Un souci avec ces sushis ?

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Tout a commencé par une envie de brochettes de poulet sauce satay (à la thaïlandaise, avec une sauce aux arachides). Un bouquin traînait à la maison, ma moitié est tombée sur cette recette, et voilà qu’elle commence à m’en réclamer comme un chat affamé miaule pour avoir sa pâtée du Dimanche. Soit, on les fera, ces brochettes !

Le lendemain, au marché, on passe donc faire un tour chez le volailler pour lui prendre deux beaux blancs de poulet. Mais, au moment de finir notre petit tour du marché, on passe devant le poissonnier qui faisait une promo assez exceptionnelle sur des maquereaux (les 4 pour seulement 2 euros : il était déjà plus de midi, et il leur restait un gros stock à écouler…). Evidemment, j’ai craqué. Et on s’est donc retrouvés avec quatre maquereaux dont on ne savait pas bien quoi faire… De retour à la maison, j’ai regardé rapidement dans quelques autres bouquins qui traînaient par là, pour voir s’il y avait quelques recettes intéressantes, et le seul truc qui a retenu mon attention a été une recette de sushis. Oui, il faut savoir que, sur les deux derniers Noël, sous prétexte que j’avais passé 3 mois au Japon et que j’avais beaucoup apprécié mon séjour, on m’avait acheté deux bouquins de recettes sur les sushis, et un lot de deux petites assiettes rectangulaires spéciales pour les servir. Alors que les sushis sont bien loin d’être ce que je préfère dans la culture japonaise, et que c’est vraiment le dernier truc que j’aurais envie de cuisiner moi-même. Mais bon, là, je me suis dit que ces maquereaux étaient peut-être un signe du destin pour que je fasse enfin honneur à mes cadeaux de Noël…

Mes leçons de sushis

Mes leçons de sushis

Sauf que bon, pour faire des sushis, il faut du riz japonais, du vinaigre de riz, du vinaigre de framboise, des algues, un autocuiseur, et plein d’autres ustensiles et ingrédients aussi indispensables qu’introuvables un dimanche midi autour de chez nous… Il était 12h45, le petit magasin exotique de notre rue fermait dans moins de 15 minutes : j’ai quand même tenté ma chance là-bas pour essayer d’y glaner tout ce que je pouvais. Le bilan était maigre, mais déjà pas mal : du riz japonais, et du vinaigre de riz. Pour le reste, il allait falloir que je m’adapte (oui, une fois que j’ai vraiment décidé de préparer un truc, je préfère m’adapter avec les ustensiles / ingrédients disponibles plutôt que de changer de recette !). Et c’est là que les sushis ont commencé…

Premiers sushis : en suivant (à peu près) les recettes

Compte tenu du temps nécessaire pour la préparation des maquereaux (entre 3h et 2 jours de marinade selon les recettes) et de l’heure avancée, j’ai décidé de préparer un petit plat rapide pour le midi, et de réserver les sushis pour le soir.
Pendant l’après-midi, je me suis donc occupé à faire plein de travaux manuels !

Préparation du riz
Parce que le riz Uncle Ben’s, c’est tellement simple à faire que c’est pas drôle, les japonais préfèrent utiliser un riz rond gluant plus compliqué à préparer (mais, il faut le reconnaître, qui s’avère nettement plus adapté à la préparation des sushis !). Il faut le rincer 4 ou 5 fois à l’eau froide pour en enlever l’amidon, puis le faire tremper quelques heures dans de l’eau froide, avant de le faire cuire (pour le coup, j’ai remplacé l’autocuiseur par une cuisson à la casserole à feu assez doux et à couvert : le résultat n’était peut-être pas optimal, mais largement acceptable). Après ça, il faut le transvaser dans un saladier (les japonais ont un truc spécial, mais un saladier normal fait très bien l’affaire) en arrosant d’un mélange de vinaigre de riz, de sucre et de sel (il faut se démerder pour que tous les grains aient eu leur dose de ce mélange, sans trop remuer pour que le riz reste bien collant), et laisser revenir à température ambiante.

Préparation des maquereaux
Peu importe la recette, il faut d’abord nettoyer les poissons, retirer les abats et séparer les filets. Pour ça, il faut juste s’armer d’un peu de patience, c’est finalement plus facile à faire qu’à écrire. Ensuite, pour la marinade, en faisant un mix entre ce que disaient mes livres de sushis (2 jours de marinade entre sel et vinaigre) et les recettes glanées sur internet, j’en suis finalement venu au combo suivant : 1h de marinade dans du sucre, rinçage, 2h30 dans du sel, nouveau rinçage, et 1h dans du vinaigre de riz pour finir. Après ça, il ne me restait plus qu’à enlever la membrane transparente qui recouvre la peau des maquereaux (ça s’enlève comme la protection d’écran d’un nouveau téléphone !), et les filets étaient prêts à être utilisés sur les sushis.

Préparation de shiitakes
Bon, comme je voulais quand même varier un peu les saveurs (c’est un peu le principe intéressant des sushis, non ?) et que j’avais quelques shiitakes (champignons asiatiques) séchés en stock (cadeau ramené par une amie après un voyage en Thaïlande), je me suis dit que j’allais aussi faire des petits makis aux champignons. Par la même occasion, ça me faisait utiliser une deuxième recette assez simple d’un des bouquins. Pour ça, il n’y avait qu’à laisser les champignons tremper quelques heures dans de l’eau froide, puis à les mettre à cuire une grosse demi-heure à feu doux avec l’eau de trempage, de la sauce soja et du sucre. Et à les couper en lamelles pour mieux les utiliser dans les makis, aussi…

Préparation de « crêpes »
Oui, bon, à défaut de nori (les algues japonaises utilisées pour les makis), j’avais vu qu’on pouvait faire une variante de crêpes pour les remplacer sur des sushis sucrés. Pourquoi pas, après tout ? J’ai donc mélangé un œuf avec une vingtaine de centilitres de lait, 100g de farine et un trait de sauce nuoc-mâm, cuit ça comme des crêpes très fines, et hop, le tour était joué !

Dressage des sushis
La partie la plus orientée « travaux manuels », et la plus ludique. Une fois les mains humidifiées avec de l’eau vinaigrée (pour éviter que le riz colle aux mains, sinon ça devient vite assez énervant !), j’ai préparé des petits boudins de riz de la taille d’un sushi pour les recouvrir avec des demi-filets de maquereaux, et j’ai coupé une crêpe en rectangle pour la recouvrir d’une couche de riz, d’une rangée de shiitakes, et pour rouler le tout et couper ça en 8 jolis petits makis.

