Cailles farcies, cocottes par-là…

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Le fait que les commerçants du marché fassent de grosses promos sur les produits qui leur restent juste avant de fermer est quand même la meilleure excuse qu’on puisse imaginer pour faire la grasse matinée le Dimanche. Cette semaine, notre volailler nous en a encore offert une preuve. Bon, accessoirement, il nous sait fragiles et influençables et sait comment nous apprivoiser, donc ça facilite les choses… Aussi, en nous voyant passer à proximité, il nous interpelle, nous demande des nouvelles, et nous laisse entendre qu’il lui reste cinq cailles qui n’attendent que nous, qu’il serait obligé de nous vendre les 5 d’un coup alors que normalement elles viennent par lots de 4, et qu’il est même prêt à nous faire un petit prix… Forcément, hein, quand on me prend par les sentiments comme ça, je craque, moi ! D’autant plus que, dernièrement, après avoir inauguré le set de mini-cocottes qu’on m’avait offert à Noël, je suis toujours à la recherche de la moindre occasion pour les utiliser. Et là, ces jolies petites cailles qui avaient l’air d’être pile poil de la taille des mini-cocottes sonnaient comme une invitation !

Petites cocottes - délicieuses recettes

Petites cocottes – délicieuses recettes

Le livre de recettes en mini-cocottes qu’on m’avait offert avec le set a ensuite confirmé ça : dans les premières pages, il y avait une recette de cailles aux fruits secs qui semblait appétissante à souhait (soit dit en passant, c’est une des rares recettes du bouquin qui justifie vraiment l’utilisation des cocottes : pour la plupart des autres, les cocottes servent plus pour la présentation que pour la préparation et la cuisson). En plus, elle était aussi simple que rapide à faire. En gros, il suffit de laisser tremper des fruits secs (raisins et abricots) dans de l’eau tiède avec une cuillerée de miel et un peu de cannelle (j’ai aussi ajouté un peu de gingembre : le pot était juste à côté de celui de cannelle, et je me suis dit que ça pouvait pas nuire…), puis de faire revenir un oignon émincé (et, éventuellement, une gousse d’ail) à la poêle dans un peu d’huile d’olive et d’y ajouter les fruits secs avec leur eau de trempage juste avant d’arrêter la cuisson. Après ça, on farcit les cailles avec cette sauce, on les fait dorer quelques minutes à la poêle, on les dispose dans les mini-cocottes en les recouvrant du reste de sauce (et du couvercle…) et en saupoudrant d’un peu de sel et de poivre, et pof, c’est prêt à enfourner une petite demi-heure à 200°C. Un petit plat de semoule pour accompagner, une bonne petite bouteille de Boulaouane rouge pour arroser (à défaut, je suppose qu’un simple Pinot noir fait très bien l’affaire), et hop, le tour est joué ! Et une fois les plats terminés et les doigts bien gras d’avoir rogné les carcasses, on se dit que c’est pas désagréable de suivre les recettes à la lettre une fois de temps en temps…
Cailles en cocottes

Cailles en cocottes

Un souci avec ces sushis ?

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Tout a commencé par une envie de brochettes de poulet sauce satay (à la thaïlandaise, avec une sauce aux arachides). Un bouquin traînait à la maison, ma moitié est tombée sur cette recette, et voilà qu’elle commence à m’en réclamer comme un chat affamé miaule pour avoir sa pâtée du Dimanche. Soit, on les fera, ces brochettes !

Le lendemain, au marché, on passe donc faire un tour chez le volailler pour lui prendre deux beaux blancs de poulet. Mais, au moment de finir notre petit tour du marché, on passe devant le poissonnier qui faisait une promo assez exceptionnelle sur des maquereaux (les 4 pour seulement 2 euros : il était déjà plus de midi, et il leur restait un gros stock à écouler…). Evidemment, j’ai craqué. Et on s’est donc retrouvés avec quatre maquereaux dont on ne savait pas bien quoi faire… De retour à la maison, j’ai regardé rapidement dans quelques autres bouquins qui traînaient par là, pour voir s’il y avait quelques recettes intéressantes, et le seul truc qui a retenu mon attention a été une recette de sushis. Oui, il faut savoir que, sur les deux derniers Noël, sous prétexte que j’avais passé 3 mois au Japon et que j’avais beaucoup apprécié mon séjour, on m’avait acheté deux bouquins de recettes sur les sushis, et un lot de deux petites assiettes rectangulaires spéciales pour les servir. Alors que les sushis sont bien loin d’être ce que je préfère dans la culture japonaise, et que c’est vraiment le dernier truc que j’aurais envie de cuisiner moi-même. Mais bon, là, je me suis dit que ces maquereaux étaient peut-être un signe du destin pour que je fasse enfin honneur à mes cadeaux de Noël…

Mes leçons de sushis

Mes leçons de sushis

Sauf que bon, pour faire des sushis, il faut du riz japonais, du vinaigre de riz, du vinaigre de framboise, des algues, un autocuiseur, et plein d’autres ustensiles et ingrédients aussi indispensables qu’introuvables un dimanche midi autour de chez nous… Il était 12h45, le petit magasin exotique de notre rue fermait dans moins de 15 minutes : j’ai quand même tenté ma chance là-bas pour essayer d’y glaner tout ce que je pouvais. Le bilan était maigre, mais déjà pas mal : du riz japonais, et du vinaigre de riz. Pour le reste, il allait falloir que je m’adapte (oui, une fois que j’ai vraiment décidé de préparer un truc, je préfère m’adapter avec les ustensiles / ingrédients disponibles plutôt que de changer de recette !). Et c’est là que les sushis ont commencé…

Premiers sushis : en suivant (à peu près) les recettes

Compte tenu du temps nécessaire pour la préparation des maquereaux (entre 3h et 2 jours de marinade selon les recettes) et de l’heure avancée, j’ai décidé de préparer un petit plat rapide pour le midi, et de réserver les sushis pour le soir.
Pendant l’après-midi, je me suis donc occupé à faire plein de travaux manuels !

Préparation du riz
Parce que le riz Uncle Ben’s, c’est tellement simple à faire que c’est pas drôle, les japonais préfèrent utiliser un riz rond gluant plus compliqué à préparer (mais, il faut le reconnaître, qui s’avère nettement plus adapté à la préparation des sushis !). Il faut le rincer 4 ou 5 fois à l’eau froide pour en enlever l’amidon, puis le faire tremper quelques heures dans de l’eau froide, avant de le faire cuire (pour le coup, j’ai remplacé l’autocuiseur par une cuisson à la casserole à feu assez doux et à couvert : le résultat n’était peut-être pas optimal, mais largement acceptable). Après ça, il faut le transvaser dans un saladier (les japonais ont un truc spécial, mais un saladier normal fait très bien l’affaire) en arrosant d’un mélange de vinaigre de riz, de sucre et de sel (il faut se démerder pour que tous les grains aient eu leur dose de ce mélange, sans trop remuer pour que le riz reste bien collant), et laisser revenir à température ambiante.

