Je ne sais pas pourquoi, mais depuis quelques mois, j’ai souvent faim de burgers. De bons, hein, pas du fast-food gras et insipide. Chaque fois que l’occasion se présentait, j’ai donc testé ce que divers restos de la capitale et des alentours avaient à proposer à ce sujet. La qualité variait du quelconque au très bon, mais chaque fois, il me manquait un je ne sais quoi pour en tirer entière satisfaction. Jusqu’au jour où, en allant flâner un peu dans les rues autour de chez moi avant d’aller faire les courses, j’ai découvert qu’un nouveau resto à burgers venait d’ouvrir. Ni une, ni deux, je me suis dit « j’annule tout ce que j’ai de prévu ce soir, et je vais tester ça avec ma moitié ! ».

Cinq minutes après, je rentre dans le supermarché tout béat à l’idée du dîner à venir. Je sors ma liste de courses, histoire de me reconcentrer un peu sur la tâche qui m’incombe au moment présent, et je me laisse guider au rayon charcuterie par le premier élément de ladite liste : « Bacon pour les œufs du ptit déj !! ». Et à l’instant où je sors le paquet de bacon de son rayon pour le jeter dans mon panier, je remarque l’élément qui va me changer la soirée : les tranches de bacon sont rondes. Comme un burger au bacon. C’est alors l’illumination : ce soir, on n’ira pas au resto. Ce soir, on invite les premières personnes qui répondent présent, et on fera nos burgers nous-mêmes pour les déguster à la maison !

Je crois que je n’ai jamais été aussi rapide pour finir les courses tant j’étais pressé de rentrer à la maison et d’annoncer la nouvelle à ma douce. Je ne lui laisse même pas le temps de se réjouir de mon idée, et je lui confie immédiatement la mission de trouver 3 ou 4 invités. Quant à moi, je file sortir un de mes derniers cadeaux de Noël (un bouquin mexicain sur les pains, offert par les beaux-parents, et dans lequel il me semblait avoir vu une recette de pains à burgers), et je me lance dans la préparation. Parce que oui, pour faire les pains maison, il faut leur laisser le temps de lever !

Panes & pancitos

Panes & pancitos

Je me lance donc dans la confection des pains, en mélangeant 500g de farine fine (type 55), une bonne cuillerée de sel, 300ml de lait dans lequel j’avais dilué deux sachets de levure boulangère (j’aurais bien tenté de les faire au levain, mais le mien n’était pas prêt, et j’aurais dû attendre le lendemain… Inenvisageable !), et environ 25g de sucre. Je mélange bien, j’ajoute un peu de farine en saupoudrant petit à petit jusqu’à ce que la pâte devienne un peu moins collante, puis j’y incorpore une noix de beurre et deux noix de graisse de canard (la recette disait « 50g de beurre ou de saindoux, mais j’avais plus de saindoux…). Je pétris ça une bonne dizaine de minute, en allant montrer à ma moitié toutes les deux minutes comment ma pâte elle est trop belle (par rapport à la pâte pour le pain au levain, c’est beaucoup plus lisse et plus doux, à tel point qu’on serait tenté de pétrir ça pendant des heures !). Je la laisse ensuite reposer 10min enroulée dans du film alimentaire, puis je la divise en une douzaine de petites boules que je laisse reposer elles aussi 10min dans du film alimentaire (c’est particulièrement ennuyeux de toutes les enrouler comme ça, mais bon, pour une fois que j’avais décidé de suivre une recette…). Enfin, j’étale mes petites boules pour en faire des galettes d’une dizaine de centimètres de diamètres, j’en badigeonne la surface avec un œuf battu, je saupoudre de graines de sésame, et je laisse lever tout ça sur des plaques allant au four jusqu’à ce que ça double de volume (trois bonnes heures chez moi, parce qu’il faisait pas très chaud dans la cuisine ce jour là…).

Pendant ce temps, je fais l’inventaire de ce que je vais pouvoir utiliser pour la garniture :
– Des oignons, avec lesquels préparer une bonne confiture d’oignons (en les faisant revenir dans du beurre avec un demi bouillon cube de bœuf, un peu de sucre, et un peu de farine pour épaissir)
– Des tomates et de la salade
– Du bacon (oui, quand même, c’est grâce à lui qu’on en est arrivés là !)
Il manque quand même l’essentiel :
– Le fromage (je file au supermarché acheter un paquet de cheddar classique)
– La viande (je file chez le boucher acheter une douzaine de steaks hachés)
– Les sauces…
Pour les sauces, je me refuse à aller acheter du ketchup, sachant pertinemment qu’après ce jour, ça ne nous servirait qu’à occuper de la place dans le frigo… Plutôt que de rappeler nos invités pour leur demander d’en apporter, je me dis que ça pourrait être marrant de le faire moi-même. Je sors donc une brique de coulis de tomates, j’y ajoute quelques bonnes cuillerées du vinaigre d’un bocal de chipotles (piments mexicains conservés dans du vinaigre avec du sucre non raffiné : le vinaigre est donc à la fois épicé et sucré), mon autre moitié de bouillon cube de bœuf, et quelques autres cuillerées de coulis de pinot noir. Je laisse réduire ça à feu doux pendant une bonne heure, et, ni vu ni connu, je le mets dans un joli petit ramequin sur la table au milieu des autres ingrédients.
Une bonne demi-heure avant l’arrivée des invités, je lance la cuisson des pains en deux fournées, que je laisse une vingtaine de minutes au four à 180°C. Les pains lèvent plus en largeur qu’en hauteur, mais ils dorent bien, et ils lèvent quand même suffisamment pour être bien aérés. Pour le goût, on verra au moment de servir…

Une fois les invités arrivés, chacun s’occupe de se préparer son propre burger. Globalement, tout le monde a fait la même chose : les deux moitiés de pain tartinées de ketchup maison, une tranche de bacon, une tranche de fromage, un steak, une tranche de fromage, une tranche de bacon, de la confiture d’oignons, un peu de salade et de tomates. Le tout remis dans le four chaud pendant quelques minutes. Le pain est à la fois moelleux, croustillant sur le dessus, et super savoureux, et le ketchup maison y ajoute une petite touche particulièrement agréable ! Bref, ces burgers m’ont permis d’identifier le petit truc qui m’avait toujours manqué dans ceux que j’avais goûtés ailleurs : le côté « fait maison », qui relève l’ensemble d’un doux parfum de fierté !

Burger maison

Burger maison

NB : et le lendemain matin, le même burger avec un œuf au plat sur le steak, c’est le remède idéal pour démarrer la journée avec le plein d’énergie et de bonne humeur !

Publicités