Service
Au moment de servir, j’en profite pour ressortir un cadeau fait par un collègue japonais : des repose-baguettes en céramique, avec des représentations de figures de Nô peintes à la main. Et en guise de boisson, pour rester dans l’esprit japonais, je sers ça avec un thé genmaicha (thé vert japonais mélangé à des grains de riz grillés). Accessoirement, ça se marie très bien avec le poisson et les plats un peu vinaigrés.

Sushis au Maquereau et Makis aux Shiitakes

Sushis au Maquereau et Makis aux Shiitakes

Bilan du dîner : certes, c’est long à préparer (je m’y attendais un peu, j’avoue, mais quand il fait moche dehors, c’est plutôt un plaisir qu’autre chose !), mais c’est joli sur la table, c’est bon, et ça permet de découvrir la saveur d’un poisson qu’on n’avait encore jamais goûté ! Bon, ça ne suffit quand même pas à me réconcilier avec les sushis, mais c’est déjà un bon début ! Même si je reconnais que les shiitakes préparés comme ça, c’est un régal !

Sushis suivants : en sortant des recettes…

Accessoirement, avec tout le temps passé à préparer ces sushis, j’en avais complètement oublié mon idée de base (et je suppose que tous ceux qui auront lu jusque-là auront aussi complètement oublié de quoi parlait le début de cet article…). Une certaine envie de brochettes de poulet, ça vous dit quelque chose ? Je m’en suis rappelé après avoir terminé le dernier sushi… Et même si ça a complètement chamboulé mon plan de dîner, au final, ça m’a plutôt bien inspiré pour la suite !

Parce que voilà, tout obnubilé que j’étais par mes sushis après mon passage chez le poissonnier, j’avais fini par oublier que, pour préparer les brochettes, il fallait que j’aille acheter des pics à brochettes et du riz thaï pour l’accompagnement. Et comme, le dimanche soir, après une après-midi entière passée en cuisine, je me suis dit que j’aurais très certainement la flemme de retourner faire des courses le lendemain, je me suis dit qu’au lieu de brochettes, j’allais préparer mon poulet sauce satay façon sushi ! Et c’est là que les sushis ont recommencé !

Marinades…
Le lendemain soir, donc, j’ai préparé une nouvelle dose de riz japonais (en laissant tremper un peu moins longtemps, par défaut de temps). J’ai ensuite découpé mes blancs de poulet en lamelles un peu plus grosses qu’un sushi pour les mettre à mariner une bonne heure dans un mélange de sauce soja, de miel, de gingembre, de graines de coriandre moulue, d’un peu d’huile pimentée et d’un fond de vin blanc moelleux (histoire de finir une bouteille qui restait au frigo, et, accessoirement, parce que ça s’équilibre bien avec le miel et que ça ajoute un peu d’acidité à la marinade).

La sauce satay
Pendant que le poulet marinait, j’ai préparé une sauce satay. Bon, il y a certainement autant de recettes pour cette sauce que d’habitants en Asie du Sud-Est, donc je me suis permis de me réapproprier un peu tout ça. J’ai donc pilé dans un mortier une bonne poignée d’arachides (grillées, salées, et débarrassées de leur peau), puis je les ai mélangées avec quelques cuillerées de lait de coco, un peu de sauce soja, une petite cuillerée de miel (en l’occurrence, du miel de bruyère produit par mes parents : comme il est très parfumé, j’essaie de limiter les doses sinon ça donne vite trop de goût…), le jus d’un demi citron vert, une gousse d’ail écrasée, et un peu de piment en poudre (pour rehausser la couleur plus que pour le goût). Comme le lait de coco que j’avais été plutôt liquide, la consistance du mélange était pas terrible (pas aussi pâteuse que je l’espérais, en tous cas). J’ai donc décidé de la mettre à réduire en la laissant quelques minutes dans une casserole à feu doux, jusqu’à ce que ça s’épaississe suffisamment.

Le final
Une fois la sauce prête, j’ai mis le riz à cuire (de la même manière que la veille, le Père Noël n’ayant pas apporté d’autocuiseur à la maison en plein mois d’Avril…), puis j’ai sorti le poulet de sa marinade pour le mettre à revenir une petite dizaine de minutes à la poêle (à couvert et à feu doux pour que ça reste assez moelleux). Après ça, il ne me restait plus qu’à vinaigrer un peu le riz (moins que pour des sushis « normaux », mais un peu quand même), puis à dresser les sushis et à les disposer dans les assiettes.

Sushis au Poulet sauce satay

Sushis au Poulet sauce satay

Et histoire de rester dans un gros mélange de cultures (et, au passage, d’équilibrer le goût de la sauce satay avec une note fraîche et acidulée), j’ai servi ça avec une bête bière 1664 blanche (celle qui précise « avec une note d’agrumes »). Un régal. Le genre de plat qui ne ressemble plus vraiment à des sushis, mais qui peut être capable de me réconcilier avec eux !

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Des flans aux poireaux : un plan pas foireux…

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La dernière fois que je suis passé chez mon maraîcher, il vendait des poireaux absolument gigantesques (l’effet fin de saison, probablement…). Je me suis dit que, compte tenu de la taille des feuilles, c’était une occasion idéale pour préparer quelque chose du type papillote, et j’ai craqué : j’en ai acheté une botte. Ce n’est qu’une fois revenu devant mon frigo que je me suis rappelé que, par manque d’occasions pour cuisiner dans la semaine, je n’avais pas vraiment regarni ni le frigo ni les placards… Du coup, je n’avais rien de bien intéressant en stock pour garnir mes papillotes. Et comme les feuilles de poireaux finissent généralement par s’abîmer assez vite, si j’avais attendu la semaine suivante, elles auraient risqué d’être déjà devenues inutilisables. Il fallait donc faire un choix : sortir acheter un petit supplément ? utiliser ces poireaux comme s’il s’était agi de poireaux quelconques ? ou bien essayer de trouver une solution intéressante avec les quelques autres ingrédients disponibles ?

Comme ça faisait un moment que je n’avais pas eu l’occasion de cuisiner des trucs un peu originaux, j’ai vite opté pour la troisième option. Je suis donc reparti pour une deuxième fouille approfondie de mes placards, qui s’est avérée aussi infructueuse que la première. A part quelques carottes et quelques œufs, rien de bien croustillant à se mettre sous la dent… Pire que ça, pour la première fois depuis longtemps, le stock d’oignons était complètement épuisé (comme j’ai tendance à en utiliser partout, quand j’en ai pas, ça me manque) !
Je me suis donc dirigé vers ma réserve de bouquins de recettes, en me disant qu’avec un peu de chance, j’arriverais à tomber sur une recette qui m’inspire quelque chose. Et en arrivant devant l’étagère « cuisine » de la bibliothèque, je me suis retrouvé nez-à-nez avec un bouquin reçu à Noël sur des recettes à faire en mini-cocottes (le bouquin m’avait été offert avec un set de quatre mini-cocottes, ce qui peut effectivement s’avérer utile pour réaliser ces recettes…). Et finalement, je n’ai même eu pas besoin d’ouvrir le bouquin pour trouver une idée qui me plaise : des petits flans aux poireaux, cuits en mini-cocottes, avec des feuilles de poireaux en guise de pâte !

