Ce week-end, il faisait froid. Trop froid en tous cas pour entreprendre de grands projets en extérieurs. Le temps idéal pour rester au chaud à la maison, et passer une bonne partie de la journée en cuisine ! L’occasion rêvée pour expérimenter quelques bons petits plats d’hiver, capables de réchauffer instantanément et durablement !

Justement, cela faisait un petit moment que j’avais envie d’essayer de faire des choux farcis. Je mets ça au pluriel, parce que la seule version que je connaissais était la version « cantine scolaire » : une feuille de chou enroulée autour d’une boule de farce, éventuellement bardée d’une tranche de lard, avec un peu de sauce par dessus (ou pas). C’est un plat que j’ai toujours bien apprécié, donc je me disais que la version « maison » pouvait certainement être succulente !
Avant de me lancer tête baissée dans une préparation de base (une farce toute simple avec viande hâchée, épices et mie de pain ; des feuilles de chou blanchies à l’eau bouillante salée ; une petite sauce tomate améliorée ; une cuisson au four), j’ai quand même voulu voir s’il n’y avait pas quelques bonnes idées à glaner dans ma bible du moment (« Le Miamissime », de Maguelonne Toussaint-Samat : un gros pavé plein de bonnes recettes en tous genres, indispensable dans toute bibliothèque qui se respecte).

Le Miamissime

Le Miamissime

La recette donnée par l’auteur n’est pas pour des choux farcis, mais pour un chou farci. Un chou entier, quoi. Il est d’ailleurs précisé que « c’est un plat complet, pour ne pas dire un repas complet. La recette ne convient donc qu’aux grandes tablées, même les restes, froids, sont excellents« . Exactement ce que je cherchais ! Même si notre « grande tablée » se résume à deux personnes, mais ce n’est pas le genre de détail qui peut nous arrêter !

Bon, bien entendu, quand je dis « recette », je pense nécessairement « ne pas suivre ça à la lettre ». Je retiens juste les grandes lignes, et j’adapte à ma sauce, en fonction des ingrédients disponibles et de l’humeur du jour :
– nettoyer le chou, en enlever le trognon, le blanchir une quinzaine de minutes dans de l’eau bouillante non salée, l’égoutter, et en enlever le cœur (en écartant délicatement les feuilles qui le recouvrent, l’une après l’autre)
– faire une farce. La recette la propose avec du foie de porc, du petit salé, des raisins secs, de la mie de pain, du riz, et quelques autres trucs. Je la ferai avec un mélange de viandes hachées (moitié porc, moitié veau), un peu de mie de pain, des oignons caramélisés, de l’ail, quelques herbes, du piment, un peu d’huile, et le cœur du chou émincé.
– faire un bouillon pour y cuire le chou pendant 2h. La recette le propose avec une carotte, une branche de céleri, un poireau, une gousse d’ail et quelques aromates. Je n’ai pas de céleri, mais j’y ajoute deux os à moelle, un morceau de plat de côtes de bœuf et un oignon piqué de clous de girofle.
– farcir le chou en mettant une boule de farce à la place du cœur qu’on a retiré, et un peu de farce entre les feuilles qu’on replie par dessus. Et pour que le chou se tienne pendant la longue cuisson en cocotte, l’envelopper dans un tissu qu’on serre bien comme un baluchon (j’ai utilisé un bout de sac à jambon).
– une fois le chou cuit, le couper en quartiers et le servir avec du pain de campagne dans son bouillon. Ça tombait bien, je venais de faire du pain le matin même ! Par contre, on a utilisé le pain pour se faire des tartines de moelle, puis on a mangé le chou seul (jusqu’à en finir les trois quarts), et pour finir on s’est comblé l’estomac avec un peu de bouillon.

En tous cas, y a pas photo, c’est un plat qui mérite d’être fait et refait tout au long de l’hiver, pour tout un tas de raison :
– déjà, esthétiquement, c’est joli (je dirais même plus : c’est très chou !)
– ensuite, pour les convives qui ont encore une âme d’enfant, c’est comme un énorme œuf surprise ! On a l’impression que c’est juste un gros chou, mais non, quand on l’ouvre, on découvre que l’intérieur est encore meilleur (c’est donc une bonne farce à faire aux enfants !)

Chou farci

Chou farci

– en hiver, y a rien de mieux pour se réchauffer : le bouillon fait toujours plaisir quand on rentre d’une longue journée dans le froid, et le chou et la farce tiennent particulièrement bien au corps (les tartines de moelle aussi !).
– c’est super convivial ! Un gros plat au milieu de la table où tout le monde vient se servir : ça oblige forcément à passer un bon moment ensemble !
Chou farci

Chou farci

– et surtout, surtout, ça remplit une condition essentielle de tout plat qui se respecte : c’est bon !

Par contre, il vaut mieux éviter de prévoir de grandes activités après avoir mangé ça…

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