Parmi les choses que j’aime particulièrement, il y a :
– cuisiner
– feuilleter les livres de recette qui peuplent mes étagères
– recevoir des cadeaux
– goûter des plats d’origines diverses et variées
– les belles photos
Alors forcément, le jour où j’ai découvert dans ma boîte aux lettres un paquet cadeau venant de Suède et contenant un livre de recettes suédoises superbement illustré, j’étais content ! Mais une fois passées la surprise et la joie de feuilleter ce cadeau, quelques problèmes se posent…

Surprise !

Surprise !

Premier problème : par où commencer ? Tous les plats donnent autant envie les uns que les autres, c’est dur de se décider pour le premier… Le plus typique ? Le plus simple ? Le plus joli ? Celui qui apparaît en premier ? Une page au hasard ? Ne pouvant me résoudre à choisir seul, je profite donc du message de remerciement que j’envoie pour demander conseil. Les quatre invitées que j’avais hébergées un mois avant sont unanimes : les cinnamon buns ! Ou kannelbulle en suédois. Le bouquin les décrit comme délicieux quand ils sortent tout juste du four, accompagnés d’un verre de lait. Allez, ça a l’air d’être une valeur sûre, je me lance !

Deuxième problème : les ingrédients. Comme le bouquin est écrit en anglais, et que les plats sont censés être locaux, y a non seulement des problèmes potentiels au niveau de la traduction, puis un problème d’éventuelle non disponibilité des produits en France. White syrup ? Softened butter ? Ground cinnamon ? Bon, on fera avec ce qui ressemble le plus…

Troisième problème : les indications. Parce que non seulement, c’est encore en anglais. Mais ça, c’est pas grave, on arrive toujours à comprendre. Mais pas mal de trucs sont écrits de façon poétique, et donc c’est pas forcément très précis… Du coup, on interprète comme on peut. Globalement, si j’avais à traduire, je dirai :
Pour la garniture, c’est assez simple, il suffit de bien mélanger, dans un bol :
– 6 cuillerées à soupe de sucre en poudre
– 4 à 6 cuillerées à café de cannelle en poudre
– du beurre (l’équivalent, à l’œil, de 8 cuillerées à soupe de softened butter…)
Ça donne une pâte épaisse pas super appétissante, à garder de côté pour la suite…
Pour préparer la pâte, c’est presque comme une brioche :
– de la levure de boulanger (pas de quantité précise indiquée dans le bouquin…)
– 100g de beurre (à faire fondre) et 400ml de lait. A faire chauffer avec le beurre « jusqu’à ce que ce soit chaud au toucher », et à verser sur la levure avant de bien mélanger.
– 100ml de white syrup (un ami m’a dit « tu prends 100ml d’eau, 30g de sucre, et c’est bon. N’en mets pas plus, la levure aime pas le sucre, ça risquerait d’empêcher ta pâte de lever ! ». Soit.) A rajouter à la levure, au beurre et au lait.
– une pincée de sel
– de la farine (« approx. 1-1,2 litre »… Soit…). A rajouter progressivement à la mixture, « jusqu’à ce que la pâte sorte par le bord du bol ». J’ai compris « jusqu’à ce que la consistance soit suffisamment ferme pour pouvoir avoir une bonne boule de pâte qui colle pas partout quand on la sort. Qu’elle soit capable de se hisser elle-même hors du saladier, et de tenir debout à côté, comme une grande ! Comme une pâte à pain, quoi. ». Ma moitié a compris « bah comme y a de la levure, ça va finir par lever, et par déborder du saladier. Ah, oui, mais ils précisent pas de quelle taille doit être le « bowl »… Bah jusqu’à ce que ça lève assez, alors ! ». J’ai retenu la première option, ce qui m’a valu d’ajouter 300g de farine de plus que le litre initial (1 litre correspond environ à 700g). Et donc, un peu plus de levure que celle que j’avais prévue au départ. Mais ça m’a donné une belle pâte, que j’ai pu laisser lever 45 minutes à température ambiante.
Pour la suite :
– Une fois la pâte levée (ça fait une bonne grosse boule !), il faut la pétrir jusqu’à ce qu’elle ait l’air encore mieux (« brillante et élastique »).
– La diviser en deux boules de taille égale, et étaler chaque boule en rectangle (à voir différentes photos sur internet du résultat final, j’ai cru comprendre que l’épaisseur de la pâte étalée importait peu, ça donne juste un kanelbulle différent).
– Ensuite, étaler la garniture sur chaque rectangle (c’est pas évident, parce que la pâte reste un peu collante, et la garniture est épaisse… mais bon, on finit par y arriver !), et rouler la pâte selon le plus grand côté du rectangle.
– Couper chaque rouleau en 16 rondelles, et placer chaque rondelle dans des moules individuels (ou sur du papier cuisson sur une plaque allant au four).
– Laisser lever 30 minutes de plus.
– Enfourner 6 à 8 minutes à 250°C, après avoir éventuellement badigeonné le dessus de chaque kanelbulle avec un œuf battu et saupoudrer de petits morceaux de sucre pour faire comme sur les photos. J’ai dû laisser 10 minutes, sinon ça me paraissait pas assez cuit. J’avais plus d’œufs au frigo, j’avais pas de petits morceaux de sucre non plus, donc je me suis contenté de mettre un peu de sucre glace après la cuisson. Voilà un petit aperçu de la première fournée :

Cinnamon buns

Cinnamon buns

Quatrième problème : tout au long de la préparation et de la dégustation, il n’y a personne d’assez qualifié pour dire « oui, la pâte doit ressembler à ça ! », « oui, c’est comme ça que ça doit être cuit, il faut pas laisser plus longtemps ! », « oui, c’est le même goût qu’en Suède ! », etc. Du coup, ça se trouve, ce que j’ai fait n’a rien à voir avec le kanelbulle suédois. Mais pour ainsi dire, je m’en contrefiche : que ça ressemble ou non à l’original, c’est quand même bigrement bon, surtout quand c’est encore tout chaud ! Et en plus, ça parfume salon et cuisine avec une agréable odeur de cannelle jusqu’au lendemain matin ! Il me tarde d’essayer une nouvelle recette ! Et il me tarde encore plus que d’autres invités m’envoient un cadeau !

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