Tout content de moi, je retourne donc en cuisine. Je coupe les feuilles du plus gros poireau, je les lave, et les mets à blanchir une vingtaine de minutes dans une casserole d’eau bouillante. Pendant ce temps, je lave et j’émince le blanc, et je le fais revenir à la poêle avec une grosse noix de beurre. A mi-cuisson, j’arrose d’un petit verre de vin blanc (un vin moelleux quelconque, mais bien fruité quand même) et j’ajoute une bonne pincée de sel.
Alors que les blancs finissent de cuire, j’égoutte les feuilles, et je me rends compte qu’au milieu du vert, il y a également quelques feuilles jaunes (celles du cœur) qui sont suffisamment larges pour être utilisées de la même manière. Je me dis que ça peut être une bonne excuse pour faire deux types de flans différents : des flans aux blancs de poireaux, servis dans les feuilles vertes, et des flans aux carottes (le seul autre ingrédient à ma disposition…), servis dans les feuilles jaunes. Comme j’ai quatre mini-cocottes (de deux couleurs différentes), je décide donc de faire deux flans de chaque type. Et, histoire d’améliorer encore le contraste, je fouille dans mes épices pour trouver de quoi bien différencier les deux types de flans.
– Pour les flans aux poireaux, je prends du curcuma (pour donner une couleur un peu plus jaune), du gingembre et de la cardamome (pour donner un goût un peu frais et léger), et j’ajoute ça immédiatement aux blancs qui vont finir de cuire.
– Pour les flans aux carottes, je mets de côté du piment doux (quasiment sans goût, mais qui donne une belle couleur rouge orangée) et du quatre épices (pour donner une saveur un peu plus chaude et sucrée). Il ne me reste plus qu’à préparer les quelques carottes de la même manière que les blancs de poireaux (émincées finement, revenues avec une grosse noix de beurre, et arrosées avec un fond de bouillon de bœuf).

Préparation...

Préparation…

Pendant que les carottes finissent de cuire, je tapisse le tour et le fond des mini-cocottes avec les feuilles des poireaux, et je prépare la base du flan (4 œufs, une vingtaine de centilitres de lait, un peu de crème liquide, du sel, du poivre). Il ne me reste plus qu’à séparer ce mélange en deux, à en mélanger une moitié avec les blancs de poireaux et l’autre avec les carottes, à verser dans les mini-cocottes, et à mettre à cuire pendant une bonne demi-heure à 150°C.

Une fois sortis du four, je me démène tant bien que mal pour démouler les petits flans sans trop les abîmer et pour les servir dans les assiettes. Le mélange des couleurs est presque suffisant pour assurer une belle présentation (je n’ai presque pas besoin de me lamenter de ne rien avoir de plus en stock pour faire une petite décoration !), et le mélange des saveurs est à la hauteur pour ravir les papilles au moins autant que les yeux !

Flans poireaux-carottes

Flans poireaux-carottes

Et finalement, la principale remarque qu’a eue ma moitié en finissant son assiette a été que « on avait quasiment rien pour préparer à manger, t’as fait ça avec quoi ? ». Comme quoi il suffit parfois de peu de choses (un peu d’épices et d’imagination) pour faire une belle surprise !

Challenge de Noël…

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Cette année, encore plus que les précédentes, je n’avais pas la moindre envie de perdre du temps dans les magasins pour y chercher des cadeaux de Noël. J’ai préféré occuper ce temps à faire des travaux manuels, en cachette dans mon bureau, pour préparer des petits cadeaux et emballages personnalisés.
Ma belle-sœur a ainsi eu droit, entre autres choses, à une chasse au trésor : roulée à l’intérieur d’une serviette, une invitation à un dîner chez nous lui proposait de choisir la date du dîner et les ingrédients principaux, à condition qu’elle trouve les coupons réponse associés (que j’avais cachés un peu partout dans le salon…).
L’avantage de ce cadeau, c’est qu’il a été apprécié, tant sur la forme que sur le fond (d’autant plus que ça faisait des semaines qu’elle se plaignait de ne pas avoir été invitée depuis longtemps…), et qu’elle est bien rentrée dans le jeu. L’inconvénient, c’est peut-être qu’elle y est trop rentrée… C’est ce que j’ai réalisé quand elle a fini par me communiquer le choix de ses trois ingrédients quelques jours avant la date du dîner : poulpe, orange sanguine, épinards. Du poulpe, parce que « ça faisait un petit moment qu’elle en avait envie » ; des épinards, parce que « même si c’est plus de saison, c’est toujours bien d’avoir un peu de verdure, même si c’est sûr que ça va pas du tout avec le poulpe » ; et de l’orange sanguine, parce que « démerde-toi pour trouver un moyen de l’utiliser dans un plat ». Elle voulait ajouter de l’avocat, parce que « ça doit vraiment pas être facile à marier avec les autres ingrédients », mais elle a eu la courtoisie de ne pas le retenir, sachant que je n’aimais pas ça. Bref, en résumé, elle a pris « des ingrédients qui paraissent assez simples, mais qui ne devraient pas faciliter la tâche pour les mettre dans un même plat ». Soit. Challenge accepted quand même !