Préparation des maquereaux
Peu importe la recette, il faut d’abord nettoyer les poissons, retirer les abats et séparer les filets. Pour ça, il faut juste s’armer d’un peu de patience, c’est finalement plus facile à faire qu’à écrire. Ensuite, pour la marinade, en faisant un mix entre ce que disaient mes livres de sushis (2 jours de marinade entre sel et vinaigre) et les recettes glanées sur internet, j’en suis finalement venu au combo suivant : 1h de marinade dans du sucre, rinçage, 2h30 dans du sel, nouveau rinçage, et 1h dans du vinaigre de riz pour finir. Après ça, il ne me restait plus qu’à enlever la membrane transparente qui recouvre la peau des maquereaux (ça s’enlève comme la protection d’écran d’un nouveau téléphone !), et les filets étaient prêts à être utilisés sur les sushis.

Préparation de shiitakes
Bon, comme je voulais quand même varier un peu les saveurs (c’est un peu le principe intéressant des sushis, non ?) et que j’avais quelques shiitakes (champignons asiatiques) séchés en stock (cadeau ramené par une amie après un voyage en Thaïlande), je me suis dit que j’allais aussi faire des petits makis aux champignons. Par la même occasion, ça me faisait utiliser une deuxième recette assez simple d’un des bouquins. Pour ça, il n’y avait qu’à laisser les champignons tremper quelques heures dans de l’eau froide, puis à les mettre à cuire une grosse demi-heure à feu doux avec l’eau de trempage, de la sauce soja et du sucre. Et à les couper en lamelles pour mieux les utiliser dans les makis, aussi…

Préparation de « crêpes »
Oui, bon, à défaut de nori (les algues japonaises utilisées pour les makis), j’avais vu qu’on pouvait faire une variante de crêpes pour les remplacer sur des sushis sucrés. Pourquoi pas, après tout ? J’ai donc mélangé un œuf avec une vingtaine de centilitres de lait, 100g de farine et un trait de sauce nuoc-mâm, cuit ça comme des crêpes très fines, et hop, le tour était joué !

Dressage des sushis
La partie la plus orientée « travaux manuels », et la plus ludique. Une fois les mains humidifiées avec de l’eau vinaigrée (pour éviter que le riz colle aux mains, sinon ça devient vite assez énervant !), j’ai préparé des petits boudins de riz de la taille d’un sushi pour les recouvrir avec des demi-filets de maquereaux, et j’ai coupé une crêpe en rectangle pour la recouvrir d’une couche de riz, d’une rangée de shiitakes, et pour rouler le tout et couper ça en 8 jolis petits makis.

Service
Au moment de servir, j’en profite pour ressortir un cadeau fait par un collègue japonais : des repose-baguettes en céramique, avec des représentations de figures de Nô peintes à la main. Et en guise de boisson, pour rester dans l’esprit japonais, je sers ça avec un thé genmaicha (thé vert japonais mélangé à des grains de riz grillés). Accessoirement, ça se marie très bien avec le poisson et les plats un peu vinaigrés.

Sushis au Maquereau et Makis aux Shiitakes

Sushis au Maquereau et Makis aux Shiitakes

Bilan du dîner : certes, c’est long à préparer (je m’y attendais un peu, j’avoue, mais quand il fait moche dehors, c’est plutôt un plaisir qu’autre chose !), mais c’est joli sur la table, c’est bon, et ça permet de découvrir la saveur d’un poisson qu’on n’avait encore jamais goûté ! Bon, ça ne suffit quand même pas à me réconcilier avec les sushis, mais c’est déjà un bon début ! Même si je reconnais que les shiitakes préparés comme ça, c’est un régal !

Sushis suivants : en sortant des recettes…

Accessoirement, avec tout le temps passé à préparer ces sushis, j’en avais complètement oublié mon idée de base (et je suppose que tous ceux qui auront lu jusque-là auront aussi complètement oublié de quoi parlait le début de cet article…). Une certaine envie de brochettes de poulet, ça vous dit quelque chose ? Je m’en suis rappelé après avoir terminé le dernier sushi… Et même si ça a complètement chamboulé mon plan de dîner, au final, ça m’a plutôt bien inspiré pour la suite !

Parce que voilà, tout obnubilé que j’étais par mes sushis après mon passage chez le poissonnier, j’avais fini par oublier que, pour préparer les brochettes, il fallait que j’aille acheter des pics à brochettes et du riz thaï pour l’accompagnement. Et comme, le dimanche soir, après une après-midi entière passée en cuisine, je me suis dit que j’aurais très certainement la flemme de retourner faire des courses le lendemain, je me suis dit qu’au lieu de brochettes, j’allais préparer mon poulet sauce satay façon sushi ! Et c’est là que les sushis ont recommencé !

Marinades…
Le lendemain soir, donc, j’ai préparé une nouvelle dose de riz japonais (en laissant tremper un peu moins longtemps, par défaut de temps). J’ai ensuite découpé mes blancs de poulet en lamelles un peu plus grosses qu’un sushi pour les mettre à mariner une bonne heure dans un mélange de sauce soja, de miel, de gingembre, de graines de coriandre moulue, d’un peu d’huile pimentée et d’un fond de vin blanc moelleux (histoire de finir une bouteille qui restait au frigo, et, accessoirement, parce que ça s’équilibre bien avec le miel et que ça ajoute un peu d’acidité à la marinade).

La sauce satay
Pendant que le poulet marinait, j’ai préparé une sauce satay. Bon, il y a certainement autant de recettes pour cette sauce que d’habitants en Asie du Sud-Est, donc je me suis permis de me réapproprier un peu tout ça. J’ai donc pilé dans un mortier une bonne poignée d’arachides (grillées, salées, et débarrassées de leur peau), puis je les ai mélangées avec quelques cuillerées de lait de coco, un peu de sauce soja, une petite cuillerée de miel (en l’occurrence, du miel de bruyère produit par mes parents : comme il est très parfumé, j’essaie de limiter les doses sinon ça donne vite trop de goût…), le jus d’un demi citron vert, une gousse d’ail écrasée, et un peu de piment en poudre (pour rehausser la couleur plus que pour le goût). Comme le lait de coco que j’avais été plutôt liquide, la consistance du mélange était pas terrible (pas aussi pâteuse que je l’espérais, en tous cas). J’ai donc décidé de la mettre à réduire en la laissant quelques minutes dans une casserole à feu doux, jusqu’à ce que ça s’épaississe suffisamment.

Le final
Une fois la sauce prête, j’ai mis le riz à cuire (de la même manière que la veille, le Père Noël n’ayant pas apporté d’autocuiseur à la maison en plein mois d’Avril…), puis j’ai sorti le poulet de sa marinade pour le mettre à revenir une petite dizaine de minutes à la poêle (à couvert et à feu doux pour que ça reste assez moelleux). Après ça, il ne me restait plus qu’à vinaigrer un peu le riz (moins que pour des sushis « normaux », mais un peu quand même), puis à dresser les sushis et à les disposer dans les assiettes.

