Au menu du troisième cours de cuisine : les tartes. Plus précisément : une Linzertorte, une tarte aux pommes à l’alsacienne, et une tarte tatin aux poires. Rien de bien exceptionnel, à vrai dire. Ce qui n’empêche pas que ce soit plein de bonnes choses, et que ça permet d’apprendre quelques techniques de base réutilisables à volonté par la suite !

Je m’attarderai aujourd’hui plus particulièrement sur la tarte tatin. Parce que, comme je l’avais déjà mentionné auparavant, je préfère nettement préparer des plats que des desserts, et que la tatin est une tarte qui peut se prêter aux deux jeux.

La version « de base », avec des fruits (des poires, par exemple, mais ça se fait aussi bien avec des pommes, des figues, des abricots, etc.), est on ne peut plus simple. Du moins, dès lors qu’on est bien équipé. Pour celui qui dispose d’une poêle allant au four, c’est un jeu d’enfant ! C’était notre cas pendant le cours.
Il suffit donc de prendre sa super-poêle, d’y préparer un caramel avec 50g de sucre et 20g de beurre (le chef précise : « sans remuer à la spatule, ça vous apprendra à surveiller ! »), d’attendre la seconde précise où le caramel est brun mais ne durcit pas encore, de sortir la poêle du feu, d’y déposer avec précaution trois poires coupées en quarts (et pas plus petit !), de remettre à cuire quelques minutes (sans remuer les poires !) le temps que l’eau des fruits s’évapore, puis de laisser refroidir. Ensuite, on dépose par dessus la poêle un disque de pâte feuilletée (si elle est faite maison, c’est plus long et compliqué), on enfourne 25 minutes à 180°C, on retourne sur un plat en faisant bien attention de ne pas se verser de caramel dessus, et on déguste ! Un délice qu’il n’est certainement plus nécessaire de présenter !

Une fois rentré à la maison, je montre à ma mie ma belle tatin aux poires, et entre deux bouchées, elle me glisse « Mcha chrait bion qu’on néchaie dfare mune tatin maux navets ! » (comprendre : « ça serait bien qu’on essaie de faire une tatin aux navets »). Ah ? Oui, il se trouve qu’il y a quelques années, en été, pendant qu’il réfléchissait au prochain repas de Noël, son père avait vu une recette de tarte tatin aux navets qu’il avait hésité à faire figurer au menu. Apparemment, l’idée l’avait marquée, et c’était maintenant à moi de m’atteler à la satisfaire. La vie de couple engendre bien des contraintes… J’en ai donc glissé deux mots à mon prof de cuisine, qui m’a dit « ah oui oui, c’est très bon, surtout si tu mets des tranches de poitrine fumée au fond, comme ça c’est joli quand tu la retournes ! Mais sinon, tu la fais comme une tatin normale ! ». Soit. Allons-y alors !
Première désillusion : à la maison, pas de poêle allant au four. Il faudra donc utiliser une première poêle, puis un plat. Pendant que je pèle trois gros navets, je commence donc à préparer un bête caramel dans ma poêle. Sauf que je me dis que le gras rendu par les tranches de lard que je viens de faire pré-frire fera aussi bien l’affaire que du beurre.
Deuxième désillusion : à la maison, le caramel ne se réussit pas comme en cours sous le regard du prof. Surtout quand on change les ingrédients ! Allez savoir pourquoi… Le premier (celui avec le gras de lard) a de suite brûlé. Le second (cette fois-ci, au beurre) a durci plus tôt que prévu. J’avais la flemme d’en refaire un troisième, alors j’ai versé ce qui me tombait sous la main pour le faire fondre : un verre de vin rouge, et un demi fond de bouteille de jus de pomme. Le caramel a fondu, ça m’a donné un joli sirop, dans lequel mes navets sont venus se baigner avec grand plaisir !
Troisième désillusion : un navet, c’est beaucoup plus sec qu’une poire. Un petit coup à la poêle ne suffit manifestement pas à le cuire. Même avec un super caramel amélioré. La première poêlée de navets est donc beaucoup trop dure, même après 25 minutes au four, ça restera immangeable. Je me résous donc à les cuire 10 minutes dans une casserole d’eau salée, alors qu’ils avaient déjà imbibé tout mon caramel. Pendant ce temps, j’en prépare donc un troisième. Lui aussi, avec un peu de vin et de jus de pomme (mais moins qu’avant, car les fonds de bouteilles ne sont pas illimités).

Finalement, je remets mes navets à cuire quelques minutes dans le caramel (qui ressemble cette fois-ci beaucoup plus à un sirop). Je les jette ensuite dans mon plat, par dessus les tranches de lard dont j’avais déjà tapissé le fond. Je recouvre ensuite le tout avec ma pâte feuilletée, et j’enfourne. Sans grands espoirs de réussite, j’avoue. Et 25 minutes plus tard, je sors du four et je retourne.
Première surprise : ça a quand même de la gueule ! Pour une fois, je pense même à prendre une photo ! Oui, d’habitude, je pense d’abord à manger, c’est pour ça que j’ai souvent aucune photo à ajouter dans les articles…
Deuxième surprise : c’est bon ! Pas digne d’un 3* Michelin, peut-être, mais ça se laisse manger sans se débattre, et ça mérite largement d’être refait !

Sortie du four...

Sortie du four...

Dans l'assiette...

Dans l'assiette...

Quelques jours plus tard, au marché, en passant devant chez le charcutier, ma mie s’arrête net devant un gros boudin. « Dis, on essaie une tatin boudin-pommes ? Il nous reste plein de pommes, en plus ! ». Comprendre : « ce soir, tu fais une tatin boudin-pommes ! Comme ça, en plus, ça nous débarrassera des kilos de pommes que t’avais achetés la semaine dernière ! ». Soit.
Le soir venu, je me bats donc avec ma poêle, mon beurre et mon sucre dans l’espoir d’en tirer un bon caramel. Une fois de plus, c’est un échec : ce caramel est un dur ! Heureusement, j’avais prévu la bouteille de jus de pommes à côté ! Je jette mes pommes là-dedans, puis le boudin coupé en rondelles, et je laisse cuire cinq petites minutes. Je tapisse ensuite le fond d’un plat avec les pommes, je tartine ça de boudin (parce qu’évidemment, sorties de la poêle, les tranches ne se tiennent plus du tout…), et je recouvre avec la pâte feuilletée (faite avec des restes de pâte maison et de pâtes achetées, que j’avais conservées pliées, et qui n’attendaient plus qu’à être réétalées). J’enfourne, j’attends, je sors du four, je retourne. C’est bigrement moche. Voire pire. En revanche, le goût compense largement l’allure : c’est excellent !
Tatin pommes-boudin

Tatin pommes-boudin

Par contre, même si on peut varier les ingrédients de la tatin et que les résultats sont tous aussi bons les uns que les autres, je pense que j’ai mangé assez de variantes de cette tarte en l’espace de quelques jours pour pouvoir m’en passer jusqu’à Noël !

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