Il me reste donc quelques jours pour réussir à trouver l’inspiration d’un menu qui la mette à plat (ou d’un plat qui la hache menu)… Un rapide farfouillage sur la toile à la recherche d’idées de mariages entre les différents ingrédients qu’elle a proposés me donne très vite un indice : au vu de la quasi absence de résultats, je ne devrai compter que sur moi-même.
Finalement, je ne sais pas vraiment pourquoi ni comment, mais pendant que je rédigeais un document au boulot, je me suis pris à imaginer le poulpe comme un gros monstre marin, tout rouge et sanguinolent, en train de sortir de sa carapace (non non, je n’avais rien bu d’autre que du thé avant ça !). Et je me suis dit que je pouvais servir le poulpe dans les écorces des oranges (après l’avoir fait mariner dans le jus pour lui donner une teinte un peu rouge), puis déposer le tout sur un petit lit d’épinards (comme un lit d’algues, pour rester dans le thème du monstre marin…). Comme ça, si, par le mariage des saveurs, le résultat ne s’avérait pas apte à ravir les papilles, il aurait au moins le mérite de flatter les pupilles…

Mais histoire d’être sûr de mon coup, je préfère m’y prendre un peu à l’avance (surtout pour la préparation des écorces d’oranges, pour lesquelles je ne sais pas vraiment comment m’y prendre…). Dès la veille du jour fatidique, je pars donc en quête d’oranges sanguines bio (préférables, puisqu’on en mangera la peau…). Au supermarché bio à côté de chez moi, on me répond que je suis le premier client qui leur en demande depuis des années. Ils n’en ont même pas en jus. Je pousse jusqu’au rayon bio de l’hypermarché du coin : rien non plus. Bon. Je me dis que, compte tenu du fait qu’avant d’être confites, les peaux d’orange vont devoir passer dans 4 ou 5 bains d’eau bouillante (pour enlever l’amertume), c’est peut-être pas si grave si j’en prends des non bios. Je cherche donc parmi tous les fruits et légumes de l’hypermarché, tant que j’y suis. Mais toujours pas d’oranges sanguines. Pas plus que chez le marchand de fruits d’en bas de chez moi, chez qui il y a pourtant un choix assez large.
Petit à petit, je me fais donc à l’idée de devoir utiliser des oranges classiques pour ma recette. Je retourne donc au magasin bio pour en acheter 5 à la peau bien épaisse (3 pour le dîner, et 2 pour faire des tests avant…). Mais comme je suis tenu d’utiliser de l’orange sanguine, je me dis que je peux toujours chercher une bouteille de jus, et l’utiliser pour la marinade du poulpe. Mais pas plus de succès au rayon jus. A part une brique qui n’en contient que 20%, c’est le désert total : pas un zeste d’orange sanguine dans les parages… Je m’avoue vaincu sur ce point…

De retour chez moi, je commence donc à tester le vidage – confisage des peaux d’oranges. J’enlève le ‘chapeau’ d’une première orange avec un couteau, puis, avec l’index à l’intérieur de l’orange, je décolle petit à petit les quartiers de la peau. Après ça, j’arrive relativement facilement à sortir les quartiers, même si je suis obligé de les casser un peu pour qu’ils daignent venir (en revanche, la peau reste bien intacte, comme je l’espérais). Une fois la peau vidée, avec une petite cuillère, je racle l’intérieur de l’écorce pour enlever la partie blanche de la peau et les morceaux de quartiers qui sont restés. Et, tout fier de mon résultat, je commence à mettre ça à bouillir pour m’assurer que ça tient à peu près bien à la cuisson, et pour tester un peu le dosage des ingrédients pour un confisage idoine.
Je laisse bouillir une première fois. J’égoutte, je rince. Je remets à bouillir une seconde fois. Puis une troisième. L’apparence de la peau est toujours bonne (en tous cas, ça se tient !). Je goute un petit morceau : il reste un peu d’amertume et de parfum d’orange. J’ai peur qu’un quatrième bouillissage n’enlève trop de saveur, et je me dis que le confisage aura raison de l’amertume restante… Je laisse donc bouillir une bonne vingtaine de minutes dans de la ginger ale avec du sucre et du gingembre râpé. Et après ce dernier bouillon, je croise les doigts pour que ce soit bon, parce que j’ai quand même un peu la flemme de me lancer dans un nouvel essai… Mais globalement, ça va à peu près. Ça a le goût du gingembre (mais pas trop), tout en gardant quand même un bon goût d’orange. Il reste juste encore un peu d’amertume, mais comme c’est sucré (pas autant qu’une vraie écorce d’orange confite, mais quand même un peu), c’est à peu près supportable. Il ne me reste plus qu’à recommencer la même chose avec les 3 autres écorces. Enfin, « la même chose »… C’est un bien grand mot, sachant que, comme un idiot que je suis, je n’ai absolument rien noté de précis sur les temps de bouillissage ni sur les quantités des ingrédients (sucre et gingembre)… Mais bon, si ça a marché une fois, il n’y a pas de raison que ça foire la deuxième, hein ?
Je recommence donc l’opération avec les 4 autres oranges. Je les oublie un peu sur le feu pendant un des bouillissages. Je n’ai pas assez de ginger ale pour recouvrir les écorces dans ma grande casserole, donc je dilue avec un peu d’eau, et je rajoute du sucre et du gingembre râpé. Mais le résultat n’est pas fondamentalement meilleur ni plus mauvais que lors du premier essai, donc tout va bien ! Je peux laisser mes écorces reposer toute la nuit, et reprendre le reste de la préparation le lendemain.

Le jour venu, je vais faire un petit tour au marché pour y chercher des poulpes, et vérifier si par hasard il ne resterait pas quelques épinards chez mon maraîcher. Pour les poulpes, pas de problème, le poissonnier vend quelques lots de 4 petits pour pas trop cher. Et pour les épinards, coup de bol : il y en a ! Quand il me voit me servir, le maraîcher me dit d’un air désolé qu’ils sont un peu moches parce que ce sont les derniers de la saison. Qu’à cela ne tienne, ils feront tout aussi bien l’affaire !
Au passage, je passe faire un petit détour chez le fromager pour lui prendre une grosse barquette de fromage blanc frais, en me disant que je préparerai une marmelade avec la pulpe extraite des oranges et avec l’écorce que j’ai confite en plus. Et au moment où je m’apprête à rentrer à la maison, je passe devant un marchand de fruits sur l’étal duquel j’aperçois, au milieu de tout un tas de clémentines, quelques… oranges sanguines ! C’est arrivé presque comme dans un film : au moment où le héros passe devant un truc important, le truc en question se retrouve éclairé par une lumière quasi divine, et on entend une petite musique qui va bien avec. Bon, sauf que là, il n’y avait pas le moindre éclairagiste derrière moi, pas plus que l’ombre d’un troubadour… Juste des oranges sanguines. Mais c’est déjà pas mal, hein !