Sushis au Poulet sauce satay

Sushis au Poulet sauce satay

Et histoire de rester dans un gros mélange de cultures (et, au passage, d’équilibrer le goût de la sauce satay avec une note fraîche et acidulée), j’ai servi ça avec une bête bière 1664 blanche (celle qui précise « avec une note d’agrumes »). Un régal. Le genre de plat qui ne ressemble plus vraiment à des sushis, mais qui peut être capable de me réconcilier avec eux !

Des flans aux poireaux : un plan pas foireux…

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La dernière fois que je suis passé chez mon maraîcher, il vendait des poireaux absolument gigantesques (l’effet fin de saison, probablement…). Je me suis dit que, compte tenu de la taille des feuilles, c’était une occasion idéale pour préparer quelque chose du type papillote, et j’ai craqué : j’en ai acheté une botte. Ce n’est qu’une fois revenu devant mon frigo que je me suis rappelé que, par manque d’occasions pour cuisiner dans la semaine, je n’avais pas vraiment regarni ni le frigo ni les placards… Du coup, je n’avais rien de bien intéressant en stock pour garnir mes papillotes. Et comme les feuilles de poireaux finissent généralement par s’abîmer assez vite, si j’avais attendu la semaine suivante, elles auraient risqué d’être déjà devenues inutilisables. Il fallait donc faire un choix : sortir acheter un petit supplément ? utiliser ces poireaux comme s’il s’était agi de poireaux quelconques ? ou bien essayer de trouver une solution intéressante avec les quelques autres ingrédients disponibles ?

Comme ça faisait un moment que je n’avais pas eu l’occasion de cuisiner des trucs un peu originaux, j’ai vite opté pour la troisième option. Je suis donc reparti pour une deuxième fouille approfondie de mes placards, qui s’est avérée aussi infructueuse que la première. A part quelques carottes et quelques œufs, rien de bien croustillant à se mettre sous la dent… Pire que ça, pour la première fois depuis longtemps, le stock d’oignons était complètement épuisé (comme j’ai tendance à en utiliser partout, quand j’en ai pas, ça me manque) !
Je me suis donc dirigé vers ma réserve de bouquins de recettes, en me disant qu’avec un peu de chance, j’arriverais à tomber sur une recette qui m’inspire quelque chose. Et en arrivant devant l’étagère « cuisine » de la bibliothèque, je me suis retrouvé nez-à-nez avec un bouquin reçu à Noël sur des recettes à faire en mini-cocottes (le bouquin m’avait été offert avec un set de quatre mini-cocottes, ce qui peut effectivement s’avérer utile pour réaliser ces recettes…). Et finalement, je n’ai même eu pas besoin d’ouvrir le bouquin pour trouver une idée qui me plaise : des petits flans aux poireaux, cuits en mini-cocottes, avec des feuilles de poireaux en guise de pâte !

Tout content de moi, je retourne donc en cuisine. Je coupe les feuilles du plus gros poireau, je les lave, et les mets à blanchir une vingtaine de minutes dans une casserole d’eau bouillante. Pendant ce temps, je lave et j’émince le blanc, et je le fais revenir à la poêle avec une grosse noix de beurre. A mi-cuisson, j’arrose d’un petit verre de vin blanc (un vin moelleux quelconque, mais bien fruité quand même) et j’ajoute une bonne pincée de sel.
Alors que les blancs finissent de cuire, j’égoutte les feuilles, et je me rends compte qu’au milieu du vert, il y a également quelques feuilles jaunes (celles du cœur) qui sont suffisamment larges pour être utilisées de la même manière. Je me dis que ça peut être une bonne excuse pour faire deux types de flans différents : des flans aux blancs de poireaux, servis dans les feuilles vertes, et des flans aux carottes (le seul autre ingrédient à ma disposition…), servis dans les feuilles jaunes. Comme j’ai quatre mini-cocottes (de deux couleurs différentes), je décide donc de faire deux flans de chaque type. Et, histoire d’améliorer encore le contraste, je fouille dans mes épices pour trouver de quoi bien différencier les deux types de flans.
– Pour les flans aux poireaux, je prends du curcuma (pour donner une couleur un peu plus jaune), du gingembre et de la cardamome (pour donner un goût un peu frais et léger), et j’ajoute ça immédiatement aux blancs qui vont finir de cuire.
– Pour les flans aux carottes, je mets de côté du piment doux (quasiment sans goût, mais qui donne une belle couleur rouge orangée) et du quatre épices (pour donner une saveur un peu plus chaude et sucrée). Il ne me reste plus qu’à préparer les quelques carottes de la même manière que les blancs de poireaux (émincées finement, revenues avec une grosse noix de beurre, et arrosées avec un fond de bouillon de bœuf).

Préparation...

Préparation…

Pendant que les carottes finissent de cuire, je tapisse le tour et le fond des mini-cocottes avec les feuilles des poireaux, et je prépare la base du flan (4 œufs, une vingtaine de centilitres de lait, un peu de crème liquide, du sel, du poivre). Il ne me reste plus qu’à séparer ce mélange en deux, à en mélanger une moitié avec les blancs de poireaux et l’autre avec les carottes, à verser dans les mini-cocottes, et à mettre à cuire pendant une bonne demi-heure à 150°C.

Une fois sortis du four, je me démène tant bien que mal pour démouler les petits flans sans trop les abîmer et pour les servir dans les assiettes. Le mélange des couleurs est presque suffisant pour assurer une belle présentation (je n’ai presque pas besoin de me lamenter de ne rien avoir de plus en stock pour faire une petite décoration !), et le mélange des saveurs est à la hauteur pour ravir les papilles au moins autant que les yeux !

Flans poireaux-carottes

Flans poireaux-carottes

Et finalement, la principale remarque qu’a eue ma moitié en finissant son assiette a été que « on avait quasiment rien pour préparer à manger, t’as fait ça avec quoi ? ». Comme quoi il suffit parfois de peu de choses (un peu d’épices et d’imagination) pour faire une belle surprise !

