Les 10 jours chez la famille en Italie n’ont pas été de tout repos pour nos petits estomacs. Il faut dire que le rythme qu’on a tenu ne nous a pas aidés. Pour chaque repas, nous étions invités chez quelqu’un de différent, qui s’évertuait donc à mettre les petits plats dans les grands pour nous recevoir. C’est à dire antipasti, énorme(s) portion(s) de pâtes, différentes viandes, légumes variés, salade, charcuterie, tomates, fromages, desserts. En gros, de quoi engloutir à chaque repas les apports nutritionnels d’une semaine entière !

Du coup, dès le retour à la maison, un peu d’exercice et une alimentation un peu plus « légère » se sont avérés nécessaires. Cela dit, pour l’alimentation, ce n’était pas si évident :
– Déjà, quand un estomac a pris l’habitude d’être rempli à ras bord 2 fois par jour pendant 10 jours, il faut le réhabituer à manger « peu » (c’est à dire « une dose normale », quoi…), et supporter pendant une petite semaine d’avoir toujours la sensation de ne pas avoir assez mangé.
– Ensuite, quand on part dans une région où tous les produits sont excellents, on en revient forcément avec quelques « petits souvenirs » : fromages, charcuterie, biscuits, vins, liqueurs, confitures, etc. Et la plupart de ces souvenirs ne sont pas du genre à aimer prendre la poussière sur les étagères, non seulement parce que certains se périment, mais surtout parce que le simple fait de les voir donne envie d’en manger !
– Enfin, peu importe ce qu’on cuisine en rentrant, on a toujours l’impression que c’est mauvais, comparé à la qualité des produits qu’on a pu déguster là-bas. Alors forcément, passer du caviar aux topinambours (c’est globalement l’effet que ça fait…), c’est toujours un peu déprimant…

Mais bon, c’est pas pour autant qu’on s’est laissé aller ! Et avec l’arrivée du temps froid, les soupes ont été présentes au menu régulièrement. En effet, non seulement ça permet de faire rapidement quelque chose de bon, équilibré, qui tient au corps, etc., mais c’est aussi quelque chose qu’on peut faire varier assez facilement. De la soupe de poisson (une version allégée de celle décrite dans un article précédent) à la crème brocolis-courgettes, en passant par le velouté poireaux-carottes et le petit bouillon de légumes, on a toujours trouvé de quoi faire ! Mais une des grandes favorites pour aider à retrouver la ligne a été la soupe pomme-céleri.

Le dimanche qui a suivi notre retour, en allant au marché, le maître mot était « on achète plein de légumes, on verra ce qu’on en fera après ! ». Donc on a fait une razzia chez notre maraîcher, et, entre autres choses, on lui a pris une grosse branche de céleri. Sauf que le céleri branche, compte tenu de l’amertume des feuilles, c’est pas ce qu’il y a de plus appétissant à cuisiner ! Déjà, on a utilisé une partie de la tige en « coupe-faim », pour grignoter à l’apéro ou entre les repas (c’est un peu plus sain que des biscotti…). Et pour le reste, c’est ma chère et tendre qui s’est rappelée avoir lu dans ses magazines féminins que « les smoothies pomme-céleri, il paraît que c’est super bon pour la ligne parce que c’est drainant ». Bon, j’avoue, je ne connais pas grand chose aux bienfaits des différents fruits et légumes ni de leurs associations, je ne sais pas non plus en quoi un légume peut être plus « drainant » qu’un autre, et je ne sais d’ailleurs même pas ce que veut dire « drainant » ni ce que ça a de si bon pour la ligne. Donc ce que j’ai retenu de son truc, c’est que l’amertume des feuilles de céleri pouvait être compensée par la douceur des pommes, et qu’en y ajoutant quelques petits ingrédients, ça pouvait même être bon !

J’ai donc mis à brunir un oignon (avec juste une pincée de sel, et un mini filet d’huile d’arachide), et mis de côté les différents légumes que je comptais utiliser : une pomme de terre (pour épaissir un peu, et apporter une dose de féculents), un navet (pour adoucir un peu le goût), le céleri (quasiment les 3/4 d’une grosse branche, avec les feuilles), un blanc de poireau (parce qu’il allait bientôt être inutilisable), et 2 pommes. J’ai ensuite versé 1 litre de bouillon sur mon oignon, et ajouté un par un dans la cocotte les légumes émincés (dans l’ordre énoncé). J’y ai ajouté une feuille de laurier, deux de sauge, et trois clous de girofle, et j’ai laissé mijoter ça une petite heure. Une fois que ça m’a eu l’air cuit, j’ai sorti les aromates de la cocotte, mixé, ajouté une pincée de gingembre, deux tours de moulin à poivre, une petite cuillerée de miel (parce que c’était encore un tout petit peu trop amer), et servi ça dans deux bols avec des quartiers de pomme. Et en cachette, dans mon bol, je me suis versé une bonne petite lichette de crème fraîche, parce que bon, quand même, c’est meilleur avec ! Mais chut !

Et même sans cette petite touche finale, c’était quand même un plat avec tout plein de qualités :
– c’est « drainant », et validé « bon pour la ligne » par les magazines de filles
– ça remplit l’objectif « 5 fruits et légumes par jour » (donc c’est conforme avec toutes les publicités qu’on voit, même si on sait toujours pas vraiment à quoi ça correspond concrètement…)
– c’est végétarien (et ça « protège » les gentils petits animaux à poils et à plumes)
– ça fait pas beaucoup d’émissions CO2 parce que les légumes viennent de chez des producteurs locaux (bon, le poireau provoque quelques autres émissions après la digestion, mais c’est une autre histoire… Quelques graines de fenouil dans la soupe peuvent éventuellement diminuer l’effet tout en donnant un peu de goût)
– c’est bon, et on peu se le manger tranquillement au chaud sous la couette devant un bon film (en se promettant quand même de faire de l’exercice dès le lendemain…) !

Soupe pomme-céleri

Soupe pomme-céleri

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