De retour à la maison, je nettoie les poulpes : je leur enlève tous les boyaux, les yeux, le bec, et la petite peau, et je rince bien le tout. Je prépare ensuite une marinade avec un peu de pulpe d’orange, le jus d’une orange sanguine, du concentré de tomates (pour colorer, surtout), du piment doux (une variété relativement insipide, mais très colorée aussi), le fond d’une bouteille de crémant qui restait au frigo, et un peu de l’eau de confisage des écorces d’oranges (celle avec le ginger ale et le gingembre). J’y mets à mariner les poulpes après en avoir un peu assoupli la chair (en tapant dessus avec un gros rouleau à pâtisserie…), et je laisse reposer ça au frigo.
Pendant ce temps, je prépare la marmelade d’oranges. Je mélange dans une casserole tout ce qui me restait du contenu des oranges avec un peu d’eau de confisage, une écorce confite coupée en petites lamelles, et du sucre. Je laisse cuire tout ça pendant environ une demi-heure, le temps que ça réduise et que la confiture commence à prendre. Je mets la plus grosse partie en bocal, et je réserve le reste pour le dîner.
Comme il reste encore environ un demi-litre de l’eau de confisage, je me dis que ce serait dommage de la jeter, et que je vais m’en servir pour préparer un petit cocktail d’apéro. J’y ajoute le jus d’une orange sanguine, et je réserve au frais jusqu’au moment de servir.

Une heure avant l’arrivée de ma belle-sœur, je me lance dans la phase de cuisson. Je mets à blondir dans ma cocotte un oignon émincé avec une noix de beurre ; j’y ajoute une gousse d’ail écrasée et hachée, puis les poulpes avec leur marinade, et je laisse cuire le tout à feu doux et à couvert.
Pendant ce temps, je nettoie les épinards, j’en enlève les plus grosses tiges, et je les saisis deux petites minutes à la poêle avec un filet d’huile d’olive (oui, comme c’était plutôt des pousses que des grosses feuilles, j’hésitais entre les servir crus ou cuits, donc j’ai opté pour quelque chose entre les deux…).
Et comme j’avais peur que l’ensemble soit un peu léger, et que, une fois cuits, les poulpes soient trop petits pour bien remplir les écorces d’orange, je mets un peu de riz à cuire (avec un peu d’eau, puis, au fur et à mesure que le riz l’absorbe, je rallonge avec la sauce du poulpe en train de cuire).

Une fois que tout est cuit, je réserve tout au chaud (y compris les écorces d’orange, que je mets au four à la température minimale), et je prépare les cocktails : j’ajoute du gin au mélange préparé plus tôt, je décore avec une rondelle d’orange sanguine, et hop, le tour est joué ! Mieux que ça, ça crée une première surprise : en découvrant qu’il y a de l’orange sanguine dans le cocktail, mon invitée me reproche d’avoir triché en n’utilisant pas ses ingrédients ensemble, mais séparément. « Mouahaha ! Que nenni ! », lui réponds-je. Au contraire, il y a bien un plat qui les assemble tous. Et l’orange sanguine ayant été l’ingrédient qui m’a le plus enquiquiné, il se retrouve aussi bien dans l’apéro que dans le plat et dans le dessert. Et toc.
L’apéro consommé, je m’éclipse discrètement pendant que les deux sœurs papotent pour aller dresser les assiettes. Je fais un petit nid d’épinards dans un coin de chaque assiette, et je le décore avec quelques demi-quartiers d’oranges sanguines et de pamplemousse. Je remplis ensuite les écorces d’orange avec du riz, et j’ajoute un poulpe sur le dessus de chacune. Je dépose le tout sur le nid d’épinards, j’ajoute une cuillérée de sauce dans un autre coin des assiettes, et hop, c’est prêt à servir !

Le monstre marin

Le monstre marin

L’effet visuel de la présentation est réussi : ça a de la gueule ! Quand j’annonce que tout se mange, même les écorces d’oranges, ça surprend, puis ça plaît (même si, finalement, elles étaient un peu plus amères que mon premier essai…). Et puis finalement, une fois les assiettes finies, on en redemande, même présenté en vrac, donc j’en déduis que les papilles sont aussi satisfaites que les pupilles. Et pour finir, la petite touche acidulée du dessert (fromage blanc et sa marmelade d’oranges) fait du bien. Bref, vraisemblablement, l’invitée du jour s’est autant régalée avec son cadeau dégustation que ce que je me suis régalé en l’imaginant et en le préparant !

Sucré ? Ça l’est !

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Ce qu’il y a de bien avec certains enfants, c’est qu’ils ne grandissent jamais. C’est le cas de ma moitié, qui semble toujours refuser de grandir…
Mais ce qu’il y a de moins bien avec les enfants, c’est que ça fait toujours des caprices…

Par exemple, par un beau samedi après-midi pluvieux comme on les aime (parce que c’est la meilleure excuse imaginable pour passer la journée entre fourneaux et salon !), ma moitié s’est mis en tête qu’elle voulait un dîner sucré… Parce que, d’après elle, on avait déjà déjeuné copieusement (alors qu’il ne s’était agi de rien de plus que d’un petit salé aux lentilles…), et qu’elle n’avait pas vraiment assez faim pour dîner, mais que bon, se passer de dîner n’est jamais une excuse suffisante pour se passer de dessert, alors autant dîner sucré ! Logique imparable…
Et le pire, c’est que pour faire peser ses arguments, la bougresse s’est mise à brailler dès 17h qu’elle avait faim et qu’elle se serait bien fait un bon gros gâteau pour le goûter. Oui, celle-là même qui prétendait n’avoir plus assez d’appétit pour dîner changeait d’avis en quelques instants pour réclamer un repas supplémentaire pour patienter avant le soir… Ah, les enfants !
Mais bon, étant moi aussi capable d’être têtu comme un gosse, je me suis d’emblée mis en tête que je ne cèderais pas à ses caprices ! Na !

Espérant gagner quelques instants de répit dans cette nouvelle guerre des boutons, je la joue donc stratégique : je lui demande de chercher dans nos bouquins ce qu’elle aimerait préparer, en me disant qu’un peu de lecture la distraira et finira peut-être par lui faire oublier son caprice initial. Elle file donc ouvrir un livre de goûters à l’anglaise qu’on lui avait offert récemment, et, à peine 5 minutes plus tard, elle revient me voir en me montrant la page des Chelsea Buns (globalement, la même chose que des Cinnamon Buns, mais fourrés aux raisins et aux pommes), et en gesticulant à qui mieux mieux pour qu’on se lance au plus vite dans la préparation. Comme stratégie de diversion, on a connu plus réussi, je vous l’accorde…
Pour la contrer, je ne peux même pas jouer la carte du « on n’a pas tous les ingrédients », parce qu’il n’y a besoin de rien de bien particulier… Tout ce que je peux faire, c’est jouer sur sa faim subite, en lui faisant remarquer qu’il faut au moins 2h d’attente pour que la pâte lève, au moins 30min de plus pour la préparation, et que ça ne sera donc jamais prêt pour le goûter.
Pendant un instant, face à sa mine déconfite, j’ai presque cru que j’avais réussi à mettre fin à son caprice. Mais c’était sans compter sur l’incroyable répartie dont font généralement preuve ces petites bêtes là ! Car l’instant suivant, son visage s’était rhabillé d’un immense sourire, et dans un regard pétillant, elle m’annonçait déjà sa solution : « C’est pas grave, on n’a qu’à faire un crumble ! ». Soit. Celle-là, vraiment, je risquais pas de la voir venir…

