L’autre soir, j’avais un peu la flemme de cuisiner. Le fait qu’il n’y ait pas grand-chose dans les placards n’aidait pas. A part les incontournables des placards (pâtes, riz, semoule, ail, huiles, herbes, etc.), il n’y avait pas grand-chose de plus qu’un sac de haricots verts frais, des restes de jambon de pays d’un précédent pique-nique, un demi-oignon, et un vieux poivron en fin de vie. Comme j’avais déjà mangé du riz à midi, je me suis quand même résolu de mettre un peu de légumes au menu du dîner. En l’occurrence, des haricots verts.
Ma moitié ayant un coup de fil à passer avant de passer à table, je me lance une petite vidéo pour me distraire tout en équeutant mes haricots. Cela fait, je les jette dans une casserole d’eau bouillante salée, en me disant qu’on les mangera natures. Cinq bonnes minutes plus tard, au moment d’égoutter les haricots, je demande à ma dulcinée dans combien de temps elle sera prête à passer à table : « Bientôt, bientôt ! ». Mais pas encore, quoi. Du coup, j’en profite pour émincer le demi-oignon et écraser une gousse d’ail, et les mettre à revenir dans un peu d’huile d’olive, avec quelques gouttes d’huile pimentée. Histoire de donner un peu de goût aux haricots sans trop me fatiguer : j’aurais qu’à ajouter les haricots dans la poêle au dernier moment, pour les réchauffer et bien les mélanger à l’oignon et à l’ail.

En attendant, dans le salon, rien de nouveau : la conversation n’a pas encore l’air de vouloir se terminer. Comme j’ai pas grand-chose d’autre à faire en attendant (et que je n’ai aucune idée du temps que ça prendra), je m’occupe en découpant le vieux poivron en lanières, que je mets à cuire dans un fond d’eau bouillante salée. Pas le meilleur moyen de cuire un poivron, certes, mais au moins ça va assez vite, si jamais on devait bientôt s’attabler… Sauf que vraisemblablement, le bientôt en question n’est pas pour bientôt. Comme les oignons commencent à sécher dans la poêle à côté, j’y verse un petit fond de vin blanc que je laisse réduire. Tant que j’y suis, je fouille aussi le placard à la recherche de quelques herbes à ajouter. Un peu de thym, un peu de persil, ça devrait suffire à aromatiser un peu plus sans trop dépareiller. Puis je me dis que quitte à vider le frigo et les placards des derniers restes, je vais aussi utiliser le jambon. Et quitte à m’occuper, plutôt que de juste déposer les tranches en vrac dans un plat, je vais m’en servir pour ficeler des petits fagots de haricots verts, au milieu desquels j’aurais caché quelques lanières de poivron. J’aurais plus qu’à les recouvrir avec les petits oignons au moment de servir, et ça devrait avoir de l’allure !

Dix minutes plus tard, j’ai aligné 7 jolis petits fagots dans un plat. Problème : ils sont tièdes, maintenant… Comme, à côté, la conversation a enfin l’air d’être sur le point de se terminer, je mets le four à chauffer rapidement pour y mettre mes fagots une ou deux minutes (suffisamment pour les réchauffer, mais pas trop pour éviter de faire cramer le jambon). Pendant que le four préchauffe, je commence à apporter sur la table les couverts, les verres et une bouteille de vin (pas les assiettes, que je finirai de préparer en cuisine). Et en ouvrant le frigo pour en sortir le vin (un bête Chardonnay), je tombe nez à nez avec un vieux bout de parmesan qui devait traîner là depuis des mois. Le bougre doit être un peu fort, mais je me dis que ça devrait pas aller trop mal, ajouté en petits copeaux sur les fagots. Le temps que le plat chauffe, je coupe donc le parmesan en copeaux. Comme il est bien sec, ça se fait tout seul, et 2 minutes plus tard, je suis prêt à sortir les fagots du four, à les disposer dans les assiettes, et à les saupoudrer de parmesan et d’oignons.

Fagots de haricots verts

Fagots de haricots verts

Synchronisation parfaite : je dépose les assiettes sur la table au moment ou ma chère et tendre raccroche. Elle est toute surprise de tomber nez à nez avec une jolie préparation, alors qu’elle se rappelait m’avoir entendu dire que je n’avais pas envie de cuisiner et qu’elle pouvait s’estimer heureuse si déjà je faisais cuire des haricots à l’eau. Quant à moi, je suis finalement content d’avoir passé une petite demi-heure en cuisine (c’est toujours mieux que de s’ennuyer devant l’ordi…), et tout aussi content d’avoir épuisé les derniers restes. Bon, et j’avoue, je suis aussi content du résultat, parce que non seulement ça a de la gueule, mais en plus, c’est bon et équilibré ! Que demande le peuple ?

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