’est un vin blanc, buvez-le avec de la morue ou avec n’importe quel autre poisson ». Mais non. J’étais persuadé que ce vin appelait un ingrédient particulier pour se sublimer, et j’ai donc compromis le trajet de mon sac en cabine pour pouvoir en ramener une bouteille à la maison dans l’espoir de l’y marier au mieux.

Déroulement : l’heureux légume du hasard…

Pendant les deux semaines qui suivirent, j’entrepris ma quête de l’ingrédient parfait. A chaque fois que je sortais, j’épluchais le menu des restaurants où je passais pour essayer d’identifier un plat qui puisse convenir. A chaque occasion d’aller faire les courses, je faisais quatre fois le tour des rayons et des étals dans l’espoir que quelque chose me saute aux yeux. A chaque fois que j’avais un peu de temps libre chez moi, je retournais mon étagère de livres de cuisine et j’ouvrais des pages au hasard en croisant les doigts pour un coup de chance. Toujours en vain : rien ne m’inspirait suffisamment pour cuisiner avec ce vin. Petit à petit, j’en finis presque par oublier ma quête désespérée…

Finalement, un mois après notre retour du Portugal, j’avais archivé ce vin dans un coin de ma mémoire. Un autre évènement commençait en effet à monopoliser mon attention : on nous avait récemment offert un bon pour une nuit en Relais et Châteaux, et nous venions de réserver aux Deux Abbesses, en Auvergne. Parce que c’était sur notre route (encore un trajet Toulouse – Paris, mais en voiture cette fois-ci), parce que la tranquillité du lieu correspondait parfaitement à nos attentes du moment, et surtout parce que le restaurant proposait un menu 10 services et que la tête du chef nous inspirait ! Accessoirement, nous avions entendu que depuis l’arrivée de ce chef cette année, il était fort probable que le restaurant regagne l’étoile Michelin qu’il avait perdue. Alors pourquoi se priver d’aller goûter ça ?

Au moment du dîner, les plats se sont donc enchaînés sur la table, pour le plus grand plaisir des yeux, des narines et des papilles. Le point culminant aurait pu être l’agneau avec sauce aux poivrons, sauce aux anchois et caviar d’aubergine (pour la saveur et la tendresse incroyables de la viande et la perfection de sa cuisson comme pour l’accord succulent entre ces saveurs), s’il n’avait pas été suivi par un certain cabillaud avec artichauts et jus de prunes. Ce cabillaud, un peu fade en soi, m’a laissé tout le loisir d’apprécier la saveur d’un artichaut parfaitement préparé. Et là, ça a été la révélation. Dès la première bouchée, j’ai failli me lever et crier tout haut : « Bon sang, mais c’est ça ! C’est avec un p***** d’artichaut que ce satané vin doit s’accorder ! ». Et pendant tout mon plat, j’ai pu savourer à loisir ma trouvaille, essayer de me rappeler au mieux du goût et du parfum de ce vin blanc, et imaginer le mariage avec l’artichaut. J’avais beau avoir bu le vin plus d’un mois avant, son souvenir restait bel et bien intact. Et pour moi, il n’y avait aucun doute : je tenais mon ingrédient !

Les Deux Abbesses

Les Deux Abbesses : Depuis le jardin ; l’Agneau ; la Courgette

Dénouement : cet artichaut, il faut se le farcir !

Un ingrédient identifié comme ça, par un heureux concours de circonstances, c’est bien. Mais il restait encore à savoir comment le cuisiner. J’ai donc fouillé à nouveau dans ma bibliothèque, et, les recettes à base d’artichauts n’étant pas légion, j’ai vite fini par y glaner quelques idées. D’autant plus que certaines recettes l’associaient avec de l’huile d’olive parfumée à la truffe, d’autres avec des fèves, ce qui correspondait assez bien aux premières idées que j’avais eues au moment de la dégustation du vin. Finalement, c’est surtout l’idée de l’artichaut farci qui a retenu mon attention. Dans les différentes recettes que j’ai trouvées, les cœurs d’artichauts étaient garnis tantôt d’un mélange de légumes et d’herbe, tantôt d’un peu de poitrine fumée, tantôt parfumés à la truffe, etc. Mais dans mon esprit, l’artichaut farci ne se contentait pas d’être un bête cœur recouvert de garniture, il était aussi muni de son couvercle de feuilles, pour qu’au moment du service, il se présente comme un artichaut entier, jusqu’à ce qu’on découvre au milieu (à la place du foin) un mélange de plein de bonnes choses. En l’occurrence, des petites fèves, des oignons revenus dans de l’huile d’olive à la truffe, une pointe d’ail, quelques miettes de bacon, et un peu de chapelure.