Challenge de Noël…

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Cette année, encore plus que les précédentes, je n’avais pas la moindre envie de perdre du temps dans les magasins pour y chercher des cadeaux de Noël. J’ai préféré occuper ce temps à faire des travaux manuels, en cachette dans mon bureau, pour préparer des petits cadeaux et emballages personnalisés.
Ma belle-sœur a ainsi eu droit, entre autres choses, à une chasse au trésor : roulée à l’intérieur d’une serviette, une invitation à un dîner chez nous lui proposait de choisir la date du dîner et les ingrédients principaux, à condition qu’elle trouve les coupons réponse associés (que j’avais cachés un peu partout dans le salon…).
L’avantage de ce cadeau, c’est qu’il a été apprécié, tant sur la forme que sur le fond (d’autant plus que ça faisait des semaines qu’elle se plaignait de ne pas avoir été invitée depuis longtemps…), et qu’elle est bien rentrée dans le jeu. L’inconvénient, c’est peut-être qu’elle y est trop rentrée… C’est ce que j’ai réalisé quand elle a fini par me communiquer le choix de ses trois ingrédients quelques jours avant la date du dîner : poulpe, orange sanguine, épinards. Du poulpe, parce que « ça faisait un petit moment qu’elle en avait envie » ; des épinards, parce que « même si c’est plus de saison, c’est toujours bien d’avoir un peu de verdure, même si c’est sûr que ça va pas du tout avec le poulpe » ; et de l’orange sanguine, parce que « démerde-toi pour trouver un moyen de l’utiliser dans un plat ». Elle voulait ajouter de l’avocat, parce que « ça doit vraiment pas être facile à marier avec les autres ingrédients », mais elle a eu la courtoisie de ne pas le retenir, sachant que je n’aimais pas ça. Bref, en résumé, elle a pris « des ingrédients qui paraissent assez simples, mais qui ne devraient pas faciliter la tâche pour les mettre dans un même plat ». Soit. Challenge accepted quand même !

Il me reste donc quelques jours pour réussir à trouver l’inspiration d’un menu qui la mette à plat (ou d’un plat qui la hache menu)… Un rapide farfouillage sur la toile à la recherche d’idées de mariages entre les différents ingrédients qu’elle a proposés me donne très vite un indice : au vu de la quasi absence de résultats, je ne devrai compter que sur moi-même.
Finalement, je ne sais pas vraiment pourquoi ni comment, mais pendant que je rédigeais un document au boulot, je me suis pris à imaginer le poulpe comme un gros monstre marin, tout rouge et sanguinolent, en train de sortir de sa carapace (non non, je n’avais rien bu d’autre que du thé avant ça !). Et je me suis dit que je pouvais servir le poulpe dans les écorces des oranges (après l’avoir fait mariner dans le jus pour lui donner une teinte un peu rouge), puis déposer le tout sur un petit lit d’épinards (comme un lit d’algues, pour rester dans le thème du monstre marin…). Comme ça, si, par le mariage des saveurs, le résultat ne s’avérait pas apte à ravir les papilles, il aurait au moins le mérite de flatter les pupilles…

Mais histoire d’être sûr de mon coup, je préfère m’y prendre un peu à l’avance (surtout pour la préparation des écorces d’oranges, pour lesquelles je ne sais pas vraiment comment m’y prendre…). Dès la veille du jour fatidique, je pars donc en quête d’oranges sanguines bio (préférables, puisqu’on en mangera la peau…). Au supermarché bio à côté de chez moi, on me répond que je suis le premier client qui leur en demande depuis des années. Ils n’en ont même pas en jus. Je pousse jusqu’au rayon bio de l’hypermarché du coin : rien non plus. Bon. Je me dis que, compte tenu du fait qu’avant d’être confites, les peaux d’orange vont devoir passer dans 4 ou 5 bains d’eau bouillante (pour enlever l’amertume), c’est peut-être pas si grave si j’en prends des non bios. Je cherche donc parmi tous les fruits et légumes de l’hypermarché, tant que j’y suis. Mais toujours pas d’oranges sanguines. Pas plus que chez le marchand de fruits d’en bas de chez moi, chez qui il y a pourtant un choix assez large.
Petit à petit, je me fais donc à l’idée de devoir utiliser des oranges classiques pour ma recette. Je retourne donc au magasin bio pour en acheter 5 à la peau bien épaisse (3 pour le dîner, et 2 pour faire des tests avant…). Mais comme je suis tenu d’utiliser de l’orange sanguine, je me dis que je peux toujours chercher une bouteille de jus, et l’utiliser pour la marinade du poulpe. Mais pas plus de succès au rayon jus. A part une brique qui n’en contient que 20%, c’est le désert total : pas un zeste d’orange sanguine dans les parages… Je m’avoue vaincu sur ce point…

De retour chez moi, je commence donc à tester le vidage – confisage des peaux d’oranges. J’enlève le ‘chapeau’ d’une première orange avec un couteau, puis, avec l’index à l’intérieur de l’orange, je décolle petit à petit les quartiers de la peau. Après ça, j’arrive relativement facilement à sortir les quartiers, même si je suis obligé de les casser un peu pour qu’ils daignent venir (en revanche, la peau reste bien intacte, comme je l’espérais). Une fois la peau vidée, avec une petite cuillère, je racle l’intérieur de l’écorce pour enlever la partie blanche de la peau et les morceaux de quartiers qui sont restés. Et, tout fier de mon résultat, je commence à mettre ça à bouillir pour m’assurer que ça tient à peu près bien à la cuisson, et pour tester un peu le dosage des ingrédients pour un confisage idoine.
Je laisse bouillir une première fois. J’égoutte, je rince. Je remets à bouillir une seconde fois. Puis une troisième. L’apparence de la peau est toujours bonne (en tous cas, ça se tient !). Je goute un petit morceau : il reste un peu d’amertume et de parfum d’orange. J’ai peur qu’un quatrième bouillissage n’enlève trop de saveur, et je me dis que le confisage aura raison de l’amertume restante… Je laisse donc bouillir une bonne vingtaine de minutes dans de la ginger ale avec du sucre et du gingembre râpé. Et après ce dernier bouillon, je croise les doigts pour que ce soit bon, parce que j’ai quand même un peu la flemme de me lancer dans un nouvel essai… Mais globalement, ça va à peu près. Ça a le goût du gingembre (mais pas trop), tout en gardant quand même un bon goût d’orange. Il reste juste encore un peu d’amertume, mais comme c’est sucré (pas autant qu’une vraie écorce d’orange confite, mais quand même un peu), c’est à peu près supportable. Il ne me reste plus qu’à recommencer la même chose avec les 3 autres écorces. Enfin, « la même chose »… C’est un bien grand mot, sachant que, comme un idiot que je suis, je n’ai absolument rien noté de précis sur les temps de bouillissage ni sur les quantités des ingrédients (sucre et gingembre)… Mais bon, si ça a marché une fois, il n’y a pas de raison que ça foire la deuxième, hein ?
Je recommence donc l’opération avec les 4 autres oranges. Je les oublie un peu sur le feu pendant un des bouillissages. Je n’ai pas assez de ginger ale pour recouvrir les écorces dans ma grande casserole, donc je dilue avec un peu d’eau, et je rajoute du sucre et du gingembre râpé. Mais le résultat n’est pas fondamentalement meilleur ni plus mauvais que lors du premier essai, donc tout va bien ! Je peux laisser mes écorces reposer toute la nuit, et reprendre le reste de la préparation le lendemain.