Heureusement, moi aussi, quand il s’agit de bouffe, mon cerveau fait des associations un peu sorties de nulle part… Et quand elle m’a dit « crumble », je ne sais pas trop pourquoi, mais ça m’a rappelé tous les trucs que mon père nous avait apportés quelques semaines avant. Et ça m’a permis d’attaquer mon adversaire tout en finesse, en lui faisant croire que je rentrais dans son jeu, puis en enrichissant sa proposition pour la lui rendre encore plus alléchante, avant de retourner subtilement la situation à mon avantage…
« Oui, un crumble, c’est pas une mauvaise idée ! En plus on pourrait mettre des éclats de noisettes dans la pâte, ça irait super bien ! Et même un peu de noix et d’amandes ! ».
En face de moi, je sens le cœur de mon adversaire qui palpite de joie…
« Mais c’est dommage d’utiliser les pommes pour ça… »
Petit instant de doute dans son regard…
« … On ferait mieux de les garder pour faire des Chelsea Buns pour demain midi, avec nos invités ! »
Son sourire m’indique que j’ai regagné sa confiance. Je peux continuer à dérouler ma stratégie…
« À la place, on pourrait peut-être utiliser la courge butternut, ça irait super bien en crumble avec les noisettes ! »
Là, elle jubile tellement qu’elle peine à contenir son excitation et à rester en place. C’est le moment de sortir l’attaque ultime !
« Par contre, si on fait ça, c’est plutôt un plat de dîner qu’un goûter, donc on se le fait pour ce soir, ça te va ? »
Et pan. Impossible pour elle de dire non à une telle proposition après s’être mis l’eau à la bouche à l’idée du plat ! L’adversaire gît à terre, prêt à reconnaître sa défaite… Mais malheureusement, elle est trop têtue pour s’avouer vaincue. Dans un regard noir (qui dit « oui, tu m’as eue, mais je t’entraînerai dans ma chute ! »), elle me lance donc : « D’accord pour le crumble au dîner. Mais je te rappelle que dans un couple, il faut savoir faire des compromis ! Alors on fera les Chelsea Buns en plus du crumble ! ». Ponctué d’un petit sourire espiègle, c’est imparable…

Je me suis donc lancé dans la préparation des Buns (que je ne détaillerai pas ici), en profitant des temps de levée de la pâte pour cuisiner le crumble…
D’abord, j’ai mis à revenir un oignon dans un peu de saindoux, et j’ai déglacé la poêle avec un fond de bouillon de poulet dès que ça a commencé à accrocher. J’ai ensuite ajouté la courge butternut pelée, épépinée et coupée en dés, puis j’ai couvert et laissé mijoter une bonne demi-heure à feu doux.
Pendant ce temps, je me suis amusé à casser des noisettes (à la pince, toujours, à défaut de meilleur ustensile à disposition…), jusqu’à en avoir une bonne poignée que j’ai mélangée à une petite poignée de cerneaux de noix et d’amandes émondées. Jusque là, pas de problème.
Les choses se sont un peu compliquées quand j’ai voulu broyer le mélange, pour avoir des éclats de fruits secs un peu plus petits. Parce que sans mortier, c’est pas forcément évident. J’ai commencé à faire ça à la main, mais j’ai vite réalisé que ça me prendrait longtemps, pour un résultat pas particulièrement concluant. Puis j’ai eu l’idée lumineuse de tout mettre au fond du plat que j’allais utiliser pour le crumble, et de les écraser en faisant rouler un bocal dessus. L’avantage de le faire dans le plat, c’est que ça part pas dans tous les sens. Et mieux encore, c’est qu’avec l’huile que rendent les fruits secs quand on les écrase, ça parfume un peu le fond du plat, et ça évite d’avoir à le beurrer après !
Ensuite, histoire que ça ressemble un peu plus à une pâte, j’ai pris une grosse poignée de farine, j’y ai incorporé du beurre jusqu’à ce que ça ait à peu près une consistance de pâte à crumble, et j’ai mélangé ça à mes fruits secs broyés. Enfin, histoire de rester dans les noix, j’ai parfumé le tout avec un peu de muscade.
Entre temps, la courge avait fini de précuire (les cubes étaient fondants, mais se tenaient encore bien). Je l’ai versé dans mon plat, recouverte avec la préparation pour la pâte, saupoudré d’un peu de parmesan râpé pour que ça gratine, et c’était prêt à enfourner pendant une petite vingtaine de minutes à 200°C.

Crumble Butternut - noisettes

Crumble Butternut – noisettes

Et quand il a été l’heure de passer à table, on a à peine mangé une part de crumble chacun, et on était déjà repus… Pourtant, c’était vraiment excellent (le côté un peu sucré-salé, le mélange entre le fondant de la courge et le croquant des fruits secs, …). Mais mine de rien, c’est quand même des ingrédients qui calent ! Comme quoi ça valait pas vraiment la peine de faire chacun un gros caprice au sujet du dîner du jour… Mais du coup, le lendemain, on a eu double ration de Chelsea Buns le matin, et rab de crumble le soir ! Comme quoi ça valait quand même un peu la peine, finalement…
Chelsea Buns

Chelsea Buns

Totally nuts!

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Ce week-end, mon père nous a rapporté un énorme sac plein de noisettes (à peu près de quoi nourrir une colonie d’écureuils pendant 15 ans). Parce qu’apparemment, « il y en a plein à la maison dans les Pyrénées, et il me restait de la place dans le sac pour en mettre un peu »… Bon, c’est bien gentil de sa part, mais en voyant ça, je me suis quand même demandé ce que j’allais pouvoir en faire. Et la première chose qui m’est venue à l’esprit en essayant de penser à des recettes à base de noisettes, c’est une célèbre pâte à tartiner. Je vous laisse imaginer la tête de ma moitié quand je lui ai annoncé « Tiens, on va essayer de faire notre Nutella ! »…