Tout fier d’avoir trouvé mon idée de recette, j’entrepris d’aller acheter tous les ingrédients absents de mes placards. Mais au moment de faire la liste des courses, j’ai réalisé qu’il me manquerait un élément indispensable. En effet, à table, l’alliance parfaite inclut nécessairement, en plus du plat et du vin, un minimum d’invités avec qui partager ça. Sinon, aucun intérêt. Et comme nous n’avions rapporté qu’une seule bouteille de vin (faute de place), nous n’aurions droit qu’à un essai : autant ne pas se louper et inviter les amis qui seraient le mieux à même d’apprécier ce repas… Quitte à devoir attendre quelques semaines de plus pour avoir enfin une disponibilité commune avec les amis en question.

Finalement, le jour venu, une fois tous les ingrédients réunis (ou presque, puisque je n’ai pas réussi à trouver de quoi renouveler mon stock d’huile d’olive à la truffe), je me mets en cuisine assez tôt. Je commence à préparer mes artichauts (un par personne) : je leur casse la queue (ça enlève mieux les gros filaments que si on la coupe), j’enlève, au couteau, les feuilles de l’extérieur et tout le vert du bas de l’artichaut, et je les mets à blanchir une petite dizaine de minutes dans de l’eau bouillante salée et légèrement citronnée.
Pendant ce temps, je commence à préparer la garniture : j’émince un oignon que je mets à blondir dans ma cocotte avec un peu d’huile d’olive (aromatisée aux herbes, mais pas trop), je sale un peu, puis j’ajoute une gousse d’ail écrasée, une petite poignée de bacon haché finement et une bonne autre poignée de petites fèves. Dès que ça commence à attacher, j’arrose avec un peu de vin blanc (un fond de tariquet, c’est tout ce que j’avais d’ouvert) et je laisse réduire un peu à feu très doux.
Je reviens m’occuper de mes artichauts, que j’ouvre en deux un peu au-dessus du cœur. Je garde les feuilles de côté (en les attachant avec un bout de ficelle pour qu’elles se tiennent ensemble), et j’enlève tout le foin du cœur. Une fois mes quatre artichauts prêts, je sépare ma garniture en deux (parce que finalement, j’ai été un peu trop généreux sur mes poignées, et il y en a beaucoup…). J’ajoute un peu de chapelure à une moitié, que je répartis dans les fonds de mes artichauts, et j’ajoute un peu d’eau et de vin à l’autre moitié, que je laisse au fond de la cocotte. Je dispose alors les fonds d’artichauts dans la cocotte au milieu de la sauce, je les recouvre avec leurs feuilles, puis je laisse mijoter tout ça à couvert pendant une bonne heure.

J’annonce alors à ma moitié qu’on a un peu de temps devant nous avant que les invités arrivent et que tout soit cuit. Et la bougresse m’annonce qu’elle veut en profiter pour me faire une fumigation au thym pour me purifier les pores du visage. Diantre. Grâce à elle, j’ai réalisé qu’un peu de thym aromatiserait mon plat à merveille, et je m’empresse d’aller en ajouter un peu. Dans l’espoir secret que ça fasse aussi diversion et qu’elle en oublie son envie de me fumiger… Mais la bête est tenace, et exige que je me plie à sa volonté, en guise de remerciement de son « idée » d’ajouter du thym à ma préparation. Soit.