Le jour venu, je vais faire un petit tour au marché pour y chercher des poulpes, et vérifier si par hasard il ne resterait pas quelques épinards chez mon maraîcher. Pour les poulpes, pas de problème, le poissonnier vend quelques lots de 4 petits pour pas trop cher. Et pour les épinards, coup de bol : il y en a ! Quand il me voit me servir, le maraîcher me dit d’un air désolé qu’ils sont un peu moches parce que ce sont les derniers de la saison. Qu’à cela ne tienne, ils feront tout aussi bien l’affaire !
Au passage, je passe faire un petit détour chez le fromager pour lui prendre une grosse barquette de fromage blanc frais, en me disant que je préparerai une marmelade avec la pulpe extraite des oranges et avec l’écorce que j’ai confite en plus. Et au moment où je m’apprête à rentrer à la maison, je passe devant un marchand de fruits sur l’étal duquel j’aperçois, au milieu de tout un tas de clémentines, quelques… oranges sanguines ! C’est arrivé presque comme dans un film : au moment où le héros passe devant un truc important, le truc en question se retrouve éclairé par une lumière quasi divine, et on entend une petite musique qui va bien avec. Bon, sauf que là, il n’y avait pas le moindre éclairagiste derrière moi, pas plus que l’ombre d’un troubadour… Juste des oranges sanguines. Mais c’est déjà pas mal, hein !

De retour à la maison, je nettoie les poulpes : je leur enlève tous les boyaux, les yeux, le bec, et la petite peau, et je rince bien le tout. Je prépare ensuite une marinade avec un peu de pulpe d’orange, le jus d’une orange sanguine, du concentré de tomates (pour colorer, surtout), du piment doux (une variété relativement insipide, mais très colorée aussi), le fond d’une bouteille de crémant qui restait au frigo, et un peu de l’eau de confisage des écorces d’oranges (celle avec le ginger ale et le gingembre). J’y mets à mariner les poulpes après en avoir un peu assoupli la chair (en tapant dessus avec un gros rouleau à pâtisserie…), et je laisse reposer ça au frigo.
Pendant ce temps, je prépare la marmelade d’oranges. Je mélange dans une casserole tout ce qui me restait du contenu des oranges avec un peu d’eau de confisage, une écorce confite coupée en petites lamelles, et du sucre. Je laisse cuire tout ça pendant environ une demi-heure, le temps que ça réduise et que la confiture commence à prendre. Je mets la plus grosse partie en bocal, et je réserve le reste pour le dîner.
Comme il reste encore environ un demi-litre de l’eau de confisage, je me dis que ce serait dommage de la jeter, et que je vais m’en servir pour préparer un petit cocktail d’apéro. J’y ajoute le jus d’une orange sanguine, et je réserve au frais jusqu’au moment de servir.

Une heure avant l’arrivée de ma belle-sœur, je me lance dans la phase de cuisson. Je mets à blondir dans ma cocotte un oignon émincé avec une noix de beurre ; j’y ajoute une gousse d’ail écrasée et hachée, puis les poulpes avec leur marinade, et je laisse cuire le tout à feu doux et à couvert.
Pendant ce temps, je nettoie les épinards, j’en enlève les plus grosses tiges, et je les saisis deux petites minutes à la poêle avec un filet d’huile d’olive (oui, comme c’était plutôt des pousses que des grosses feuilles, j’hésitais entre les servir crus ou cuits, donc j’ai opté pour quelque chose entre les deux…).
Et comme j’avais peur que l’ensemble soit un peu léger, et que, une fois cuits, les poulpes soient trop petits pour bien remplir les écorces d’orange, je mets un peu de riz à cuire (avec un peu d’eau, puis, au fur et à mesure que le riz l’absorbe, je rallonge avec la sauce du poulpe en train de cuire).

Une fois que tout est cuit, je réserve tout au chaud (y compris les écorces d’orange, que je mets au four à la température minimale), et je prépare les cocktails : j’ajoute du gin au mélange préparé plus tôt, je décore avec une rondelle d’orange sanguine, et hop, le tour est joué ! Mieux que ça, ça crée une première surprise : en découvrant qu’il y a de l’orange sanguine dans le cocktail, mon invitée me reproche d’avoir triché en n’utilisant pas ses ingrédients ensemble, mais séparément. « Mouahaha ! Que nenni ! », lui réponds-je. Au contraire, il y a bien un plat qui les assemble tous. Et l’orange sanguine ayant été l’ingrédient qui m’a le plus enquiquiné, il se retrouve aussi bien dans l’apéro que dans le plat et dans le dessert. Et toc.
L’apéro consommé, je m’éclipse discrètement pendant que les deux sœurs papotent pour aller dresser les assiettes. Je fais un petit nid d’épinards dans un coin de chaque assiette, et je le décore avec quelques demi-quartiers d’oranges sanguines et de pamplemousse. Je remplis ensuite les écorces d’orange avec du riz, et j’ajoute un poulpe sur le dessus de chacune. Je dépose le tout sur le nid d’épinards, j’ajoute une cuillérée de sauce dans un autre coin des assiettes, et hop, c’est prêt à servir !

Le monstre marin

Le monstre marin

L’effet visuel de la présentation est réussi : ça a de la gueule ! Quand j’annonce que tout se mange, même les écorces d’oranges, ça surprend, puis ça plaît (même si, finalement, elles étaient un peu plus amères que mon premier essai…). Et puis finalement, une fois les assiettes finies, on en redemande, même présenté en vrac, donc j’en déduis que les papilles sont aussi satisfaites que les pupilles. Et pour finir, la petite touche acidulée du dessert (fromage blanc et sa marmelade d’oranges) fait du bien. Bref, vraisemblablement, l’invitée du jour s’est autant régalée avec son cadeau dégustation que ce que je me suis régalé en l’imaginant et en le préparant !

L’origami, c’est pliant !

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Le week-end dernier, après un petit déjeuner particulièrement copieux, on a passé la journée entre musées et balades en forêt, sans vraiment prendre le temps de manger. Si bien qu’à notre retour à la maison, ça a complètement chamboulé mes prévisions pour les plats de la semaine : compte tenu de notre appétit, il était en effet hors de question qu’on se contente de simples épinards avec de la crème et du garam masala (même avec la dose de crème !). De plus, il était tout aussi inenvisageable de ressortir pour faire des courses (surtout un dimanche soir…), ou de passer trop de temps à cuisiner : il y a des soirs comme ça où on a plutôt envie de se poser tranquillement sous la couette devant un bon film…

J’ai donc jeté un petit coup d’œil rapide dans mon frigo, à la recherche d’ingrédients non prévus sur ma cooklist de la semaine. Et, pour la première fois depuis des lustres, j’ai prêté attention au paquet de feuilles de bricks que j’avais acheté quelques mois plus tôt, en espérant le transformer en samossas ou en briouats, sans jamais oser me lancer dans l’expérience… Mais ce soir-là, je me suis dit que l’occasion était (enfin) venue ! Parce que non seulement les samossas allaient bien se marier avec les épinards au garam masala, mais qu’en plus ils devraient pouvoir se préparer relativement vite.

