D’habitude, quand je rentre du boulot, j’ai plutôt tendance à penser à la soirée qui m’attend qu’à la journée qui vient de passer. Mais quand un collègue me provoque en commençant à parler bouffe et cuisine dès le petit matin, forcément, ça influe un peu sur mes pensées dans le trajet du retour. Surtout que le loustic m’a mis l’eau à la bouche en me parlant de son fameux pain de viande.
D’habitude, quand j’ai des restes, j’ai plutôt tendance à les passer en soupe, en gratin, voire éventuellement en pudding. Mon collègue, lui, mélange ça avec de la viande hachée (crue), et lie le tout avec quelques œufs. Restes de ratatouille, quignons de pain râpés, parfois aussi des restes d’un plat de viande, tout (ou presque) peut y passer. Le résultat, servi chaud ou froid, ressemble globalement à une bonne terrine. Bon, en gros, ce qui m’attire surtout là-dedans, c’est ce concept de viande garnie de viande (de la même manière que la tourte aux pâtes m’attirait pour le concept de pâte garnie de pâtes…) : que ce soit bon ou non, il y a un côté excessif qui me plaît et me donne envie d’en faire l’expérience, juste pour voir.

Du coup, moi, dans mon métro, ce soir-là, j’essaie d’imaginer ce que je pourrais mettre de bon dans mon pain de viande. Arrivé à la maison, je continue mon petit brainstorming en fouillant un peu dans les placards. Et là, miracle, je retombe sur un paquet de cèpes séchés que des amis lituaniens nous avaient offerts (en échange du gîte et du couvert) l’été passé. Rien de mieux en effet que de les réhydrater dans un tas de viande ! Pour le reste, finalement, pas besoin de grand-chose : un peu de vieux pain râpé, de la sauge, probablement un oignon revenu à la poêle (dans un fond d’huile d’olive aux cèpes et à la sauge que j’avais mis à mariner quelques semaines plus tôt), et le tour devrait être joué ! Ne manque plus qu’à acheter la viande hachée…

Le week-end venu, je me mets aux fourneaux après avoir acheté un mélange à mon boucher un mélange de bœuf et de veau hachés. Je mets le four à préchauffer à 180°C. Je laisse tremper dans un mini fond de bouillon de bœuf une petite poignée de cèpes séchés et une dizaine de feuilles de sauge hachées (j’en avais fait sécher tout un paquet après ma dernière visite chez ma grand-mère…). Je mets mon oignon émincé à revenir avec l’huile aromatisée et une pincée de sel. Je râpe un bon gros quignon de pain Comme c’est du pain maison, la chapelure obtenue n’est pas parfaitement fine, donc je tamise rapidement et je mets les plus grosses miettes à tremper quelques minutes avec les cèpes et la sauge. Le tout devrait de toute façon finir par se réhydrater à la cuisson. Pour terminer, je mélange tout dans un saladier : la viande, l’oignon, la chapelure, les cèpes et la sauge. J’ajoute 3 œufs, puis une bonne grosse cuillerée d’huile d’olive aromatisée et une autre d’huile nature (comme la viande que j’ai achetée n’est pas très grasse, j’ai peur que le résultat soit sec). Je verse la préparation dans un moule beurré, et j’enfourne pour au moins 45min. Comme je crains encore que ce soit sec, je prépare vite fait une petite sauce (un mélange avec du coulis de tomates, de la confiture de vin, un peu du vinaigre d’un bocal de piments doux mexicains, du sel et du poivre), et je pars bouquiner un peu pendant qu’elle réduit et que le plat cuit.

Pas la peine de mettre une minuterie ou une alarme pour me tirer de ma lecture : le parfum qui monte de la cuisine est largement suffisant pour me rappeler qu’il y a quelque chose au four ! Je passe donc les 5 dernières minutes de la cuisson en extase devant le four, à me délecter de la seule odeur que dégage le plat.
Et une fois servi, en apéritif / entrée, avec un petit Pomerol et quelques tomates cerises, c’est encore meilleur ! Tellement bon, même tel quel, que j’en ai oublié ma sauce dans sa casserole…

Par contre, pour la prochaine fois, il faudra absolument que j’essaie de le garnir avec des légumes (un fond de ratatouille un peu caramélisé), des pâtes (un reste de gratin de macaronis, par exemple) ou de la viande (miam, avec des restes de confit !!). Parce que bon, à la base c’était quand même ça qui m’avait donné envie de faire ce fameux pain de viande…

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