Situation finale : le verdict…

Mes pores sont purifiés (…). Les invités sont arrivés. Les artichauts finissent de cuire. Le vin sort du frigo. On en déguste un premier verre. On se raconte quelques anecdotes de nos vacances respectives. On commente le vin, qui est toujours aussi surprenant. On commence à avoir faim, aussi…
Avant d’apporter le plat à table, j’ouvre le couvercle de la cocotte pour vérifier que tout aille bien. Ayant encore le goût du vin en bouge, je prélève discrètement un petit bout d’artichaut avec sa garniture pour vérifier que le mariage est bon. Le vin relève le goût de l’artichaut sans le dénaturer, le reste du plat adoucit la petite pointe d’acidité du vin même s’il dénote un petit peu au niveau des saveurs. Ce n’est peut-être pas l’alliance parfaite, mais ça va vraiment bien ensemble. J’essaie d’imaginer ce que ça aurait donné avec de l’huile à la truffe, ou avec moins de fèves, ou sans bacon. Je m’interroge sur la façon dont Stéphane Gautier, le chef des Deux Abesses, s’y est pris pour que son artichaut ait à ce point une odeur et un goût d’artichaut, alors que le mien a l’air un peu plus quelconque. Je me demande comment j’aurais pu m’y prendre pour réussir à garder un plus gros volume de feuilles sur le dessus. Je m’en veux un peu de ne pas avoir pensé à saupoudrer la garniture d’un peu de persil, parce que ça aurait été plus joli. Je me dis que j’aurais dû les choisir moins gros, ou ailleurs, ou que ce n’était peut-être pas le bon moment de la saison. Je regrette de pas avoir préparé un petit truc en accompagnement, parce qu’au final, ça n’a pas l’air bien copieux. Puis bon, je me dis que c’est prêt, qu’on a faim, et que même si ce n’est pas parfaitement parfait, ce sera bon, et qu’on aura toujours d’autres occasion de faire ce plat, tel quel ou autrement.

Artichaut farci

Artichaut farci

Et finalement, quand les assiettes arrivent à table, le temps s’arrête. On regarde. On sent. On discute. On goûte. On déguste. On rit. On savoure.
Le vin n’est pas un grand cru. Le plat n’a pas d’étoiles. Le cadre est des plus simples. Mais l’ensemble, une fois partagé, est harmonieux. Et c’est certainement dans cette harmonie que réside tout le plaisir d’un bon repas.

Epilogue : Pour aller plus loin…

Quelques semaines plus tard, on était invités à dîner chez un ami qui voulait nous faire déguster quelques bonnes bouteilles de vin : des Hermitage blancs Chapoutier, millésimes 1991, 1990 et 1989 (les 2 derniers étant considérés comme des années exceptionnelles pour ces vins). Servis, comme par hasard, sur des coquilles St-Jacques et des artichauts avec une crème aux truffes. Et étrangement, que ce soit au nez ou en bouche, il m’a bel et bien semblé que le Pedro Milanos (le vin que nous avions rapporté du Portugal) s’approchait fortement de ces 3 Hermitage… Pour un vin si jeune, issu d’un terroir complètement différent, et d’un assemblage de cépages n’ayant absolument rien à voir, la comparaison est finalement assez flatteuse !

Le chaînon manquant…

Laisser un commentaire

Je ne sais pas pourquoi, mais depuis quelques mois, j’ai souvent faim de burgers. De bons, hein, pas du fast-food gras et insipide. Chaque fois que l’occasion se présentait, j’ai donc testé ce que divers restos de la capitale et des alentours avaient à proposer à ce sujet. La qualité variait du quelconque au très bon, mais chaque fois, il me manquait un je ne sais quoi pour en tirer entière satisfaction. Jusqu’au jour où, en allant flâner un peu dans les rues autour de chez moi avant d’aller faire les courses, j’ai découvert qu’un nouveau resto à burgers venait d’ouvrir. Ni une, ni deux, je me suis dit « j’annule tout ce que j’ai de prévu ce soir, et je vais tester ça avec ma moitié ! ».

