L’autre jour, en voulant faire une petite chasse au trésor pour ma moitié, j’ai voulu cacher un petit mot d’indice dans le congélateur. Et là : horreur ! Je réalise qu’il est déjà plein à craquer ! Des glaces et sorbets en tous genre (dont un sorbet tomates – poivrons que j’avais préparé il y a quelques mois et sur lequel j’avais commencé à rédiger un article… ça viendra, ça viendra !), la sorbetière, des fonds de bouillon, quelques restes de plats cuisinés, des morceaux de viande (datant des jours où les bouchers / charcutiers font des grosses promos si on en achète suffisamment…), … Bref, de quoi se nourrir pendant une bonne semaine. Super, mais ça complique ma chasse au trésor si je dois l’obliger à déplacer 3000 éléments avant de tomber sur son indice ! Une solution s’impose : utiliser le paquet qui prend le plus de place. En l’occurrence, un ensemble de cuisses de poulet.

En voyant ces cuisses en train de dégeler, ma moitié se réjouit : « Chouette, on va faire du poulet basquaise ? ». Euh… Non ? Je sais pas ? J’y ai pas encore réfléchi, ça fait pas partie de ma chasse au trésor. Ou alors c’est elle qui me lance un premier indice pour me faire chercher quelque chose de mon côté : le menu du lendemain.
Du coup, je feuillette un par un tous mes bouquins de cuisine à la recherche d’une recette qui m’inspire. Rien. Plein de trucs avec du poulet, mais rien qui me donne réellement envie. Même pas le poulet basquaise, dont je n’ai jamais réellement été fan. Je me rabats donc sur mon ordinateur, et fais chauffer la connexion internet à la recherche d’autres recettes. Trop de choix. C’est ce qui m’énerve à propos des sites de cuisine : il y a souvent bien trop de choses dedans, et je ne sais jamais sur quoi me décider. Tant pis… Dernière solution : arrêter de m’empresser, fermer les yeux, et imaginer ce qui me ferait vraiment envie.
Au bout d’à peine quelques minutes, j’ai enfin une petite idée : une préparation à l’africaine. Je ne sais pas ce qu’il y a dedans, je ne sais pas à quoi ça a goût, mais je suis curieux d’essayer. Ni une, ni deux, je me rebranche sur mon ordi, je cherche « poulet à l’africaine », j’ouvre les 10 premières pages qui me semblent intéressantes, et je compare. Globalement, beaucoup se ressemblent : du bouillon cube, de la pâte d’arachides, du concentré de tomates, et… du poulet.
N’ayant pas de pâte d’arachides chez moi, je descends rapidement à un supermarché exotique que je viens de découvrir juste en bas de chez moi (l’entrée est discrète, donc ce n’est pas forcément évident de savoir qu’il est là…). L’endroit, parfumé d’odeurs des quatre coins du monde, est une véritable caverne d’Ali Baba : parfois, je me demande si mes petites chasses au trésor ne pourraient pas aboutir ici tant il y a de produits qui y donnent envie… Ce jour-là, je me retiens néanmoins de trop m’attarder dans les différents rayons, sachant pertinemment que je risquerais de craquer pour tout et n’importe quoi… Je vais donc directement prendre un gros pot de pâte d’arachides, et au moment où je m’apprête à passer en caisse, je vois une cagette de patates douces qui me font les yeux doux. Surtout une, d’ailleurs, qui semble réellement vouloir finir dans mes bras… Du coup, je craque. Après tout, même si je suis déjà pris, je devrais quand même bien pouvoir la marier avec mon plat, non ?

Le lendemain matin (j’avais prévu de préparer le poulet à midi), je badigeonne mes cuisses (enfin, les cuisses de poulet, hein) de bouillon cube émietté, je les mets dans un saladier, je les recouvre d’un gros oignon émincé et de deux gousses d’ail écrasées, et je les arrose avec le jus d’un citron. Une bonne heure plus tard, je fais griller les cuisses dans une cocotte avec une bonne cuillerée d’huile d’arachide, et dès qu’elles commencent à être bien dorées, je les réserve. Je déglace les sucs de cuisson avec un petit verre d’eau, je laisse réduire, et je mets ensuite à revenir les oignons et l’ail de la marinade pendant quelques minutes. J’y ajoute une grosse cuillerée de concentré de tomates et un verre d’eau, je laisse revenir quelques minutes de plus, et je rajoute deux carottes, une tomate et ma patate douce (toutes pelées et émincées). Dès que je sens que ça commence à accrocher, je recouvre d’eau bouillante, je remue bien, et je laisse mijoter à feu moyen et à couvert pendant une dizaine de minutes. J’y mets ensuite mes cuisses de poulet, pour une vingtaine de minutes de la même cuisson. Pendant ce temps, je mets du riz à cuire à côté, et je dilue quatre bonnes cuillerées à soupe de pâte d’arachides dans de l’eau bouillante avec une petite dose de piments broyés. Je verse ensuite ce mélange dans ma cocotte, je remue bien, et je laisse cuire une dizaine de minutes de plus avant de servir.

Dès la première bouchée et les premiers commentaires des invitées, je me réjouis de m’être décidé pour cette recette : c’est bon, et ça correspond exactement au type de saveurs dont j’avais envie sans vraiment le savoir… Mieux encore : il y a largement assez de riz et de sauce pour un deuxième repas le lendemain !

Poulet à l'africaine

Poulet à l’africaine

Par contre, dans ma réflexion, j’ai fini par oublier de cacher mon indice pour la chasse au trésor… Tant pis, ce plat était déjà une (première) belle surprise pour ma moitié, elle pourra bien attendre un jour de plus avant les suivantes !

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