Depuis quelques mois, il y a de la nouveauté sur le marché. Un stand de confitures, un autre de miel, un nouveau fleuriste, un vendeur de vanille bourbon de Madagascar, … Et, plus discret, au milieu d’autres vendeurs de fruits et légumes, un nouveau maraîcher. Un petit producteur local, qui n’a pas un choix particulièrement large (surtout en hiver…), mais qui a le mérite d’avoir toujours le sourire et des produits qui ont du goût. Exactement le genre de choses qu’on vient chercher au marché ! Et la semaine dernière, à la fin de nos emplettes, on a donc craqué pour un gros bouquet de poireaux. L’instant suivant, la remarque de ma dulcinée ne se fait pas attendre : « Mais on va les manger quand ? On va en faire quoi ? On a déjà pris trop de trucs ! ». Pas faux… Et si on craquait pour des Saint-Jacques ? A force de passer devant les crustacés et fruits de mer toutes les semaines en entrant et en sortant du marché, ça commence à nous donner envie ! Mais cette semaine-là, nos sacs sont déjà pleins de viande, et le menu de la semaine semble difficilement aménageable en raison de nos disponibilités et de la durée de conservation de certains ingrédients. On finit donc par se décider à reporter ça à la semaine suivante. Les poireaux devront attendre jusque là…

Le dimanche suivant, on a en plus la chance de recevoir une amie. En nous voyant rentrer du marché avec 1kg de Saint-Jacques et 1kg de crevettes, elle se dit que c’est plutôt elle qui a de la chance d’être reçue ce jour-là. Mais non, son statut d’invitée ne lui donnera aucun droit pour avoir une portion plus grosse !
Reste à se décider sur la façon de préparer tous ces bons petits ingrédients… Pour ce qui est des crevettes, en les voyant, je m’étais déjà imaginé plein de bons petits plats : beignets de crevettes, curry de crevettes, crevettes flambées, etc. Mais avant tout, j’avais envie d’en manger une partie fraîches, telles quelles, à peine grillées à la poêle. Pour le reste, on a préféré attendre de revoir Forrest Gump, le soir, pour glaner des idées supplémentaires. Et en ce qui concerne les Saint-Jacques et les poireaux, après avoir feuilleté différents bouquins et parcouru quelques sites de recettes, j’ai vite commencé à me faire une petite idée : des Saint-Jacques gratinées dans leur coquille, accompagnées d’une fondue de poireaux et d’un peu de riz. Avec en entrée, une partie des crevettes à peine poêlées, pour se mettre en appétit pendant que la cuisson des Saint-Jacques.

Je commence donc à préparer la fondue de poireaux, en mettant à revenir un bel oignon et trois blancs de poireaux avec une grosse noix de beurre et un peu de sel dans une cocotte. Dès que je sens qu’ils commencent à accrocher, je les arrose d’une petite lichette de vin blanc (un bête Sauvignon qui attendait dans le frigo), je couvre, et je laisse mijoter à feu doux pendant une vingtaine de minutes.

Pendant ce temps, je mets du riz à cuire pour trois personnes.
Je prépare ensuite mes Saint-Jacques. Le poissonnier a déjà fait le plus gros du travail en ouvrant les coquilles et en leur retirant la poche à encre. Je me contente donc de bien les rincer et de trancher en deux les noix (qui sont énormes !). Je les poêle ensuite deux petites minutes dans une noisette de beurre, et je les réserve dans un bol. Je les remplace par une échalote émincée, que je laisse fondre dans le beurre qui restait dans la poêle. Au moment où elles deviennent translucides, je rajoute les Saint-Jacques, j’arrose d’une dizaine de centilitres de vin blanc (le même Sauvignon que pour les poireaux), j’ajoute une petite cuillerée de concentré de tomates, une pincée de piment de Cayenne, une autre de sel, et une dernière de poivre, et je laisse réduire jusqu’à ce que le vin soit totalement évaporé. Je flambe ensuite avec quelques centilitres de Cognac, je retire du feu, j’ajoute une demi brique de crème fraîche, je mélange, et je répartis dans les coquilles vides (et lavées). Je saupoudre ensuite d’un mélange de pain râpé (l’équivalent de deux cuillerées à soupe), de parmesan râpé (la même quantité), d’ail haché finement (une gousse) et de persil, et j’enfourne sous le grill pendant une petite dizaine de minutes à 200°C.
Comme il restait un peu de mélange chapelure/fromage/ail/persil, j’y ai ajouté un peu d’œuf battu (juste ce qu’il faut pour que l’ensemble ait une consistance de pâte), deux crevettes décortiquées et émincées, j’ai roulé ça dans un petit bout de papier alu, et j’ai enfourné une vingtaine de minutes : ça m’a donné une délicieuse petite « farce » pour accompagner la fin du plat !

Pendant que les Saint-Jacques et la farce profitaient de la chaleur du four, j’ai ajouté une petite cuillerée de curcuma et l’autre moitié de ma brique de crème fraîche à la fondue de poireaux (que je sors du feu).
J’ai ensuite utilisé le fond de sauce qui restait dans ma poêle pour y faire sauter les crevettes pendant deux minutes, et je les ai apportées à table pour les savourer le temps que le reste sorte du four.

Sortie du four...

Sortie du four...

Et pour accompagner l’ensemble du repas, j’avais demandé à mon caviste un blanc fruité. Il m’a servi un Sancerre 2008 (un Sauvignon) particulièrement surprenant : presque doux, très fruité, avec un léger parfum de fruits exotiques. Idéal pour bien se marier avec les fruits de mer sans en emporter trop le goût ! Bref, au final, l’ensemble fut un régal !
Dans l'assiette

Dans l'assiette

Publicités