Quelques jours plus tard, je feuillette rapidement quelques recettes sur le net, histoire de me faire une idée des ingrédients à utiliser et des proportions. Bon, globalement, les gens mettent du beurre, du chocolat (noir ou au lait), du lait concentré (sucré ou non), et des noisettes (certains font même sans…). Pour les proportions, ça varie du simple au double d’une recette à l’autre : j’en déduis que je fais ce que je veux !
Je file donc en cuisine pour commencer à éplucher les noisettes… Et je réalise vite que je n’ai pas de casse-noisettes à la maison. Pas même de marteau, prêté quelques jours avant. Au mieux, une pince de bricolage. Mais bon, ça devrait l’affaire, même si ce n’est pas ce qu’il y a de plus pratique.
Il me faut quand même un bon gros quart d’heure pour casser un bol de noisettes (un bol quand elles sont dans leurs coquilles, à peine un tiers après…), dont certaines finissent un peu écrabouillées. Je commence à me réjouir d’avoir si bien réussi, lorsque ma moitié arrive et insiste pour qu’on les épluche ‘vraiment’ (c’est-à-dire : qu’on enlève aussi la petite peau marron, parce que c’est un peu amer…). Soit… A côté de ça, le cassage des coquilles passait presque pour une partie de plaisir ! Mais bon, encore une fois, en prenant son mal en patience, et en laissant tremper les noisettes (débarrassées de leur coquille) dans un bol d’eau bouillante, on finit par venir à bout de la peau, et obtenir deux belles petites poignées de noisettes bien blanches !

Une fois les noisettes prêtes, le reste se fait presque tout seul : il n’y a qu’à mettre une demi-tablette de chocolat (100g) et une bonne boule de beurre (100g) à fondre au bain-marie, à y ajouter du lait concentré sucré (100g) et les noisettes mixées (50g), à bien mélanger le tout pour obtenir une pâte homogène, et à laisser refroidir en pots. Ah, non, j’oubliais : il faut aussi lécher les plats et la cuillère ! Parce que ce serait dommage d’en laisser…

Dès le lendemain matin, on peut se faire un bon petit déjeuner plein d’énergie en tartinant cette pâte au chocolat et aux noisettes sur des bonnes tranches de pain aux noix et aux amandes ! Oui, il fallait aussi que je songe à finir les restes de la nogada du week-end passé… A noter que pour ce pain là, au lieu de n’utiliser que de l’eau, j’ai mis environ deux tiers de lait entier et un tiers d’eau, ça donne un pain un peu plus brioché.
En tous cas, le résultat donne envie d’investir dans un bon vrai casse-noisettes pour refaire ça plus souvent !

Pain aux noix et Nutella maison

Pain aux noix et Nutella maison

Il faut bien s’occuper…

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L’autre soir, j’avais un peu la flemme de cuisiner. Le fait qu’il n’y ait pas grand-chose dans les placards n’aidait pas. A part les incontournables des placards (pâtes, riz, semoule, ail, huiles, herbes, etc.), il n’y avait pas grand-chose de plus qu’un sac de haricots verts frais, des restes de jambon de pays d’un précédent pique-nique, un demi-oignon, et un vieux poivron en fin de vie. Comme j’avais déjà mangé du riz à midi, je me suis quand même résolu de mettre un peu de légumes au menu du dîner. En l’occurrence, des haricots verts.
Ma moitié ayant un coup de fil à passer avant de passer à table, je me lance une petite vidéo pour me distraire tout en équeutant mes haricots. Cela fait, je les jette dans une casserole d’eau bouillante salée, en me disant qu’on les mangera natures. Cinq bonnes minutes plus tard, au moment d’égoutter les haricots, je demande à ma dulcinée dans combien de temps elle sera prête à passer à table : « Bientôt, bientôt ! ». Mais pas encore, quoi. Du coup, j’en profite pour émincer le demi-oignon et écraser une gousse d’ail, et les mettre à revenir dans un peu d’huile d’olive, avec quelques gouttes d’huile pimentée. Histoire de donner un peu de goût aux haricots sans trop me fatiguer : j’aurais qu’à ajouter les haricots dans la poêle au dernier moment, pour les réchauffer et bien les mélanger à l’oignon et à l’ail.

En attendant, dans le salon, rien de nouveau : la conversation n’a pas encore l’air de vouloir se terminer. Comme j’ai pas grand-chose d’autre à faire en attendant (et que je n’ai aucune idée du temps que ça prendra), je m’occupe en découpant le vieux poivron en lanières, que je mets à cuire dans un fond d’eau bouillante salée. Pas le meilleur moyen de cuire un poivron, certes, mais au moins ça va assez vite, si jamais on devait bientôt s’attabler… Sauf que vraisemblablement, le bientôt en question n’est pas pour bientôt. Comme les oignons commencent à sécher dans la poêle à côté, j’y verse un petit fond de vin blanc que je laisse réduire. Tant que j’y suis, je fouille aussi le placard à la recherche de quelques herbes à ajouter. Un peu de thym, un peu de persil, ça devrait suffire à aromatiser un peu plus sans trop dépareiller. Puis je me dis que quitte à vider le frigo et les placards des derniers restes, je vais aussi utiliser le jambon. Et quitte à m’occuper, plutôt que de juste déposer les tranches en vrac dans un plat, je vais m’en servir pour ficeler des petits fagots de haricots verts, au milieu desquels j’aurais caché quelques lanières de poivron. J’aurais plus qu’à les recouvrir avec les petits oignons au moment de servir, et ça devrait avoir de l’allure !

Dix minutes plus tard, j’ai aligné 7 jolis petits fagots dans un plat. Problème : ils sont tièdes, maintenant… Comme, à côté, la conversation a enfin l’air d’être sur le point de se terminer, je mets le four à chauffer rapidement pour y mettre mes fagots une ou deux minutes (suffisamment pour les réchauffer, mais pas trop pour éviter de faire cramer le jambon). Pendant que le four préchauffe, je commence à apporter sur la table les couverts, les verres et une bouteille de vin (pas les assiettes, que je finirai de préparer en cuisine). Et en ouvrant le frigo pour en sortir le vin (un bête Chardonnay), je tombe nez à nez avec un vieux bout de parmesan qui devait traîner là depuis des mois. Le bougre doit être un peu fort, mais je me dis que ça devrait pas aller trop mal, ajouté en petits copeaux sur les fagots. Le temps que le plat chauffe, je coupe donc le parmesan en copeaux. Comme il est bien sec, ça se fait tout seul, et 2 minutes plus tard, je suis prêt à sortir les fagots du four, à les disposer dans les assiettes, et à les saupoudrer de parmesan et d’oignons.