Cinq minutes après, je rentre dans le supermarché tout béat à l’idée du dîner à venir. Je sors ma liste de courses, histoire de me reconcentrer un peu sur la tâche qui m’incombe au moment présent, et je me laisse guider au rayon charcuterie par le premier élément de ladite liste : « Bacon pour les œufs du ptit déj !! ». Et à l’instant où je sors le paquet de bacon de son rayon pour le jeter dans mon panier, je remarque l’élément qui va me changer la soirée : les tranches de bacon sont rondes. Comme un burger au bacon. C’est alors l’illumination : ce soir, on n’ira pas au resto. Ce soir, on invite les premières personnes qui répondent présent, et on fera nos burgers nous-mêmes pour les déguster à la maison !

Je crois que je n’ai jamais été aussi rapide pour finir les courses tant j’étais pressé de rentrer à la maison et d’annoncer la nouvelle à ma douce. Je ne lui laisse même pas le temps de se réjouir de mon idée, et je lui confie immédiatement la mission de trouver 3 ou 4 invités. Quant à moi, je file sortir un de mes derniers cadeaux de Noël (un bouquin mexicain sur les pains, offert par les beaux-parents, et dans lequel il me semblait avoir vu une recette de pains à burgers), et je me lance dans la préparation. Parce que oui, pour faire les pains maison, il faut leur laisser le temps de lever !

Panes & pancitos

Panes & pancitos

Je me lance donc dans la confection des pains, en mélangeant 500g de farine fine (type 55), une bonne cuillerée de sel, 300ml de lait dans lequel j’avais dilué deux sachets de levure boulangère (j’aurais bien tenté de les faire au levain, mais le mien n’était pas prêt, et j’aurais dû attendre le lendemain… Inenvisageable !), et environ 25g de sucre. Je mélange bien, j’ajoute un peu de farine en saupoudrant petit à petit jusqu’à ce que la pâte devienne un peu moins collante, puis j’y incorpore une noix de beurre et deux noix de graisse de canard (la recette disait « 50g de beurre ou de saindoux, mais j’avais plus de saindoux…). Je pétris ça une bonne dizaine de minute, en allant montrer à ma moitié toutes les deux minutes comment ma pâte elle est trop belle (par rapport à la pâte pour le pain au levain, c’est beaucoup plus lisse et plus doux, à tel point qu’on serait tenté de pétrir ça pendant des heures !). Je la laisse ensuite reposer 10min enroulée dans du film alimentaire, puis je la divise en une douzaine de petites boules que je laisse reposer elles aussi 10min dans du film alimentaire (c’est particulièrement ennuyeux de toutes les enrouler comme ça, mais bon, pour une fois que j’avais décidé de suivre une recette…). Enfin, j’étale mes petites boules pour en faire des galettes d’une dizaine de centimètres de diamètres, j’en badigeonne la surface avec un œuf battu, je saupoudre de graines de sésame, et je laisse lever tout ça sur des plaques allant au four jusqu’à ce que ça double de volume (trois bonnes heures chez moi, parce qu’il faisait pas très chaud dans la cuisine ce jour là…).