J’ai donc attrapé tout ce qui me passait sous la main et qui pouvait potentiellement farcir un samossa, et j’ai mis ça à revenir à la poêle dans un peu d’huile d’olive : des steaks hachés congelés (restes de la soirée burgers), un oignon et une tomate émincés, quelques feuilles de céleri hachées… Arrivé au moment d’assaisonner, j’avais déjà commencé à oublier que mes samossas allaient devoir se marier avec des épinards à l’indienne : étant donné que je mange plus souvent les versions marocaines (briouats) qu’indiennes (samossas), j’ai donc d’abord pensé aromatiser avec cumin, menthe, sésame, miel, et d’autres ingrédients aux influences d’Afrique du Nord. Mais je me suis repris à temps, et j’ai remplacé ça par une bonne cuillerée de pâte de curry, et une petite dose de garam masala. J’ai ensuite mis tout ça dans un bol, pour libérer la poêle et y mettre un fond d’huile à frire.

Et là, je me suis soudainement souvenu de la raison pour laquelle je n’avais jamais fait de samossas : je ne savais pas comment les plier… Je me suis donc retrouvé tout bête devant mes feuilles de bricks circulaires, sans vraiment savoir comment y disposer ma garniture, ni qu’en faire après. Heureusement, je me suis souvenu d’une vidéo que j’avais vue quelques mois auparavant sur marmiton.org, qui expliquait la méthode à suivre. Et finalement, c’est assez facile de répéter les gestes une fois qu’on les a vus, plutôt que de les deviner en ayant simplement lu une méthode… Du coup, je chercherai même pas à essayer d’expliquer ça avec des mots : ce serait comme essayer de décrire comment faire un dragon en origami…

Bref, j’ai donc plié deux premiers samossas tant bien que mal, et j’ai commencé à les mettre à frire pour vérifier que ça tenait bien : aucun problème ! Dès que la pâte commence à tremper dans l’huile, elle se colle : il suffit donc de mettre les samossas dans le bon sens au début (le côté où le bout de pâte dépasse doit aller dans l’huile en premier), et le tour est joué !

J’ai appelé ma moitié pour me vanter un peu de ma réussite. Et au moment où elle a compris ce que j’étais en train de faire, elle s’est précipitée sur la pâte en criant « Ouais, c’est moi qui les garnis, c’est moi qui les plie ! ». Soit… Comme il s’est vite avéré qu’elle avait du doigté pour ce truc là, je l’ai laissée faire, pendant que je me chargeais de les frire au fur et à mesure. Et mine de rien, le travail d’équipe, ça paie : à peine dix petites minutes plus tard, on avait un plat plein d’une bonne vingtaine de samossas prêts à manger ! Et le plat d’épinards au garam massala que j’avais préparé juste avant était encore chaud…

Samossas - épinards

Samossas – épinards

En fin de compte, le truc embêtant quand on prépare des samossas, c’est pas du tout la difficulté pour les plier, c’est l’odeur de friture qui embaume dans toute la cuisine après… Donc même si c’est délicieux, ça dissuade quand même d’en faire trop souvent…

Oh, la boulette !!

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En général, je suis pas un grand fan de restauration rapide. J’aime trop prendre le temps de m’installer, de m’imprégner du lieu, de réfléchir à ce que j’ai envie de manger, de savourer, etc. Certes, il m’arrive quand même assez souvent de vouloir profiter du beau temps et d’aller m’acheter un petit plat à emporter et à déguster au soleil. Mais c’est surtout le concept de ne pas trop faire attention à ce qu’on mange ni à celui qui l’a préparé qui me dérange. Et j’ai l’impression que dans beaucoup de « fast-food », le client ne peut que se permettre de rentrer, commander en moins de 2 minutes, et sortir baffrer, sans jamais avoir vraiment l’occasion de savoir ce qu’il mange, comment ça a été fait, par qui, etc. Je trouve que ça prive d’une grosse partie du plaisir de manger… Mais bon, il y a des jours où on n’a pas vraiment le choix… Et à côté de ça, il y a des jours où on a le temps d’aller discuter un peu avec les gens qui tiennent certaines petites enseignes, et où on peut en profiter pour se faire un bon petit carnet d’adresses rapides mais chouettes.

A côté de mon lieu de travail, j’ai donc déjà repéré quelques petits endroits que j’affectionne particulièrement. Parce que, rush ou pas rush, j’y ai déjà échangé avec le patron ou un serveur, je m’y suis intéressé à la bouffe, j’ai eu l’occasion de constater que ce qui était servi venait de bons produits, de recettes traditionnelles, ou partait d’une idée intéressante… Du coup, ce que j’y apprécie, en plus du gain de temps (ou de la possibilité d’aller manger tranquillement dans un parc quand la météo le permet), c’est la petite complicité que j’arrive à ressentir dans ces quelques lieux.

C’est donc avec grand plaisir que j’ai accueilli l’installation d’une nouvelle boutique juste au milieu de ma rue. Un truc italien, avec des plats variés (moitié « italien d’exportation », moitié « italien typique ») et un très bon rapport qualité-prix, qui ne souffre que d’un gros manque d’organisation au niveau du service (les gens sons sympas, souriants, mais archi inefficaces, ce qui est dommage quand on va là-bas et qu’on est pressé…). Et dans un coin de leur vitrine, il y a les Arancinos, une spécialité sicilienne : une boule de riz grosse comme un poing, farcie avec un peu ce qu’on veut, et panée avec de miettes de pain. La première fois que j’ai voulu tester, j’ai choisi celle qui m’avait paru la plus copieuse : farcie à la viande et à la tomate. Et comme j’ai eu la chance d’être servi par le patron, il m’a conseillé de choisir plutôt celle aux épinards (et au fromage). « Oui, mais j’ai faim de viande ! », dis-je alors que je venais déjà d’opter pour une focaccia jambon cru et crème de truffes. « Essayez quand même. Si vous aimez pas, la prochaine fois, je vous offre l’arancino à la viande. », me répond-il dans un petit sourire sûr de lui. Soit. Si on me prend par les sentiments… Et le bougre est tombé juste : malgré ma faim de viande, c’est quand même super bien passé ! Et même si ça cale facilement, je n’ai pas eu le moindre mal à en venir à bout tellement c’était bon.

Du coup, cette petite expérience a eu deux conséquences.
– La première, c’est que j’ai eu envie de retourner dans ce petit fast-food, une fois de temps en temps, pour tester des trucs différents. Oui, ce petit conseil spontané avait suffi à initier une petite relation de confiance (qui s’est confirmée par la suite, notamment en discutant avec le mec un soir au moment où il allait fermer).
– La deuxième, c’est que j’ai eu envie d’essayer de préparer un truc similaire à la maison. Parce que mine de rien, ça m’a intrigué, cet arancino : comment diable s’y prendre pour faire tenir la farce à l’intérieur, et pour que la boule garde une forme bien ronde ?

