Autant il y a des plats qui se suffisent à eux-mêmes et qui sont excellents à déguster seuls, autant certains autres prennent encore plus de saveur quand ils sont bien accompagnés. Il y en a même qui supportent aussi bien une préparation simple qu’un peu de raffinement : c’est le cas d’un bon poisson, par exemple…

Le week-end dernier, en allant au marché, j’avais juste l’intention d’acheter une dorade et un bar pour les faire griller tels quels au four et les accompagner d’un petit riz sauvage. Puis en passant devant le maraîcher, je craque sur des beaux bulbes de fenouil qui me faisaient les yeux doux, en me disant que je trouverai bien une occasion d’en préparer pendant la semaine.
Mais de retour à la maison, je me rappelle qu’à part le dimanche soir, il n’y a quasiment aucun moment de la semaine où je mangerai chez moi. C’était d’ailleurs pour ça que j’avais voulu acheter uniquement du poisson au marché. Le fenouil devra donc être mangé le soir même, ou attendre longtemps… Et comme j’aime pas faire attendre les bonnes choses…

Plutôt que de mettre les poissons au four sans rien d’autre qu’un filet d’huile d’olive, je les ai donc « farcis » avec le vert des fenouils, un peu d’aneth et de graines de fenouil, et une demi gousse d’ail écrasée. Ensuite, zou, j’ai enfourné ça pour une quinzaine de minutes (mon four étant petit, ça a été un poisson à la fois, malheureusement…).
Pour ce qui est du riz, j’ai changé mon idée de riz sauvage nature par un petit risotto au fenouil. J’ai fait blondir un oignon émincé, j’ai arrosé d’un peu de vin blanc, ajouté un bulbe de fenouil émincé, et j’ai laissé cuire ça à couvert à feu moyen pendant une quinzaine de minutes. Le temps de cuisson du premier poisson, en fait : c’était juste ce qu’il fallait pour que le fenouil soit fondant. Pendant la cuisson du deuxième poisson, j’ai ajouté du riz blanc, de l’eau, et une pincée de gingembre en poudre. Je me suis alors dit que pour rappeler le parfum de mon poisson, je pouvais ajouter une branche de thym dans l’eau de cuisson. Et pourquoi pas ajouter également un fond de soupe de poisson plutôt que de bêtement saler ? J’ai donc vérifier dans mon congélateur s’il ne m’en restait pas un peu. Et là, miracle : non seulement il y en a, mais juste à côté du bocal, il y a aussi une barquette de sorbet au tamarin maison. En voyant ça, je me suis immédiatement rappelé une remarque que m’avait faite un ami à un précédent dîner : « plutôt qu’en dessert, je verrais très bien ce sorbet en accompagnement d’un poisson ! ». Et si j’essayais ça ?

En attendant l’essai, à la fin de la cuisson du risotto, j’ai juste rectifié un peu l’assaisonnement en sel et ajouté une bonne petite dose de parmesan râpé. Au moment de servir, j’ai donc mis sur la table les deux poissons dans un plat, le risotto dans un autre, un petit ramequin de sorbet au tamarin par personne, et une bouteille de Cabernet au milieu de la table. Le bar comme la dorade avaient bien pris un léger parfum de fenouil et de thym ; le risotto accompagnait ça à merveille, tant par son goût que par sa consistance aussi fondante que celle de la chair des poissons ; et le sorbet au tamarin, pris entre deux bouchées de poisson, ajoutait une note sucrée-acidulée parfaite pour relever le goût des plats.

Le problème avec tout ça, c’est que maintenant, quand j’irai m’acheter un poisson, en plus de le choisir sur l’étal du poissonnier, il faudra aussi que je réfléchisse à la façon dont je vais le préparer…

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