Pendant ce temps, je fais l’inventaire de ce que je vais pouvoir utiliser pour la garniture :
– Des oignons, avec lesquels préparer une bonne confiture d’oignons (en les faisant revenir dans du beurre avec un demi bouillon cube de bœuf, un peu de sucre, et un peu de farine pour épaissir)
– Des tomates et de la salade
– Du bacon (oui, quand même, c’est grâce à lui qu’on en est arrivés là !)
Il manque quand même l’essentiel :
– Le fromage (je file au supermarché acheter un paquet de cheddar classique)
– La viande (je file chez le boucher acheter une douzaine de steaks hachés)
– Les sauces…
Pour les sauces, je me refuse à aller acheter du ketchup, sachant pertinemment qu’après ce jour, ça ne nous servirait qu’à occuper de la place dans le frigo… Plutôt que de rappeler nos invités pour leur demander d’en apporter, je me dis que ça pourrait être marrant de le faire moi-même. Je sors donc une brique de coulis de tomates, j’y ajoute quelques bonnes cuillerées du vinaigre d’un bocal de chipotles (piments mexicains conservés dans du vinaigre avec du sucre non raffiné : le vinaigre est donc à la fois épicé et sucré), mon autre moitié de bouillon cube de bœuf, et quelques autres cuillerées de coulis de pinot noir. Je laisse réduire ça à feu doux pendant une bonne heure, et, ni vu ni connu, je le mets dans un joli petit ramequin sur la table au milieu des autres ingrédients.
Une bonne demi-heure avant l’arrivée des invités, je lance la cuisson des pains en deux fournées, que je laisse une vingtaine de minutes au four à 180°C. Les pains lèvent plus en largeur qu’en hauteur, mais ils dorent bien, et ils lèvent quand même suffisamment pour être bien aérés. Pour le goût, on verra au moment de servir…

Une fois les invités arrivés, chacun s’occupe de se préparer son propre burger. Globalement, tout le monde a fait la même chose : les deux moitiés de pain tartinées de ketchup maison, une tranche de bacon, une tranche de fromage, un steak, une tranche de fromage, une tranche de bacon, de la confiture d’oignons, un peu de salade et de tomates. Le tout remis dans le four chaud pendant quelques minutes. Le pain est à la fois moelleux, croustillant sur le dessus, et super savoureux, et le ketchup maison y ajoute une petite touche particulièrement agréable ! Bref, ces burgers m’ont permis d’identifier le petit truc qui m’avait toujours manqué dans ceux que j’avais goûtés ailleurs : le côté « fait maison », qui relève l’ensemble d’un doux parfum de fierté !

Burger maison

Burger maison

NB : et le lendemain matin, le même burger avec un œuf au plat sur le steak, c’est le remède idéal pour démarrer la journée avec le plein d’énergie et de bonne humeur !

Un bon dimanche de boustifailles !

Laisser un commentaire

C’est presque devenu une coutume : le Dimanche, on invite des gens à déjeuner ou à dîner. Et donc, le Dimanche matin, au réveil, on feuillette des bouquins de cuisine pour trouver des idées de plats à préparer. Ce week-end, ma mie ayant des envies d’exotisme, elle est donc allée chercher un paquet de petits livres que m’avaient offerts mon frère au Noël précédent : la valise du globe-cooker.

La valise du Globe Cooker

La valise du Globe Cooker

Si on fait abstraction du fait que Fred Chesneau (le fameux « Globe Cooker ») arbore le même polo (avec des variantes de couleur) et le même sourire sur toutes les photos, on arrive à trouver de bonnes inspirations dans les quelques recettes que ses 6 petits tomes contiennent.

Comme les tomes « Inde », « Thaïlande » et « Maroc » étaient retenus fermement de l’autre côté du lit, je me suis rabattu sur « Italie ». Et au moment même où une clameur commençait à s’élever depuis l’autre oreiller pour scander « curry, curry, curry, curry ! », je l’ai étouffée d’un ferme « Non, on fera ça ! », tout en montrant la page du poulet à la mozzarella et à la pancetta. Le plat ayant l’air appétissant (en gros, ça ressemble à des paupiettes panées un peu améliorées), ce fut finalement suffisant pour emporter l’adhésion de l’ensemble de l’arène.

Quelques instants plus tard (disons plutôt « quelques heures », c’était Dimanche, quand même…), nous revoilà au marché pour faire nos petites emplettes. Les invités n’étant prévus que pour le soir, on peut s’offrir le loisir d’y musarder un peu. Le volailler nous découpe quatre filets de poulet en fines escalopes ; le fromager nous propose sa meilleure mozzarella ; et le charcutier, à défaut de pancetta, nous met une vingtaine de fines tranches de poitrine fumée. Ajoutons à ça le reste des courses de la semaine, et on est prêts à rentrer.