Bon, en fin de compte, le lendemain soir, d’autres ingrédients dans ma cuisine attendant d’être passés à la casserole, j’avais déjà commencé à oublier ma grande résolution… Il a donc fallu que j’attende de me retrouver face à des placards quasiment vides quelques jours plus tard pour que l’arancino me revienne en tête. Ce soir-là, il ne me restait plus grand chose d’autre que quelques patates, un demi panais, un fond de coulis de tomates, et une boule de viande hachée (un mélange de porc et de veau). Et les habituels oignons, ail, herbes, et autres aromates en tous genres (oui, j’avoue, quand je dis qu’il ne me reste plus que quelques ingrédients « basiques », ça veut dire que j’ai encore de quoi tenir un siège…). C’est donc surtout la viande hachée qui m’a mis la puce à l’oreille. Parce que c’est le genre de truc qui ne se garde pas non plus éternellement au frigo, et que j’étais donc obligé de lui trouver rapidement une utilisation. Des légumes farcis ? Sans légumes, c’est moyen… Un hachis parmentier ? Mouais, la veille on venait déjà de faire un ersatz de hachis, en utilisant les restes de deux bouillons : pour le fond du hachis, on avait utilisé la viande récoltée sur deux carcasses de poule et un bout de plat de côte de bœuf ; pour le dessus, un mélange de navets, de panais, de carottes, de chou et de céleri rave hachées finement ; et le tout recouvert d’un peu de chapelure, pour donner un côté gratiné. Tout ça pour dire que j’avais moyennement envie de refaire un plat de la même forme…
En revanche, à partir des idées ‘légumes farcis’ et ‘hachis parmentier’, j’ai fini par m’imaginer des patates farcies (en version une moitié de patate en dessous, une dose de farce, et une autre moitié de patate pour recouvrir). Et dé là, il ne restait qu’un pas pour repenser aux arancini. Mais comme je m’étais déjà mis l’eau à la bouche à l’idée des patates, je me suis dit que j’allais remplacer le riz par de la purée, et faire des boules de purée farcies et panées !

J’ai donc commencé à mettre les patates à cuire à l’eau (3 patates moyennes), et j’y ai ajouté mon reste de panais en me disant que ça parfumerait un peu. J’ai ensuite commencé à préparer ma petite sauce pour la farce : un oignon émincé mis à blondir dans un peu de saindoux et déglacé avec un fond de bouillon de bœuf, quelques feuilles de sauge, une mini pincée de piment, une gousse d’ail écrasée, la viande hachée et le fond de coulis de tomate. J’ai laissé réduire ça quelques minutes (pour éviter que ce soit trop liquide, mais sans trop faire cuire la viande non plus pour ne pas qu’elle soit trop sèche).
Quand les patates et le panais ont eu fini de cuire, j’y ai ajouté un peu de lait, de beurre, et de sucre, et j’ai passé tout ça en purée (à défaut de presse-purée, je broie tout à la cuillère… C’est moins pratique, mais le résultat est tout aussi bon !). Ça m’a donné une purée bien compacte, que j’ai laissé tiédir un peu pour mieux pouvoir la travailler ensuite.
Une fois la purée et la farce prêtes, les choses délicates ont commencé… Parce que faire des boules régulières et bien farcies avec tout ça, c’est pas si évident ! Pour la régularité de la forme, je me suis dit que j’allais essayer de préparer les boules dans le fond d’une louche. Problème : super pratique pour mettre un fond de purée, recouvrir de farce, et refermer la boule avec de la purée, mais quasiment impossible de ressortir la boule de la louche sans la casser ! Solution : avant de mettre la purée au fond de la louche, tapisser avec du papier alu. Comme ça, c’est plus facile pour sortir la boule et la façonner. Et finalement, la purée étant assez compacte, ça se tient bien.
Après ça, il ne reste plus qu’à paner les boules de purée farcies en les trempant dans un œuf battu, puis en les roulant dans une assiette pleine de chapelure et de mie de pain fraîche, et enfin en les mettant à frire quelques minutes (ça marche très bien à la poêle avec un fond d’huile de tournesol : si les boules sont bien rondes, il n’y a qu’à les rouler régulièrement pour qu’elles dorent uniformément). Et hop, c’est prêt !

Boule de purée farcie

Boule de purée farcie

Bon, j’avoue, c’est quand même un peu long et fastidieux à préparer… Il y a peut-être une méthode plus efficace (en laissant tout refroidir pour que ce soit plus ferme et plus facile à travailler), mais sur le moment, j’avais trop faim pour m’offrir le luxe d’essayer 30 manières différentes… Je me suis donc contenté de préparer 2 belles boules : une pour moi, et une pour ma moitié. Et avec le reste de purée et de farce, pour ne pas trop m’embêter, j’ai mis ça dans un plat à gratin, j’ai recouvert avec ce qu’il restait d’œuf battu et de chapelure, et j’ai laissé gratiner le tout pendant dix bonnes minutes au four. Moins joli à servir, certes, mais tout aussi bon ! Mais je me dis qu’au moins, j’aurais essayé de préparer un truc dans le style arancino, et que la prochaine fois que j’en voudrais, j’irai faire un petit tour au fast-food italien…

Sucré ? Ça l’est !

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Ce qu’il y a de bien avec certains enfants, c’est qu’ils ne grandissent jamais. C’est le cas de ma moitié, qui semble toujours refuser de grandir…
Mais ce qu’il y a de moins bien avec les enfants, c’est que ça fait toujours des caprices…

Par exemple, par un beau samedi après-midi pluvieux comme on les aime (parce que c’est la meilleure excuse imaginable pour passer la journée entre fourneaux et salon !), ma moitié s’est mis en tête qu’elle voulait un dîner sucré… Parce que, d’après elle, on avait déjà déjeuné copieusement (alors qu’il ne s’était agi de rien de plus que d’un petit salé aux lentilles…), et qu’elle n’avait pas vraiment assez faim pour dîner, mais que bon, se passer de dîner n’est jamais une excuse suffisante pour se passer de dessert, alors autant dîner sucré ! Logique imparable…
Et le pire, c’est que pour faire peser ses arguments, la bougresse s’est mise à brailler dès 17h qu’elle avait faim et qu’elle se serait bien fait un bon gros gâteau pour le goûter. Oui, celle-là même qui prétendait n’avoir plus assez d’appétit pour dîner changeait d’avis en quelques instants pour réclamer un repas supplémentaire pour patienter avant le soir… Ah, les enfants !
Mais bon, étant moi aussi capable d’être têtu comme un gosse, je me suis d’emblée mis en tête que je ne cèderais pas à ses caprices ! Na !

