Compte tenu de la durée de conservation des crevettes achetées ce Dimanche et du peu de temps qu’on passe à la maison ces temps-ci, on n’a finalement pas eu le temps d’aller voir Forrest Gump pour lui demander des conseil pour cuisiner des crevettes. Du coup, je me suis rabattu sur les sites de recettes, à la recherche d’une idée à la fois bonne, originale et pas trop compliquée. En quelques minutes, sur Marmiton.org, je suis tombé sur une recette de « crevettes aux topinambours » qui est venue me rappeler que j’avais un bon kilo de ces petits légumes oubliés qui attendaient une occasion d’être consommés. Ni une, ni deux, je file en cuisine en me disant que si quelqu’un a posté une telle recette, c’est que ces ingrédients doivent bien se marier !

Après m’être mis un peu de musique dans la cuisine, je commence donc à éplucher mes topinambours (certains préfèrent les éplucher une fois cuits ; moi, je préfère le faire quand ils sont crus…). Ça occupe, ça détend, mais bon, faut avouer, c’est long… Un bon quart d’heure plus tard, ils sont enfin tous prêts à être découpés en rondelles (d’un petit centimètre d’épaisseur) et mis à cuire dans une marmite d’eau bouillante pendant une petite vingtaine de minutes. Pile poil le temps d’éplucher une quarantaine de crevettes…
L’album que j’étais en train d’écouter était donc presque terminé quand je me suis retrouvé face à une montagne d’épluchures. Il était enfin temps de commencer à cuisiner pour de vrai !
Après avoir égoutté mes rondelles de topinambours, je les ai faites revenir à la poêle dans une bonne noix de beurre. En attendant qu’elles commencent à dorer, j’ai fouillé dans mon placard à épices à la recherche de quelque chose à y mettre pour parfumer. Quelque chose qui aille à la fois avec le goût des topinambours et celui des crevettes, sans être trop fort… J’avais beau sentir tous mes petits pots, rien ne m’inspirait vraiment (à part une petite pincée de piment, mais bon, ça compte pas…). Au bout de quelques minutes, je me suis décidé à essayer avec un peu de sauce Nuoc Mam, sans réelle conviction. Après en avoir versé quelques traits dans la poêle, j’ai regretté : ça sentait beaucoup trop la sauce poisson ! L’odeur a quand même fini par se dissiper assez rapidement, le goût des topinambours était toujours aussi bon, et la sauce y avait finalement ajouté un parfum assez agréable. Mais je trouvais qu’il manquait encore quelque chose… Heureusement, il y a un Dieu de la cuisine : au moment où j’allais jeter l’éponge et me résigner à ne rien ajouter de plus, une petite voix m’a glissé, depuis le salon : « L’orange qu’il reste, tu veux l’utiliser, ou bien on la mange demain matin ? ». Eurêka ! Du jus d’orange, et, histoire de rester dans les épluchures, un peu de zeste !
J’ai donc pressé la moitié de ce fruit divin au-dessus de mes topinambours, j’ai laissé réduire le temps que les légumes absorbent tout le jus, et j’étais prêt à passer à la suite : j’ai réparti les topinambours au fond d’un plat à gratin, je les ai recouverts avec les crevettes décortiquées, j’ai râpé le zeste d’une moitié d’orange par dessus, donné quelques tours de moulin à poivre, arrosé d’un peu de crème fraîche, et enfourné une dizaine de minutes à 180°C. Ce qui me laissait pile poil le temps de jeter toutes mes épluchures, et d’écouter le dernier morceau de mon album !

Au « ting » de la minuterie du four, j’étais prêt à bondir pour sortir le plat et l’apporter à table. Par contre, il a fallu attendre la fin du repas avant que je puisse remercier comme il se doit ma fée du logis de m’avoir inspiré l’idée de l’orange, parce que le mélange des saveurs topinambours – crevettes – jus d’orange était tellement délicieux qu’il nous a complètement empêché de parler (ou de faire quoi que ce soit d’autre que de savourer…) !

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