En milieu d’après-midi, je commence à préparer les filets de poulet en les aplatissant un peu plus (en les mettant entre deux feuilles de film alimentaire, et en tapant dessus à coup de rouleau à pâtisserie jusqu’à ce que ce soit assez fin et uniforme). Je les mets ensuite dans le plat qu’on avait utilisé à midi pour préparer un poulet rôti et des patates au four ; ça permet de ne pas perdre le gras et le goût qui restait dans le fond du plat ! J’y ajoute une bonne cuillerée d’huile d’olive aromatisée aux herbes, quelques branches de thym, et je laisse mariner deux bonnes heures.
Un peu avant l’arrivée des invités, je m’installe dans le salon pour avoir assez de place pour disposer autour de moi :
– le plat dans lequel se trouvent les filets de poulet
– les tranches de poitrine fumée
– une assiette avec la mozzarella coupée en carrés d’environ 4cm x 4cm x 2cm
– une assiette avec un mélange pain râpé / parmesan râpé (avec trois fois plus de pain que de parmesan)
– une assiette avec de la farine
– une assiette avec deux œufs battus
– un sachet d’épices pour spaghettis ramené d’Italie (un mélange de différents piments séchés avec un peu d’ail et quelques herbes)
– des cure-dents
– le plat dans lequel mettre les paupiettes une fois prêtes

Pour la préparation, le principe est assez simple : je mets une pincée d’épices et une pincée de sel entre deux carrés de mozzarella ; j’enroule ça dans 2 tranches de poitrine fumée ; je me débrouille comme je peux pour envelopper ça d’une escalope de poulet (si elle est assez fine, ça se passe relativement bien) et refermer avec un cure-dent pour que ça tienne bien ; je roule ça dans la farine, dans les œufs battus, puis dans le mélange chapelure/parmesan ; je mets dans le plat. Et une fois que la huitième paupiette est prête, j’enfourne à 180°C pour 45 minutes. Pile poil le temps pour l’apéro, et pour mettre à griller au four quelques légumes saupoudrés du reste de mélange chapelure/parmesan et arrosés d’un filet d’huile d’olive aillée !

Une fois sorti du four, ça a de la gueule, ça sent bon, et c’est délicieux. La recette précisait qu’il s’agissait d’un plat parfait pour épater ses convives : ça n’a pas loupé !

Paupiettes poulet-mozzarella

Paupiettes poulet-mozzarella

Digérer cette tourte, c’est pas de la tarte…

Laisser un commentaire

Dans un précédent article, je parlais d’un bouquin de recettes italiennes (La Cucina della Mamma). La première fois que je l’avais feuilleté, mon attention s’était arrêtée sur quelques pages de recettes aux titres évocateurs : des tourtes aux pâtes. Au début, j’ai cru avoir mal lu. Une tourte aux pâtes ? De la pâte en dessous, de la pâte au dessus, et des pâtes dedans ? Bigre, ça c’est un plat léger et équilibré ! A tel point que je me suis dit que ça ne devait pas être vrai, et qu’il devait y avoir une subtilité dans les ingrédients. Au contraire ! Non seulement il y a de la pâte et des pâtes, mais en plus, il y a des sauces qui allègent encore plus le résultat : un mélange béchamel + sauce à la viande, une sauce épaisse avec des morceaux de pigeon, … Bref, de quoi rendre le plat encore plus léger et diététique ! En tous cas, de quoi me mettre l’eau à la bouche et me donner envie d’essayer !

Du coup, pendant des mois, quand je discutais avec des amis amateurs de bonne bouffe, je mentionnais ce plat. Tous me regardaient avec un regard mêlant incrédulité et gourmandise. Tous me demandaient à quelle occasion on allait essayer ça. Et pendant des mois, j’ai toujours attendu d’avoir une occasion particulière pour en inviter quelques uns d’entre eux pour tester cette fameuse tourte aux pâtes. Mais finalement, à force d’attendre, curiosité et envie m’ont poussé à faire ça sans occasion particulière. Enfin, si, il y avait bien un prétexte pour inviter les gens : « Dimanche, on essaie la tourte aux pâtes » !