Espérant gagner quelques instants de répit dans cette nouvelle guerre des boutons, je la joue donc stratégique : je lui demande de chercher dans nos bouquins ce qu’elle aimerait préparer, en me disant qu’un peu de lecture la distraira et finira peut-être par lui faire oublier son caprice initial. Elle file donc ouvrir un livre de goûters à l’anglaise qu’on lui avait offert récemment, et, à peine 5 minutes plus tard, elle revient me voir en me montrant la page des Chelsea Buns (globalement, la même chose que des Cinnamon Buns, mais fourrés aux raisins et aux pommes), et en gesticulant à qui mieux mieux pour qu’on se lance au plus vite dans la préparation. Comme stratégie de diversion, on a connu plus réussi, je vous l’accorde…
Pour la contrer, je ne peux même pas jouer la carte du « on n’a pas tous les ingrédients », parce qu’il n’y a besoin de rien de bien particulier… Tout ce que je peux faire, c’est jouer sur sa faim subite, en lui faisant remarquer qu’il faut au moins 2h d’attente pour que la pâte lève, au moins 30min de plus pour la préparation, et que ça ne sera donc jamais prêt pour le goûter.
Pendant un instant, face à sa mine déconfite, j’ai presque cru que j’avais réussi à mettre fin à son caprice. Mais c’était sans compter sur l’incroyable répartie dont font généralement preuve ces petites bêtes là ! Car l’instant suivant, son visage s’était rhabillé d’un immense sourire, et dans un regard pétillant, elle m’annonçait déjà sa solution : « C’est pas grave, on n’a qu’à faire un crumble ! ». Soit. Celle-là, vraiment, je risquais pas de la voir venir…

Heureusement, moi aussi, quand il s’agit de bouffe, mon cerveau fait des associations un peu sorties de nulle part… Et quand elle m’a dit « crumble », je ne sais pas trop pourquoi, mais ça m’a rappelé tous les trucs que mon père nous avait apportés quelques semaines avant. Et ça m’a permis d’attaquer mon adversaire tout en finesse, en lui faisant croire que je rentrais dans son jeu, puis en enrichissant sa proposition pour la lui rendre encore plus alléchante, avant de retourner subtilement la situation à mon avantage…
« Oui, un crumble, c’est pas une mauvaise idée ! En plus on pourrait mettre des éclats de noisettes dans la pâte, ça irait super bien ! Et même un peu de noix et d’amandes ! ».
En face de moi, je sens le cœur de mon adversaire qui palpite de joie…
« Mais c’est dommage d’utiliser les pommes pour ça… »
Petit instant de doute dans son regard…
« … On ferait mieux de les garder pour faire des Chelsea Buns pour demain midi, avec nos invités ! »
Son sourire m’indique que j’ai regagné sa confiance. Je peux continuer à dérouler ma stratégie…
« À la place, on pourrait peut-être utiliser la courge butternut, ça irait super bien en crumble avec les noisettes ! »
Là, elle jubile tellement qu’elle peine à contenir son excitation et à rester en place. C’est le moment de sortir l’attaque ultime !
« Par contre, si on fait ça, c’est plutôt un plat de dîner qu’un goûter, donc on se le fait pour ce soir, ça te va ? »
Et pan. Impossible pour elle de dire non à une telle proposition après s’être mis l’eau à la bouche à l’idée du plat ! L’adversaire gît à terre, prêt à reconnaître sa défaite… Mais malheureusement, elle est trop têtue pour s’avouer vaincue. Dans un regard noir (qui dit « oui, tu m’as eue, mais je t’entraînerai dans ma chute ! »), elle me lance donc : « D’accord pour le crumble au dîner. Mais je te rappelle que dans un couple, il faut savoir faire des compromis ! Alors on fera les Chelsea Buns en plus du crumble ! ». Ponctué d’un petit sourire espiègle, c’est imparable…

Je me suis donc lancé dans la préparation des Buns (que je ne détaillerai pas ici), en profitant des temps de levée de la pâte pour cuisiner le crumble…
D’abord, j’ai mis à revenir un oignon dans un peu de saindoux, et j’ai déglacé la poêle avec un fond de bouillon de poulet dès que ça a commencé à accrocher. J’ai ensuite ajouté la courge butternut pelée, épépinée et coupée en dés, puis j’ai couvert et laissé mijoter une bonne demi-heure à feu doux.
Pendant ce temps, je me suis amusé à casser des noisettes (à la pince, toujours, à défaut de meilleur ustensile à disposition…), jusqu’à en avoir une bonne poignée que j’ai mélangée à une petite poignée de cerneaux de noix et d’amandes émondées. Jusque là, pas de problème.
Les choses se sont un peu compliquées quand j’ai voulu broyer le mélange, pour avoir des éclats de fruits secs un peu plus petits. Parce que sans mortier, c’est pas forcément évident. J’ai commencé à faire ça à la main, mais j’ai vite réalisé que ça me prendrait longtemps, pour un résultat pas particulièrement concluant. Puis j’ai eu l’idée lumineuse de tout mettre au fond du plat que j’allais utiliser pour le crumble, et de les écraser en faisant rouler un bocal dessus. L’avantage de le faire dans le plat, c’est que ça part pas dans tous les sens. Et mieux encore, c’est qu’avec l’huile que rendent les fruits secs quand on les écrase, ça parfume un peu le fond du plat, et ça évite d’avoir à le beurrer après !
Ensuite, histoire que ça ressemble un peu plus à une pâte, j’ai pris une grosse poignée de farine, j’y ai incorporé du beurre jusqu’à ce que ça ait à peu près une consistance de pâte à crumble, et j’ai mélangé ça à mes fruits secs broyés. Enfin, histoire de rester dans les noix, j’ai parfumé le tout avec un peu de muscade.
Entre temps, la courge avait fini de précuire (les cubes étaient fondants, mais se tenaient encore bien). Je l’ai versé dans mon plat, recouverte avec la préparation pour la pâte, saupoudré d’un peu de parmesan râpé pour que ça gratine, et c’était prêt à enfourner pendant une petite vingtaine de minutes à 200°C.

Crumble Butternut - noisettes

Crumble Butternut – noisettes

Et quand il a été l’heure de passer à table, on a à peine mangé une part de crumble chacun, et on était déjà repus… Pourtant, c’était vraiment excellent (le côté un peu sucré-salé, le mélange entre le fondant de la courge et le croquant des fruits secs, …). Mais mine de rien, c’est quand même des ingrédients qui calent ! Comme quoi ça valait pas vraiment la peine de faire chacun un gros caprice au sujet du dîner du jour… Mais du coup, le lendemain, on a eu double ration de Chelsea Buns le matin, et rab de crumble le soir ! Comme quoi ça valait quand même un peu la peine, finalement…
Chelsea Buns

Chelsea Buns

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