Fagots de haricots verts

Fagots de haricots verts

Synchronisation parfaite : je dépose les assiettes sur la table au moment ou ma chère et tendre raccroche. Elle est toute surprise de tomber nez à nez avec une jolie préparation, alors qu’elle se rappelait m’avoir entendu dire que je n’avais pas envie de cuisiner et qu’elle pouvait s’estimer heureuse si déjà je faisais cuire des haricots à l’eau. Quant à moi, je suis finalement content d’avoir passé une petite demi-heure en cuisine (c’est toujours mieux que de s’ennuyer devant l’ordi…), et tout aussi content d’avoir épuisé les derniers restes. Bon, et j’avoue, je suis aussi content du résultat, parce que non seulement ça a de la gueule, mais en plus, c’est bon et équilibré ! Que demande le peuple ?

Autant en emporte le chef…

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Le week-end dernier, j’avais promis à des amis que j’allais venir faire à manger chez eux. Le matin, alors que je commençais à réfléchir à ce que j’allais pouvoir préparer, mon hôte juge bon de me préciser qu’il y aura finalement une vingtaine de convives, qu’elle ne dispose que d’une plaque électrique et d’un four qui fonctionne quand il veut, et que je ne peux venir qu’à partir de 19h. Ce qui limite considérablement la créativité…

Alors que j’allais me résigner à préparer une vulgaire plâtrée de pâtes, je réalise finalement qu’il y a plein de choses que je pourrais préparer d’avance chez moi. Immédiatement, je pense au plat de base qu’au moins une personne apporte dès qu’il y a un apéro : le cake. Et je me dis qu’un cake n’est pas obligé d’être un classique « jambon-fromage-olives » : au contraire, quitte à avoir un plat à emporter, autant s’en servir pour transporter plein de bonnes saveurs dedans !

Je reprends donc la liste des plats que j’avais pensé préparer initialement : un curry de légumes, un mole (plat typique mexicain, avec une sauce au chocolat et aux piments), des flammekueches, un poulet sauce graine (sauce africaine à base de graines de palme), un poulet sauce aigre-douce, un tajine de quelque chose. Tout content, je me rends alors compte que je n’aurai même pas à choisir un plat unique parmi cette liste : je pourrai faire un cake à chaque saveur !

Reste à savoir quels sont les ingrédients caractéristiques de chaque plat, ceux qui donneront vraiment un goût particulier à chacun des cakes, tout en s’y intégrant au mieux…
– Pour le cake « Flam’s » : un demi oignon émincé blondi dans une cuillerée de saindoux, quelques saucisses de Strasbourg, de la crème, un peu de fromage, un peu de poivre
– Pour le cake « mexicain » : un filet de poulet émincé, un demi oignon et un demi poivron rouge émincés et revenus dans quelques bonnes cuillerées de sauce mole (j’en ai une bonne dose en réserve, sous forme de poudre prête à diluer avec un peu de bouillon de bœuf)
– Pour le cake « africain » : un filet de poulet et un demi oignon émincés et revenus dans une demi boîte de sauce graine (j’ai découvert ce truc récemment dans le magasin exotique en bas de chez moi), avec un peu de pâte d’arachides, un cube de bouillon de volaille et une bonne pincée de piment
– Pour le cake « curry » : une tige de citronnelle hachée, des graines de coriandre moulue (à défaut de feuilles…), une petite cuillerée de gingembre râpé avec un demi oignon et un demi poivron émincés, le tout mis à revenir dans quelques cuillerées de pâte de curry
– Pour le cake « tajine » : un demi oignon émincé blondi dans une grosse cuillerée d’huile d’olive aromatisée puis mis à revenir avec une demi aubergine coupée en petits dés et une petite poignée de graines de sésame, avec une bonne dose de cumin, un peu de piment et de sel, une petite cuillerée de miel et une dizaine de feuilles de menthe séchées émiettées
– Pour le cake « aigre-doux » : un demi oignon émincé blondi et caramélisé dans une cuillerée d’huile de sésame avec une petite cuillerée de sucre en poudre, puis mis à revenir avec une petite poignée de sésame, deux champignons coupés en fines lamelles, quelques traits de sauce soja et une carotte émincée

Comme je n’ai qu’un petit four dans ma cuisine et quelques heures devant moi, j’essaie de bien m’organiser avant de me lancer dans la préparation. Histoire de gagner du temps, je prépare une base pour l’ensemble des cakes, en mélangeant un bon kilo de farine, en y incorporant une petite plaquette de beurre (125g), et en y ajoutant 18 œufs (3 par cake). Et histoire de ne pas perdre trop de temps, j’essaie de planifier un minimum : compte tenu du temps de cuisson des cakes (45min) et de la place dans mon four (2 cakes à la fois), je me fixe comme objectif de ne pas passer plus d’une vingtaine de minutes pour la préparation de chaque garniture. Comme ça, ça me permettra de :
– Préparer un premier cake, et l’enfourner
– Préparer le deuxième cake
– A mi-cuisson du premier, le retourner dans le four (pour qu’il cuise uniformément, comme mon four n’a pas l’option chaleur tournante), et y ajouter le deuxième cake
– Préparer le troisième cake, pour qu’il soit prêt à enfourner dès que le premier aura fini de cuire.
– Etc. Jusqu’à ce que j’ai 6 beaux cakes bien cuits sur la table, et tout plein de vaisselle à laver !

D’ailleurs, pour la vaisselle, j’essaie de définir dans quel ordre préparer tous mes cakes, pour ne rien avoir à laver entre deux : je les range donc en fonction des quelques similarités de saveurs et/ou d’ingrédients : « Flam’s », « africain », « mexicain », « curry », « tajine », « aigre-doux ». Et une fois que j’ai tout mon planning et ma liste d’ingrédients affichés sur le frigo, je réalise que c’est la première fois que je m’organise autant avant de commencer à cuisiner… Il faut bien un début à tout !

Mais finalement, si on fait le bilan de tout ça :
– J’ai mis à peine plus de 3h pour préparer 6 cakes complètement différents
– J’ai pu transporter tout ça sans encombre dans le bus, le métro, la rue, etc. (sachant que je devais aussi prendre avec moi le dessert, qui fera l’objet d’un prochain article, et quelques bouteilles pour préparer des cocktails)
– Il y a eu largement assez pour nourrir la vingtaine de personnes présentes, qui ont toutes pu goûter à tout, manger où elles voulaient, quand elles voulaient, à côté de qui elles voulaient
– J’ai eu tout le temps que j’ai voulu pour discuter avec les gens, plutôt que de rester cloîtré dans une cuisine inconnue.
– C’était bon (et très surprenant pour les quelques convives étrangers qui n’avaient jamais mangé de « gâteaux salés » !)

Du coup, je me dis que j’ai bien fait de réfléchir un peu avant de foncer tête baissée dans les fourneaux…

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