En ce moment, je n’ai pas autant de temps que ce que je voudrais pour cuisiner. Mais ce n’est pas pour autant une excuse pour manger n’importe quoi et n’importe comment !

Ces derniers jours, donc, mes plats demandaient une préparation relativement simple et rapide, mais n’en étaient pas moins bons pour autant :
– bar au four avec quelques gousses d’ail, quelques branches de thym et un filet d’huile d’olive : 2 minutes de préparation, 20 minutes de cuisson
– assiette de riz cuit à l’eau avec une feuille de laurier, deux clous de girofle et trois capsules de cardamome, et arrosé d’un filet d’huile aromatisée et d’une pincée de curcuma : 1 minute de préparation, 12 minutes de cuisson
– tomates simplement coupées en deux et saupoudrées de deux tours de moulin à poivre, d’une pincée de fleur de sel, et d’un filet d’huile au basilic maison : 1 minute de préparation
– …

Au final, c’est toujours un régal ! Ça me rappelle une discussion que j’avais eue avec un hôte à Amsterdam. Celui-ci s’émerveillait de la simplicité de beaucoup de plats italiens, et nous racontait, avec des étoiles plein les yeux, une de ses expériences dans un petit restaurant de campagne là-bas. Il voulait découvrir la gastronomie italienne, et avait choisi un plat au hasard. Lorsque le serveur lui a apporté un simple poulet rôti, il a été extrêmement déçu : le poulet rôti, il pouvait en manger n’importe où ailleurs, et ce n’était jamais vraiment extra. Mais dès qu’il a commencé à le sentir, et dès qu’il en a goûté une première bouchée, il a été conquis ! Le poulet était rôti juste comme il fallait, salé et poivré juste comme il fallait, et aromatisé avec juste les herbes qu’il fallait. Rien de plus, rien de moins. Et ça a été le meilleur poulet qu’il ait mangé en plus de 60 ans !

Dans le même ordre d’idée, certains plats de la cuisine indienne illustrent bien à quel point quelques ingrédients basiques peuvent suffire pour se ravir les papilles. Il s’agit des plats qu’on mange sur le pouce dans la rue (en particulier ceux qui composent les thalis, plateaux avec un assortiment de petits plats), ou qu’on peut avoir la chance de goûter quand on se fait inviter chez l’habitant dans les petits villages. La plupart de leurs plats sont finalement beaucoup plus simples qu’il n’y paraît, mais ils ont quelques ingrédients qui font toute la différence. Un de mes plats préférés, là-bas, était le palak masala : de simples épinards cuits avec un assortiment d’épices locales (le garam masala), et éventuellement un peu de yaourt ou d’un fromage type vache qui rit. Servis avec des chapatis (le pain local : de la farine et de l’eau, souvent cuit à même la flamme sur une petite gazinière), c’est un régal ! Tellement bon que je n’ai pas pu m’empêcher de rapporter une bonne dose de garam masala !

Du coup, maintenant, quand j’ai envie de préparer quelque chose qui ait l’air un peu élaboré mais sans y passer trop de temps, j’achète un gros sac d’épinards frais, je les lave, je les essore, puis je les jette dans ma cocotte avec une noix de beurre, un peu de sel, une petite cuillérée de garam masala et un demi yaourt (ou deux vaches qui rient), et je laisse cuire ça à feu vif 5 minutes. Une fois en bouche, ça transporte directement en Inde, et c’est tellement bon qu’on a à peine le temps de remarquer que les assiettes se vident en quelques minutes.

Saveurs indiennes

Saveurs indiennes

Comme quoi il n’est jamais forcément nécessaire de passer des heures aux fourneaux, d’utiliser des dizaines d’ustensiles et de casseroles différentes, et des centaines d’ingrédients. Même s’il s’agit d’un loisir agréable (pour le passe-temps que ça représente, et pour la magie qu’il y a derrière), ça ne garantit pas toujours les meilleurs résultats.
Bref, j’avoue, le plaisir de passer du temps en cuisine me manque. Mais heureusement, le plaisir de bien manger est toujours là !

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