La recette est globalement assez simple : il faut préparer une sauce à la viande, une béchamel, une pâte brisée, faire cuire des pâtes, mélanger tout comme il faut, et mettre à cuire. La seule « difficulté », c’est que la recette ne précise presque aucune quantité pour les différents ingrédients. Il faut savoir faire à l’œil…
Pour la sauce à la viande, qui demande environ 3h de mijotage, je me suis levé tôt. J’ai mis deux poignées de champignons séchés maison (un mélange de bolets, de cèpes et de girolles) à réhydrater dans un bol d’eau tiède. Je suis allé faire un premier tour au marché pour acheter un oignon, une carotte et une branche de céleri, ainsi que deux grosses tranches de jambon blanc gras et d’une bonne quantité de viande hâchée. J’ai fait revenir dans ma cocotte les légumes émincés dans un mélange de beurre et de saindoux. J’y ai ajouté la viande hâchée et le jambon blanc coupé finement. Quand ça commençait à attacher, j’ai déglacé avec un gros verre de vin rouge, un fond de bouillon de bœuf qui me restait d’une vieille soupe, et l’eau de trempage des champignons. J’ai émincé les champignons pour les ajouter dans la cocotte, versé un demi bocal de coulis de tomates de ma maman, et saupoudré de quelques herbes (sauge, mauve, thym, marjolaine, sarriette) et de quelques baies broyées. J’ai bien mélangé tout ça, et j’ai laissé mijoter à feu doux pendant la matinée.

Pour la pâte, j’ai mélangé de la farine (environ 300g), du sucre (environ 50g) et une pincée de sel. J’y ai incorporé environ 150g de beurre bien dur en petits dés, puis j’y ai ajouté un œuf battu et une cuillerée à soupe d’eau. Miracle, ça m’a donné une belle boule de pâte ! Oui, je dis « Miracle ! », parce que toutes les recettes de pâte brisée se contredisent sur les proportions, sur les ingrédients à mettre (avec ou sans sucre, avec ou sans œufs, avec beaucoup ou pas d’eau, …), sur la façon de mélanger, etc. Mais apparemment, quoiqu’on fasse, ça doit plus ou moins bien marcher ! Et c’est encore mieux si on laisse la pâte reposer une petite heure au frais à couvert avant de l’abaisser.

Vingt minutes avant l’arrivée des invités et l’apéro, j’ai mis à cuire des macaronis, préparé une grosse dose de béchamel avec une pincée de muscade. Pendant la cuisson (et pendant que ma moitié tournait la béchamel en y rajoutant un peu de lait de temps en temps…), j’ai séparé la pâte en deux boules (2/3 pour la partie du bas, 1/3 pour la partie du haut), et je l’ai abaissée au rouleau. Le temps de faire ça et de mettre la première partie au fond d’un plat (rond et assez haut), pâtes et sauces étaient cuites et prêtes à être mélangées dans un grand saladier. J’ai versé le mélange dans le plat, recouvert de la deuxième partie de la pâte en en recollant bien les bords avec celle du dessous, et tartiné le dessus d’un jaune d’œuf. Hop, prêt pour enfourner une trentaine de minutes à 200°C et aller profiter de l’apéro (pour faire léger, ce jour-là, on a dégusté le pressé de foie gras avec ses petites brioches et un bon verre de Pacherenc).

Une fois sortie du four, surprise, la tourte se tient très bien, même démoulée, même coupée ! Si les macaronis ont été bien répartis, ça peut même être super joli en vue de coupe, parce que ça ressemble presque à une structure de nid d’abeilles ! Mais bon, comme la première part est excellente, on ne prend pas vraiment le temps de l’admirer… Heureusement, c’est tellement peu léger qu’on finit par prendre le temps de savourer la fin du plat ! Par contre, hors de question d’en laisser une miette ! Parce que le résultat était largement à la hauteur de notre curiosité : aussi excellent que bourratif ! Un plat d’hiver idéal !

Tourte aux pâtes

Tourte aux pâtes

Older Entries