Cet été, sur Paris, il a commencé à faire bigrement chaud très tôt. Un jour où la chaleur était à son paroxysme (ou presque, mais faut bien donner une dimension épique au début du texte, non ?), je suis allé me réfugier au frais dans un magasin d’électroménager. Ironie du sort, il s’agissait justement de la chaîne qui sponsorise la météo, comme pour faire passer le message « il va faire une température insupportable aujourd’hui, mais venez-donc dans notre magasin, on a la clim, et plein de trucs à vous vendre ! ». Cool ! Profitons-en pour utiliser les chèques cadeaux qui commençaient à moisir dans mon portefeuille ! Sauf que malheureusement, à part d’un peu d’air frais, je ne pense pas avoir besoin de grand chose… Je me promène quand même dans les rayons, le temps de ramener mon corps à une température acceptable, et d’attendre qu’un siège massant se libère. Et là, au hasard d’un croisement, je tombe nez à nez avec…
*** Une sorbetière ! ***
(oui, les petits astérisques, c’est pour donner un effet « Tada », comme dans les films à suspense…)
Bref, autant je voyais pas trop l’intérêt d’investir dans un aspirateur, un robot ménager, une télé, ou une autre connerie du genre. Autant là, compte tenu de la chaleur ambiante, je me suis dit qu’une sorbetière pourrait éventuellement me rendre service. Allez, soyons fous ! Je passe ma commande, je vais payer, je m’arrête dix petites minutes sur le siège massant, je récupère la marchandise, et hop, je me dépèche de rentrer pour mettre la bestiole en route !
Malheureusement, les sorbetières abordables ne sont pas capables de produire du froid : il faut mettre un truc au congélateur pendant une bonne dizaine d’heures (minimum) avant de pouvoir espérer s’en servir. Il faudra donc attendre un peu avant d’espérer manger un bon bac de glace… Cela dit, ça laisse le temps de réfléchir à ce avec quoi je vais pouvoir nourrir la machine !

Problème : en été, les fruits de saison sont relativement nombreux. Le choix s’avère donc assez difficile… J’essayai donc de réfléchir aux fruits qui me feraient le plus envie, mais l’odeur du fond de bouillon que j’étais en train de préparer ne m’aidait pas trop à me concentrer sur des idées de dessert. Oui, ma grand-mère m’avait donné tout un tas d’herbes aromatiques (marjolaine, sauge, mauve, thym, romarin, menthe, lavande, sarriette, citronnelle, …), et je m’étais dit qu’après avoir mis de côté toutes les « feuilles » pour les faire sécher, il était dommage de jeter les grosses tiges. Après tout, elles devaient certainement avoir du goût elles aussi ! Je les avais donc toutes mises dans mon fond de bouillon. Toutes, sauf la lavande, que je m’étais gardée à part pour parfumer le linge, parce que je n’osais pas trop m’en servir en cuisine.
Par curiosité, je me suis quand même demandé si la lavande pouvait être utilisée dans des desserts. En farfouillant dans mes différents bouquins de cuisine, je suis alors tombé sur une recette de pannacotta abricots-lavande. Bah pourquoi pas, après tout ? Une fois mon bouillon terminé, je suis donc allé acheter un bon kilo d’abricots pour pouvoir préparer la glace le lendemain.

Le lendemain, la sorbetière étant normalement prête à être utlisée, j’ai pu commencer la préparation.
Pour la lavande, j’ai suivi la recette de pannacotta : j’ai mis les fleurs d’une dizaine de têtes à infuser une dizaine de minutes dans deux dizaines de cl de crème fleurette.
Pendant ce temps, j’ai dénoyauté mes abricots (dont le stock avait mystérieusement réduit à 800g dans la nuit…), je les ai mis dans une casserole à feu fort (avec un petit fond d’eau et du sucre), et dès que les peaux ont commencé à être détachables (après une petite dizaine de minutes), je les ai enlevées (et mangées, pour ne pas laisser de traces !). J’y ai ajouté ma crème à la lavande (filtrée), puis j’ai remué, goûté, ajouté du sucre parce que ça en manquait, et mixé le tout (parce qu’en plus, les sorbetières premier prix ne mixent pas !).
Comme c’était encore un peu trop épais (le manuel de la sorbetière précise qu’elle préfère les préparations liquides), j’y ai ajouté un peu d’eau et de lait, et à nouveau une cuillérée de sucre pour rectifier le goût.
La sorbetière étant particulièrement difficile, elle n’aime pas qu’on lui donne des aliments trop chauds, alors c’est comme pour les bébés, il faut d’abord mettre à température (en l’occurrence, aussi proche que possible de 0°C).

Une bonne heure plus tard, tout était (enfin !!!!!) prêt pour la phase finale, dont le déroulement dépend certainement de chaque sorbetière, mais ressemble quand même globalement à ça :
– sortir le bac de la sorbetière du congélateur
– y monter les autres pièces (moteur & compagnie)
– mettre le moteur en marche (après l’avoir branché, ça va de soi…)
– verser la préparation
– regarder ce qui se passe avec des yeux ébahis
– pousser un gros « Ouuuaaaaahhhh, trop bien !!! » au moment où la glace commence à se solidifier
– attendre quand même que la sorbetière fasse signe qu’elle a fini son boulot
– se régaler (parce que le résultat est non seulement rafraîchissant, mais aussi très bon !)
– nettoyer toutes les pièces de la sorbetière en prenant les précautions indiquées dans le manuel, et vite remettre le bac au congélateur pour pouvoir le réutiliser aussi vite que possible !

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